23 CULTURE Son thème de prédilection : le fantastique, les légendes, les fées, les lieux en ruines oubliés du monde, Dimitri de Larocque Latour, jeune étudiant versaillais et photographe, présentera début octobre son exposition « Génie des Lieux ». A peine 22 ans et étudiant en master d’histoire à l’Université de Saint-Quentin en Yvelines (UVSQ) en deuxième et dernière année, Dimitri de Larocque Latour présente déjà un étonnant parcours. Encore lycéen à La Bruyère à l’époque, il a créé une émission de télévision « Tête à Tête » pour laquelle il interviewait des personnalités dans le but de susciter des vocations auprès des jeunes. Cette émission a été diffusée par TV78. Aujourd’hui étudiant en master (en deuxième et dernière année) d’Histoire à l’UVSQ, il consacre son mémoire à « la représentation de la Dame blanche en France au XIX siècle ». « La connexion des points » Passionné d’histoire (on l’aura compris) mais aussi de photographie, art qu’il pratique depuis presque 10 ans, Dimitri gagne un concours dont le thème est « Sauvage », organisé par le CROUSS il y a deux ans. L’occasion pour lui de ressortir tous ses clichés appartenant à un patrimoine enchanté. Il a présenté une première exposition à l’UIA de Versailles l’année dernière. Actuellement et jusqu’au 23 septembre son exposition « Génie des Lieux » s’affiche à la Galerie Huit à Arles à l’occasion des Rencontres internationales de la Photographie et des journées du Patrimoine. Ensuite du 1er au 31 octobre, elle sera à la BU (bibliothèque universitaire) de Guyancourt. Une fascination depuis l’enfance Tout petit déjà Dimitri de Larocque Latour est attiré par les lieux mystérieux. Il passe ses vacances en Normandie, non loin de l’abbaye de Mortemer au cœur de la forêt de Lyons, la plus grande hêtraie d’Europe. Et il n’a de cesse de s’y rendre, espérant inlassablement croiser la Dame blanche qui hante les lieux d’après la légende. Cette « Dame blanche » est Mathilde l’Emperesse fille d’Henri 1er Beauclerc, le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant. Pour la punir d’une vie de péchés, son père l’y aurait cloîtrée pendant cinq ans. L’enfant est fasciné, ensuite il découvrira exposés à l’abbaye de Mortemer les tableaux d’un de ses oncles, Jacques de Larocque Latour, dont les thèmes de prédilection sont les Meneurs de Loups, la Fée Mélusine, bref ce qui peuple les légendes normandes et qui intrigue le futur photographe. Mais c’est la découverte en 2006 des œuvres photographiques de Sir Simon Mardsen dans son ouvrage « La France Hantée » qui achèvera d’ancrer en Dimitri la fascination du merveilleux, cette « magie des lieux » que révèlent parfois les images. Une vocation est née, ou plutôt l’envie d’une quête photographique à la recherche d’un passé hanté. Un périple initiatique Le plus souvent les lieux que photographie Dimitri de Larocque Latour sont cachés au cœur d’une sombre forêt, il faut traverser les ronces et ne pas craindre la solitude ni le silence percé par le sinistre croassement des corbeaux, la découverte se mérite. Chaque lieu possède son génie, le « genius loci » des Romains, un esprit protecteur, accueillant ou non. C’est au photographe d’aller à sa rencontre. Mais la magie n’est pas donnée à voir à tous, elle se ressent, se capte, il faut s’en imprégner avec toute sa sensibilité. Selon Dimitri la façon la plus adéquate pour la transmettre en photographie est d’utiliser la technique de l’infra- rouge à partir du noir et blanc. Un paysage diurne devient alors un paysage nocturne, le ciel est noir, l’herbe et les feuilles blanches. Le château de Talcy où Ronsard s’éprit de Cassandre, le château de Raret où Jean Cocteau tourna La Belle et la Bête avec Jean Marais, la fontaine magique des Vaux de Cernay qui rendit la fertilité à l’épouse de Saint Louis et bien d’autres lieux encore, telles des citadelles interdites ou inconnues, seront donc à découvrir au mois d’octobre. Des photographies prises en Irlande et cet été en Ecosse augmenteront l’exposition. Dimitri de Larocque Latour a pour plus tard un projet de livre à partir de ses images et bien d’autres idées encore, nul doute qu’à sa naissance une Dame blanche s’est penchée sur son berceau, le comblant de multiples dons… Véronique Ithurbide Une interview de Dimitri de Larocque Latour est visible sur TV78.com émission VYP Exposition « Génie des Lieux » du 1er au 31 octobre 2018 Bibliothèque Universitaire de l’UVSQY à Guyancourt ; Différentes tables rondes en présence d’universitaires seront organisées autour du thème. Dimitri de Larocque Latour photographie l’invisible Vos commerçants vous livrent & vous accompagnent Versailles Portage Association loi 1901 à but non lucratif d'intérêt général 80 rue de la Paroisse – 78000 Versailles / Tél. 01 30 97 10 00 versailles.portage@wanadoo.fr
Aout Septembre 2018 - N°110
23 CULTURE Son thème de prédilection : le fantastique, les légendes, les fées, les lieux en ruines oubliés du monde, Dimitri de Larocque Latour, jeune étudiant versaillais et photographe, présentera début octobre son exposition « Génie des Lieux ». A peine 22 ans et étudiant en master d’histoire à...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
Article issu de la veille automatisée.





