13 DOSSIER Saint-Louis plus tard en 1735, afin de rationaliser l’espace : ainsi apparaissent des édifices en pierre abritant le carré à la volaille et aux veaux, le carré à la marée et au beurre (les deux produits venant ensembles soit de Normandie soit de Bretagne), le carré aux herbes (c’est-à-dire les fruits et non certaines substances illicites !) et le carré aux pois et à la farine. C’est un endroit vivant aussi bien de jour comme de nuit et il est bien souvent aussi un lieu d’agitations : « (…) La place du Marché, rendez-vous habituel des petits débitants, des ouvriers, et surtout des oisifs et des fainéants, si nombreux alors dans notre ville, fut plus que tout autre endroit le théâtre de ces tumultes.» (Histoire de Versailles, J.A. Le Roi, éditions P. Oswald à Versailles). Un exemple parmi tant d’autres : celui du 22 août 1740 quand le marché deviendra un lieu de violences urbaines dans la chaleur de l’été : en pleine pénurie de blé, les boulangers viendront de Paris s’approvisionner en farine, au détriment de la population de Versailles, qui protestera « lourdement ». Un corps permanent de police, composé de gardes suisses, s’installera alors sur place pour éviter d’autres révoltes frumentaires. En 1775 une émeute consécutive à l’augmentation du prix de la farine agitera de nouveau la place du marché. La scène est très bien décrite dans le roman historique « Le sang des farines » – les enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Chatelet – du regretté Jean-François Parot décédé cette année. Un début de déclin sous louis XVI Sous Louis XVI l’aristocratie et la noblesse commencent peu à peu à délaisser Versailles, son palais et son étiquette pour aller s’encanailler le jour et surtout la nuit à Paris. Mais ce sera le départ de Louis XVI pour Paris suite à la marche des femmes en octobre 1790 sur Versailles venant réclamer du pain « au boulanger, à la boulangère et au petit mitron » (soit Louis XVI, Marie-Antoinette et le Dauphin) qui sera fatal à la ville. La population sera divisée par dix en quelques mois et le marché tombera quasi à l’abandon. Avec les départs de la cour et pendant la période révolutionnaire le ravitaillement devint donc difficile et le peu de vivres qui réussissaient à arriver sur le marché étaient taxés de surcroit par la loi du maximum ; sa suppression assez rapide apportera d’ailleurs peu d’amélioration au ravitaillement. Sous l’Empire et la Restauration, la situation redeviendra florissante – bien que Napoléon Ier, Louis XVII et Charles X ne réintègrent pas la ville avec leur cour- et les denrées et marchandises refont leur apparition au marché. Cependant la vétusté des bâtiments, leur manque d’entretien et l’absence d’hygiène avait transformé le marché en un ensemble un peu misérable et un peu semblable aux bâtiments de la Petite Place (à coté des Ecuries de la Reine). Des projets de halles couvertes furent donc envisagés mais sans succès, le terrain appartenant toujours à l’État. Ce ne sera qu’en 1835, sous le règne de Louis Philippe, qu’après d’âpres pourparlers la municipalité obtiendra la cession du sol du marché, d’une superficie de 1 hectare 60 ares et 74 centiares, pour le prix de 72 000 francs. C’est donc sous l’administration d’Ovide Rémilly, nommé maire de Versailles en 1837, que le conseil municipal votera la destruction des baraques et l’édification de marchés couverts « en dur ». Malgré l’opposition vive des marchands qu’il faudra finalement indemniser, la démolition sera entreprise en 1839. C’est cette place du marché, qui en passant aura aussi servi de lieu d’exécutions capitales sous la Révolution, qui va redevenir le poumon économique de la ville. L’architecte Le Poittevin finalisera un complet lifting, la pose de la première pierre aura lieu en 1841 et l’ouverture du marché s’effectuera en septembre 1842 : quatre pavillons en pierre de meulière et quatre carrés forment encore de nos jours un quadrilatère traversé par deux grandes rues se croisant perpendiculairement. Chaque halle va avoir dorénavant une destination spécifique : les poissons coquillages et crustacés, les fruits, les légumes et la factorerie qui comprenait d’un côté le marché aux veaux et de l’autre, des boutiques de revendeurs. Ce nouveau marché couvert reconstruit par l’architecte Le Poitevin sera inauguré en septembre 1842 et la ville - transformée en ville de garnison - ronronnera tranquillement pendant une trentaine d’années. En 1871, après la chute du Second Empire et de Napoléon III, paradoxalement la ville va renaître avec l’installation du Gouvernement provisoire, de l’Assemblée nationale et du Sénat ; le marché Notre-Dame va redevenir l’un des plus actifs et l’un des plus importants de France pendant une dizaine d’années. Il avait lieu tous les jours Versailles étant classé « ville d’approvisionnement » en 1877 au même titre que Paris, Lyon et Marseille En 1900, sous la direction de l’architecte Albert Petit, les bâtiments permanents seront de nouveau totalement rénovés. Le marché Notre Dame pouvait entrer dans le XXème siècle et entamer une nouvelle vie. Marc André Venes Le Morvan Pour les fêtes de fin d’année, les halles seront ouvertes en continu : les samedis 22 et 29 décembre, les dimanches 23 et 30 décembre les lundis 23 et 31 décembre Mardi 25 décembre le matin le premier janvier pour certains Suggestions festives : Boeuf de chalosse, ageau du Limousin, veau des Py¢énnées, Porc Bleu Blanc Coeur, spécialités bouchères.
Aout Septembre 2018 - N°110
13 DOSSIER Saint-Louis plus tard en 1735, afin de rationaliser l’espace : ainsi apparaissent des édifices en pierre abritant le carré à la volaille et aux veaux, le carré à la marée et au beurre (les deux produits venant ensembles soit de Normandie soit de Bretagne), le carré aux herbes...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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