François de Mazières est maire de Versailles, candidat au poste de député sur la 1ère circonscription des Yvelines.
Maire de Versailles depuis 2008, vous vous présentez pour la première fois sur la première circonscription des Yvelines, détenue préalablement par l’ancien maire Etienne Pinte, et ce pendant plus de trente ans. Quand on est maire de Versailles, on doit obligatoirement devenir aussi député ?
Il est clair qu’être député renforcera ma capacité à défendre les projets portés par les trois villes de Versailles, Montigny et Guyancourt. J’observe d’ailleurs que les maires de très grandes villes de France quelles que soient leurs appartenances politiques sont très souvent députés et candidats aux législatives, que ce soit Juppé à Bordeaux, Ayrault à Nantes, Destot à Grenoble, ou sénateurs, comme Ries à Strasbourg, ColombàLyon. Plusprèsdenous Gérard Larcher est l’exemple même d’un excellent maire ayant presque toujours assumé des fonctions de sénateur. Tous ces élus sont des parlementaires très écoutés et influents, car ils ont la solidité des hommes exerçant une responsabilité opérationnelle. Dans notre société très médiatisée le grand danger pour un élu est de n’être qu’un politicien, habile à se faire valoir sur des idées mais loin de la réalité du quotidien et de l’efficacité que lui demande avant tout les électeurs. Si aujourd’hui je me sens capable d’être un parlementaire, c’est qu’à cinquante et un an, j’ai acquis avec dix-sept ans années d’expérience politique de terrain comme adjoint puis maire, mais également à travers l’exercice de fonctions d’autorité publique 1une expertise dans le domaine dans la gestion publique. En résumé, je me sens mûr pour être un bon parlementaire en temps de crise où il faudra des gens d’expérience, sûrs dans leurs convictions,et techniquement affutés.
Vos adversaires à droite en appellent au non cumul des mandats pour attirer les électeurs à eux, dénonçant aussi parfois le cumul des indemnités liés à vos différentes mandats.
Ecoutez, je pense que l’essentiel pour eux est tout de même que l’élu déjà investi par l’UMP, le nouveau centre soit élu face à madame Thys Saint Jean, candidate de la gauche. Sur la question des rémunérations, les électeurs doivent savoir que les rémunérations des élus sont automatiquement cumulées par le fisc et ne peuvent excéder en tout état de cause un plafond mensuel. Les maires de grandes villes également parlementaires atteignant ce plafond ne touchent donc pas l’intégralité de leurs indemnités, ce qui évite toute tentation de cumul pour de raisons financières. A titre personnel, je me suis d’ailleurs appliqué depuis mon élection comme maire une règle plus stricte encore, car sans atteindre ce plafond, je ne me verse pas la totalité des indemnités auxquelles j’aurais droit en tant que maire de Versailles et Président de Versailles Grand Parc et j’ai également refusé les indemnités de président de syndicat intercommunal (SMG- SEVESC) car je voulais justement éviter toutes pernicieuses allusions.
Vous êtes candidat divers droite, comme vous étiez également candidat divers droite aux municipales de 2008. Vous sentez vous à l’étroit avec l’étiquette d’un parti politique ?
Les élections présidentielles nous montrent à quel point il est nécessaire pour la droite et les centres de s’unir. A l’échelle de notre circonscription, je souhaite ardemment faire ce rassemblement, à l’exemple de mon équipe municipale où j’ai environ la moitié de non inscrits et une autre moitié d’élus « encartés » soit à l’UMP, soit au Nouveau Centre ou au MODEM. Notre force vient de cette diversité de nuances dans une commune adhésion aux valeurs de la droite et du centre (le respect de la liberté d’initiative, la maîtrise des déficits publics, le souci des familles et des personnes en difficulté).
Si vous êtes élu député, ce qui sera une nouvelle responsabilité pour vous sachant que vous avez jusqu’ici toujours été un élu local, quels seront vos chevaux de bataille ? Sur quels dossiers nationaux, quels types de proposition le loi êtes vous décidé à vous battre ?
Je distinguerai les dossiers qui sont la défense des sujets intéressants directement nos trois communes et les grandes questions nationales. Pour la première catégorie, je me donne trois priorités :
- le développement économique des trois villes et la défense du commerce de proximité – les acquis en ce domaine pour nos quatre premières années de mandature sur Versailles sont importants.
la création d’une pépinière d’entreprises, l’installationdela société Blizzard devenu le premier employeur privé de Versailles, une forte mobilisation auprès des commerçants de notre ville, les nouveaux grands projets de Richaud, la cour des senteurs etc... • le Grand Paris et la création de la nouvelle ligne de métro Chantiers- Orly. J’ai eu la chance d’être associé aux principales étapes du projet du Grand Paris, en tant que maire maisaussi ayant accompagné la consultation des architectes du grand Paris lancée par le président de la République Nicolas Sarkozy à la Cité de l’architecture et du patrimoine, établissement que je dirige depuis 2004. Pour moi, c’est un projet majeur et j’ai été et resterai très mobilisé pour obtenir les quatre gares de Chantiers- Satory – Saint Quentin université (sur Montigny), Saint-Quentin/ Guyancourt. L’autre dossier majeur est le développement de l’université de Versailles- Saint Quentin en lien avec le projet de Saclay.
- La promotion des trois villes de la première circonscription comme un pôle d’exception pour la qualité de vie et de son environnement qui passe notamment par un urbanisme équilibré, le sport et la culture. Pour le sport, une occasion unique s’ouvre pour notre circonscription avec en 2016 l’achèvement du projet Vélopolis à Montigny, en 2017 le golf national de Guyancourt accueillera la très célèbre compétition mondiale dite Rydercup. Quant à Versailles, mon équipe municipale a lancé de son côté un grand plan de rénovation de nos équipements sportifs et de soutien aux associations. Concernant la dimension culturelle, ceci veut dire préserver la qualité de nos écoles et une facilité d’accès du plus grand nombre et des familles à une culture non élitiste et de qualité, qui est l’essence même du Mois Molière que j’ai créé il y a 17 ans. Maintenant, si vous me posez la question de mon expertise en tant que député au niveau national, il est clair que j’aurais trois domaines de prédilection de par mes activités professionnelles et politiques passées : en premier lieu, comme ancien sous-préfet, les questions de décentralisation, de sécurité publique et de civisme qui passe notamment par l’éducation des plus jeunes, en second lieu, toutes les questions qui touchent à la ville au sens large (droit de l’urbanisme, politique du logement, écologie urbaine) où la Cité de l’architecture et du patrimoine aura été pour moi pendant huit ans à la fois un lieu de réflexions et d’action, et enfin, bien évidemment les questions culturelles, domaine dans lequel en tant qu’ancien président de l’association des élus à la culture de France et conseiller à Matignon, j’ai déjà eu l’occasion d’être au cœur du processus d’élaboration de nombreux textes législatifs d’origine gouvernemental, en particulier à grande loi sur le mécénat de 2003.