Aux XIX° et XX° siècles Versailles fut une ville de garnisons.
Sous l’Empire, cinq régiments de dragons et une compagnie de réserve d'infanterie, les vétérans et les pupilles de la Garde, des grenadiers à pied et à cheval, un escadron de chasseurs à cheval et un régiment de chevau-légers stationnaient à Versailles. L’état-major de la gendarmerie départementale de Seine et Oise y résidait de même que celui de la Garde nationale départementale. Créée pendant la Révolution, l’Ecole nationale d’équitation, à l'origine de l'Ecole de Saumur en 1814, resta jusqu'en 1809 à Versailles avant d’être transformée en Ecole spéciale militaire de cavalerie et transférée à Saint Germain en Laye.
Sous la Restauration, trois régiments de la Garde Royale formaient la garnison de Versailles et, dépendantes de la Maison Militaire du Roi, deux compagnies de gardes du corps, Croÿ et Noailles, y stationnaient; l’une dans l'hôtel des Gardes du Corps, avenue de Sceaux avec entrée rue Royale, l’autre dans les anciennes écuries de Monsieur (Louis XVIII). On leur adjoignit en 1820 les bâtiments des Menus-Plaisirs.
Au début du Second Empire, outre la Garde nationale et la gendarmerie, se tenaient à Versailles divers régiments: carabiniers, cuirassiers, ligne et une batterie d'artillerie. On aménagea de nouvelles casernes: En 1851, on logea le génie et un polygone d'artillerie aux Petites Ecuries, tandis qu'un casernement était construit après 1854, à l'emplacement du terrain et des bâtiments de l'ancienne carrière des grandes Ecuries; c’est le futur quartier Borgnis-Desbordes, que les allemands firent sautés en 1944. En 1855-56, le quartier de Limoge succéda à d'anciennes écuries et la caserne Hoche, rue de Noailles, prit la place de magasins incendiée en 1860. Les anciens bâtiments servaient encore comme la caserne de la rue d'Anjou, celle des Récollets dans l’ancien couvent, la caserne d'Artois, la caserne de la Reine (rue Carnot)... Dans l'hôtel de Beauvillier, rue de l'Indépendance américaine, s'installa sous le Second Empire, le mess de l'infanterie de la Garde impériale, qui devint le Cercle militaire.
En 1859, il ne restait que deux régiments de carabiniers et deux régiments de cuirassiers à Versailles: les autres étaient partis pour l'Italie. Les jeunes filles vivaient au rythme des garnisons; les départs en campagne étaient un drame et les retours triomphants, surtout après les victoires de Magenta, Marignan et Solférino, avec les défilés militaires, remises de décorations, banquets à l'Orangerie et discours exaltant l'unité italienne. La fortune et la puissance militaire de Napoléon III étaient à leur apogée. C’était avant l’invasion prussienne et la défaite de Sedan.
C'est à cette époque que fut installé à Satory un camp militaire.
Après la guerre de 1870 et pendant la Commune, Versailles fut transformé en une immense caserne logeant les soldats libérés par les Allemands. On voyait partout des campements militaires, à Satory, dans le parc, à Trianon. Les avenues de la ville accueillaient même des tentes et des baraques. Les Pères Eudistes fondèrent à ce moment le Foyer du Soldat, au fond de l'impasse des Gendarmes.
A la fin du XIX° siècle, les casernes étaient occupées en majorité par le génie et l'artillerie, mais changeaient parfois d'affectation: Aux Petite Ecuries, l’Ecole des officiers de l'armée de l'air succéda au 1er génie après la guerre de 1914.
La caserne des Coches devint celle des CRS après avoir abrité l’Ecole des élèves-officiers de réserve du génie. La caserne de la Reine abritait un escadron du train.
Depuis 1834, le Grand Commun abritait l’hôpital Dominique Larrey et servit de lieu d'instruction pour les médecins de l'armée de l'air.
Sur la ligne de Bretagne la gare et le polygone des Matelots furent aménagés pour l'instruction des sapeurs du chemin de fer. Entre l'allée des Matelots et la pièce d'eau des Suisses, le polygone des Morterets abrita, dans sa partie est, le "Parc à ballons"utilisé par l'aérostation militaire jusqu'à la guerre de 1939. Le reste du terrain et des bâtiments étaient au génie.
Sources : E.etM.HOUTH, Versailles aux 3 visages, Lefebvre, 1980, pp.601,646-648,661 ;
A.CONRAUX, L’Ecole de cavalerie de Saumur (1814-1914), Thèse de l’Ecole des Chartres, 2004.