Notre époque est celle de la toute puissance des marques. Dans un univers mondialisé où les frontières se fissurent, où la révolution internet met en contact les cultures les plus diverses, il faut trouver de nouveaux repères. La marque est le signe qui façonne notre temps. Elle donne du sens. Elle permet de se reconnaître, elle révèle l’appartenance à un groupe, elle signifie un mode de vie. C’est la nouvelle identité visuelle que chacun tente de s’approprier. Et lorsque l’image qu’on en retient a été forgée par l’histoire, elle acquiert une force universelle qui fait le tour du monde. Tel est le cas de Versailles, lieu privilégié, dont la séduction s’étend désormais bien au-delà des milliers de visiteurs du monde entier qui foulent chaque jour les marches de son palais.
Paradoxe de notre époque : un tel lieu crée de la valeur et lui fait jouer un rôle actif dans la société. Par ses qualités essentielles, la beauté, l’ordre, la réussite, le progrès, il représente un territoire qui attire dans un esprit de conquête tous ceux qui veulent aller de l’avant pour réaliser une société plus harmonieuse. La ville séduit par ses écoles des élites qui trouvent dans le calme de ses espaces verts un cadre propice à des études efficaces. Elle représente à elle seule un capital. C’est un actif immatériel qui revêt au fil du temps une véritable valeur commerciale. La cité attire des entreprises fondées sur les technologies d’avenir, qui vont trouver dans la « pépinière » récemment créée les conditions les meilleures pour assurer leur développement. De jeunes architectes trouvent matière à exercer leur talent dans les rénovations audacieuses telle celle qui a abouti à la création de l’atelier numérique. Les artistes sont de plus en plus nombreux à coloniser les rues. Le parcours des senteurs verra s’installer bientôt les grands noms de la parfumerie tandis qu’une cité de la gastronomie est en gestation. Ce souffle nouveau renoue ainsi avec la tradition du Grand Siècle.