26 CULTURE C ’est en ces termes que M. de Fontanieu, intendant du Garde-Meuble de la Couronne, inscrit sous le numéro 2881 une commode livrée par l’ébéniste J.H. Riesener le 18 décembre 1776 pour les appartements de Madame Adélaïde à Versailles.» Description et numéro d’inventaire correspondent bien au meuble récemment acquis pour le Palais par la Société des Amis de Versailles, première acquisition importante depuis la polémique allumée en 2016 autour de l’authenticité de certains sièges entrés au château. Le prix de 3,5M.€ semble raisonnable pour un meuble royal, comparé aux 70MF (10 M.€) acquitté en 1999 par les Amis de Versailles avec l’aide de Mme Maryvonne Pinault, pour une commode de Riesener très similaire, destinée à la Bibliothèque du roi en 1778. La vente se déroulait, il est vrai, à Londres, chez Christie’s, donc sans préemption possible, et la provenance royale n’avait pas manqué d’enflammer les enchères. Le prix des meubles sortis de Versailles à la Révolution est toujours imprévisible. De zéro euros s’agissant d’un cadeau, comme la commode en laque du Japon livrée en 1744 par l’ébéniste Antoine Gaudreaus pour la chambre de Louis XV à Choisy, généreusement offerte en 2015 par la Fondation Edmond Safra présidée par Madame Lily Safra. (Sur le marché international, elle aurait pu atteindre 40M.€). Parmi les récentes acquisitions notoires, on se souvient aussi d’un bureau marqueté de cuivre et d’écaille de A-J Oppenordt acquis par Louis XIV en 1685 et préempté pour 1,5M.€ dans la succession Jacques Servier en 2015. Une occasion rare tant il est exceptionnel de trouver dans une vente française un meuble royal du XVIIe s. Le bureau, jugé démodé, avait quitté le palais en 1751 avec son pendant (conservé au MET de N.Y) avant de se retrouver au XIXe siècle chez un Rothschild qui eut la mauvaise idée de le transformer en bureau de pente. Les ébénistes du château s’activent à lui rendre son aspect d’origine avant de le replacer dans les appartements du Roi. Quant à la commode de Madame Adélaïde, elle ne resta que quelques années à Versailles, avant de rejoindre le château de Bellevue, propriété d’Adélaïde et de sa sœur Victoire. Après la Révolution, on la retrouve en Angleterre, puis dans les collections de Lord Carnarvon (le célèbre découvreur de Toutankhamon). Son dernier propriétaire était Juan Guillermo de Beisteigui, décédé l’an dernier à 87 ans, membre lui aussi des Amis de Versailles. Ce qui a pu aider à la transaction. Françoise Deflassieux Retour au château d’une Commode de Riesener Une commode de marqueterie de 4 pieds 2 pouces de large 22 pouces de profondeur et 34 pouces de haut à dessus de marbre blanc veiné, et 5 tiroirs … représentant par devant au milieu un vase … garni de fleurs … Ornements … de bronze ciselé doré d’or moulu. Commode de Jean-Henri Riesener©Didier Saulnier
Aout Septembre 2018 - N°110
26 CULTURE C ’est en ces termes que M. de Fontanieu, intendant du Garde-Meuble de la Couronne, inscrit sous le numéro 2881 une commode livrée par l’ébéniste J.H. Riesener le 18 décembre 1776 pour les appartements de Madame Adélaïde à Versailles.» Description et numéro d’inventaire correspondent...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
Article issu de la veille automatisée.





