13 n°18 de la rue de Vergennes et devint chanoine de la Cathédrale et grand vicaire du Chapitre de Versailles. Il n’avait pas oublié le souhait de Madame Elisabeth. A sa mort, en 1823, il légua à la ville la somme de 30.000 francs or, pour que celle-ci construise une chapelle ou une petite église « lorsque la somme augmentée des intérêts cumulés serait suffisante ». La municipalité respecta cet engagement et acquis en 1844 un terrain à l’angle de la rue de Vergennes et de la rue des Chantiers, prévu à l’origine pour un marché aux bestiaux. La première pierre fut posée le 5 avril 1848 sur des plans de l’architecte de la ville, M. Paris. Le quartier était alors en plein travaux et transformations avec la construction des lignes de chemin de fer et le creusement des tranchées de la ligne Rive- Gauche inaugurée en 1840. Le 5 juillet 1849, la nouvelle ligne de Bretagne depuis Montparnasse et de la gare qui deviendrait la gare des Chantiers était inaugurée par le Prince Président Napoléon III. Un an plus tard le 21 septembre 1850, l’église qui n’était encore qu’une chapelle, fut consacrée par Monseigneur Gros, évêque de Versailles. Elle ne faisait que vingt mètres de long sur neuf de large, soit l’équivalent de la nef centrale actuelle. Celle-ci demeura ainsi durant treize ans, simple annexe de la paroisse de Montreuil et de l’église Saint-Symphorien. Puis durant toute la deuxième moitié du siècle, le quartier s’urbanisa et sa population augmenta. La chapelle ne suffisait plus. En 1863, Mgr Gros la transforma en paroisse. Trop petite, il fallut l’agrandir. D’abord en prolongeant la nef centrale puis en ajoutant des bas cotés séparés par des colonnes qui lui donnaient sa largeur actuelle. On y ajouta une école des filles et un asile pour les enfants déshérités du quartier. C’est alors qu’elle fut dédiée à Sainte Elisabeth de Hongrie en souvenir de Madame Elisabeth. L’ancien Petit Montreuil était devenu le quartier des Chantiers. Elisabeth de Hongrie avait été au XIIIe siècle l’épouse du roi de Thuringe. Profondément influencée par le message de François d’Assise, elle se mit au service des pauvres contre l’avis de son mari. La légende rapporte qu’elle leur portait secrètement du pain. Un jour son époux la rencontra et lui demanda ce qu’elle cachait sous son manteau. Elle lui répondit que ce n’était que des roses, puis, se rétractant, elle lui avoua que c’était du pain. Lorsque son mari lui ordonna d’ouvrir son manteau, il n’y trouva que des roses : c’est le miracle légendaire de sainte Élisabeth de Hongrie. Celui qui est évoqué par la peinture murale de 1890, de Paul-Hyppolyte Flandin ornant le chœur de l’église. En réalité, mariée, généreuse et heureuse dans son mariage, elle eut trois enfants tout en se consacrant aux pauvres. Ce ne fut qu’après la mort prématurée de son mari, qu’elle se retira du monde, donna tous ses biens et mourut à 24 ans. Le plafond de la nef centrale est en caissons de bois peints. La tribune abrite un grand orgue construit par le facteur John-Abbey-fils en 1900. Si le buffet de chêne et d’acajou sont d’origine, soufflerie et tuyauterie ont été modifiés et modernisés. Le clocher lui-même est en chêne. Il n’avait au début qu’une seule cloche, puis trois et maintenant il ne reste qu’un simple carillon électrique. L’église a été restaurée en 2010 sous la responsabilité de Frédérique Didier, architecte en chef des monuments historiques. Une rue mitoyenne de la gare des Chantiers porte le nom de l’abbé, curieusement orthographié Rousseau. Claude Sentilhes. Sources : Jacques Royen : Versailles, le quartier des Chantiers et son histoire. Rapport de recherche de l’UIA. 2008. / Vatus Jean : une famille de facteurs d’orgues versaillais, les Abbey, revue de l’histoire de Versailles./ Le Roi, histoire de Versailles et de ses rues, 1868./ Claude Sentilhes : les Chantiers de Versailles. 2013. L’abbé Rousseaux, anonyme, Ecole française XVIII°. Musée Lambinet. L’église Sainte-Elisabeth, fin XIX°. Auguste-Alexandre Baudran. Musée Lambinet. (L’ancien pont de Pierre a été remplacé par des ponts métal- liques de l’ingénieur Gavignot en 1930)
Aout Septembre 2018 - N°110
13 n°18 de la rue de Vergennes et devint chanoine de la Cathédrale et grand vicaire du Chapitre de Versailles. Il n’avait pas oublié le souhait de Madame Elisabeth. A sa mort, en 1823, il légua à la ville la somme de 30.000 francs or, pour que celle-ci construise une chapelle ou une petite église «...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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