11 en sept offices. L’Echansonnerie-Bouche, encore appelée le Gobelet, comprenait 12 chefs, 4 aides, et 4 sommiers qui servaient par quartier ou par trimestres, et 4 coureurs de vin et deux conducteurs de la haquenée qui le servaient lorsque le roi était à la chasse ou en déplacement. L’Echansonnerie- Commun fournissait la boisson à tous ceux qui n’avaient pas le privilège d’avoir Bouche à la Cour autrement dit au commun des courtisans. Louis XIV appréciait fort le vin de champagne et ce fut sous son règne qu’il acquit ses titres de noblesse. Au début du règne, il était plus souvent un vin « tranquille » qu’un vin « mousseux ». La mousse était encore aléatoire. Jusque-là les vignerons subissaient cette effervescence plus qu’ils ne la recherchaient. Ils l’appelaient alors « vin du diable » ou « saute bouchon ». Ce vin était transporté en « muid », des futailles d’environ 260 litres. Mais dès 1660, on chercha à le transporter en bouteilles de verre plus faciles à manier. On les bouchait alors avec un « broquelet » de bois enveloppé de fillasse de chanvre retenu par un lien de chanvre huilé. La difficulté était que, s’il était effervescent, les bouteilles explosaient. On inventa alors la bouteille de verre épais, résistant aux fortes pressions. En 1690, la bouteille devenant la règle, le champagne effervescent devint à la mode favorisant son essor, tandis qu’à la même époque, Dom Pérignon dans son abbaye de Hautvillers tentait d’en faire un vin délicat en mélangeant les cuvées. Le Champagne était né. Il fallût pourtant attendre les travaux de Pasteur pour en maitriser l’effervescence. En 1692, Fagon, médecin du roi, toujours grincheux, obtint du roi qu’il abandonne le Champagne, le jugeant néfaste à sa santé. Avec grand regret Louis XIV se résigna aux vins de Beaune. Au siècle suivant le champagne poursuivit son ascension. Ce fut pendant la Régence et les fêtes libertines du Palais-Royal que le Champagne et ses bulles connurent leur période de gloire et d’expansion. Tout le monde en voulait y compris la bourgeoisie. En 1725, la vente en tonneaux disparut, Louis XV autorisant le transport en paniers de 50 à 100 bouteilles. Lui-même s’en éprit à son tour puis s’en lassa, lui préférant le vin tranquille, alors que Madame de Pompadour en raffolait, disant de ce nectar qu’il était le seul à « laisser les femmes belles après l’avoir bu ». En 1740, il s’était fait réserver sous ses Petits Appartements, une petite cave dans le sous-sol du bâtiment qui donne sur la petite cour du Roi. A son tour, en 1775, Louis XVI se fit réserver pour ses vins, parmi les cinquante-huit caves voutées du Grand Commun, sept caves toujours soigneusement protégées par crainte du poison. Lui aussi appréciait le Champagne. Ce qui fut confirmé lors d’un inventaire de ses caves réalisé en 1782 : les 7200 bouteilles de champagne représentant le plus gros contingent, indiquaient où allaient ses préférences. Comme ses prédécesseurs, tous les vins étaient là, allant du Bourgogne, toujours très abondant jusqu’aux vins de Bordeaux, Chablis, Sancerre, Porto, sans oublier les petits crus et les vins étrangers de Grèce, de Madère, du Rhin, du Tokay hongrois. Il y avait même du vin du Cap produit par les huguenots chassés par Louis XIV. On notera qu’aucun des souverains versaillais ne se laissa jamais aller à une ivresse qui eut été déchoir de leur dignité. Claude Sentilhes Sources : Alexandre Loire, Le vin à Versailles, revue château de Versailles, n° 13, pp37-44. // William Ritchey Newton, Derrière la façade, Ed. Perrin, pp44-72. // Mathieu Da Vina, Le Versailles de Louis XIV. // Jean-Luc Barbier, La Revue des deux Mondes, hors-série, Patrimoine Champagne. 2016. Le goust. Gravure Nicolas Arnoult. 17°. RMN. Grand Palais, Agence Bulloz Le déjeuner de chasse. J.F. de Troy. 1735. Détail.RMN- Grand Palais. Domaine de Chantilly / RG Ojéda HISTOIRE
Aout Septembre 2018 - N°110
11 en sept offices. L’Echansonnerie-Bouche, encore appelée le Gobelet, comprenait 12 chefs, 4 aides, et 4 sommiers qui servaient par quartier ou par trimestres, et 4 coureurs de vin et deux conducteurs de la haquenée qui le servaient lorsque le roi était à la chasse ou en déplacement....
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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