jeudi 10 septembre 2026

Versailles Plus
Aout Septembre 2018 - N°110
ActualitésActualités

Aout Septembre 2018 - N°110

10 A Versailles, le vin des rois fut toujours considéré comme une affaire sérieuse, gérée par l’Echansonnerie, une importante administration sous la férule du Prince de Condé. Sous Louis XIV, son service au cours du Grand Couvert était quasiment sacralisé. Quand il désirait boire, il lui fallait,...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2016 à 00:002 vues

10 A Versailles, le vin des rois fut toujours considéré comme une affaire sérieuse, gérée par l’Echansonnerie, une importante administration sous la férule du Prince de Condé. Sous Louis XIV, son service au cours du Grand Couvert était quasiment sacralisé. Quand il désirait boire, il lui fallait, avec patience, attendre que tout le cérémonial soit accompli pour étancher sa soif. L e protocole était immuable. Le gentilhomme faisant office d’échanson criait : « A BOIRE !», puis après révérence, s’approchait du buffet où se tenait le chef de l’Echansonnerie-Bouche. Lequel lui tendait le fameux plateau d’or avec ses deux carafes de cristal et le verre du roi recouvert d’un linge brodé. Tous deux se rapprochaient de la table royale avec force révérences pour procéder à l’essai de l’eau et du vin. L’un après l’autre, ils buvaient chacun une gorgée d’eau et de vin dans un tâte-vin en vermeil pour s’assurer que le mélange était sain et exempt de poison. Puis après un profond salut, le gentilhomme découvrait le verre royal et présentait le plateau avec ses carafes au souverain qui se servait lui-même, soit de l’eau, soit du vin, ou les deux. Ayant bu, il replaçait le verre sur le plateau qui était aussitôt recouvert du linge brodé et rendu au chef de l’Echansonnerie- Bouche qui le déposait sur le buffet. Chaque geste étant précédé d’une révérence, le service ne pouvait être que ralenti. Il n’est pas douteux qu’il y avait là, un rappel du cérémonial liturgique lors de la manipulation du ciboire et des burettes, qui témoignait de l’origine divine du pouvoir royal. Même si Louis XIV coupait souvent son vin d’eau pour se désaltérer, il savait fort bien apprécier les bons vins et exprimer ses faveurs. En témoignent les inventaires et la diversité des vins entreposés dans ses deux caves. La plus importante, contenant plusieurs milliers de bouteilles, était située au bord de la Seine, à Sèvres près de l’église Saint Romain, à proximité du port. Le transport se faisait le plus souvent par voie fluviale. Quotidiennement, on amenait de Sèvres les quantités nécessaires dans une deuxième réserve, située à deux pas du château et derrière le Grand Commun, rue des Récollets, dans une maison appartenant à Dame la Granville. Elle permettait aux Echansonniers de retirer le vin de la journée pour la Bouche et pour le Commun. Le vin était géré par une administration pléthorique témoignant de l’importance donnée à ce breuvage : l’Echansonnerie-Bouche qui était destinée exclusivement à la famille royale, aux princes et aux officiers qui avaient « Bouche à la Cour », dépendait de l’immense département de la « Bouche-à-la-Cour » fort de 300 à 350 personnes réparties Le vin des Rois à Versailles Le déjeuner d’huitres, J.F.de Troy. 1735. Détail.RMN. Grand Palais, Domaine de Chantilly, / R.G. Ojéda HISTOIRE

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

Petit Page

The Little Page

Versailles Assistant

💡 Suggestions: