14 Au 20 rue Saint-Louis, au coin avec la rue Royale, cachée de hauts murs qui s’étendent jusqu’à la rue Borgnis-Desbordes, dont les grands arbres signalent un vaste jardin, se trouve une ravissante « maison de plaisance » que les habitants du quartier nomment LA COLLETTE, en souvenir de celui qui la fit bâtir, Charles-Jacques Collin, le fidèle intendant de madame de Pompadour. L e sieur Collin, homme de loi, était en 1745 un procureur au Chatelet, sorte de conseiller juridique plaidant déjà depuis treize ans pour de nombreux clients. Jeanne- Antoinette Poisson, future marquise de Pompadour, était depuis peu la nouvelle maîtresse du Bien-Aimé. Louis XV en était follement amoureux. Mariée depuis quatre ans à Charles-Guillaume Lenormant d’Etioles, il lui fallait divorcer. C’est ainsi que tout naturellement elle demanda à Collin, qui avait conseillé son oncle dans les sombres démêlés de son père, de défendre ses intérêts. Celui-ci le fit avec une telle compétence et habileté qu’elle lui fit vendre sa charge en 1748 et entrer entièrement à son service. Il devint ainsi, non seulement l’intendant de tous ses biens, mais aussi son conseiller privé et son homme de confiance. La marquise de Pompadour menait grand train et ses dépenses dépassaient régulièrement ses revenus. Il appartenait donc à Collin de tenir les comptes, d’assurer les paiements, d’emprunter si nécessaire, en un mot d’ôter à la marquise ces soucis matériels pour qu’elle n’ait plus qu’à assumer son rôle de maîtresse en titre. Déjà les gages de la nuée de ses serviteurs absorbaient la plus grande part de sa dotation : cinquante-cinq personnes rien que pour son Hôtel des Réservoirs, depuis son médecin jusqu’à ses deux nègres porteurs de flambeaux. A ces dépenses ordinaires, s’ajoutaient les frais des demeures ou hôtels qu’elle bâtissait, décorait ou achetait, l’hôtel de Bellevue à Meudon, l’Ermitage à Versailles, la décoration de l’hôtel d’Evreux – l’Elysée – et son hôtel rue des Réservoirs. Collin se déplaçait de l’un à l’autre, vérifiait les comptes et discutait les chiffres. Il avait aussi à assumer les générosités de Jeanne-Antoinette qui s’étendaient autant aux grands qu’aux petits. Tous les ans, elle remettait à son intendant douze à treize mille livres pour être distribuées dans « les greniers de Versailles », tant l’indigence et la misère en ville lui paraissaient indignes. Il en notait soigneusement le montant. Ses générosités furent évaluées, durant ses vingt ans de règne, à 1.566.504 livres. Pour sa part, le sieur Collin ne s’attribuait que six mille livres annuelles, auxquelles venaient s’ajouter la charge bien rémunérée de contrôleur de l’Ordre de Saint Louis. Il habitait à Paris et ne vint s’installer à l’Hôtel des Réservoirs que lorsque celui-ci fut terminé en 1752. Depuis 1751, la marquise n’était plus la maitresse du roi mais en conservait toute son amitié, sa confiance et son La Collette, la chambre et ses panneaux de Pillement. La Collette, la maison du Sieur Collin, fidèle intendant de Madame de Pompadour. HISTOIRE
Avril 2018 - N°107
14 Au 20 rue Saint-Louis, au coin avec la rue Royale, cachée de hauts murs qui s’étendent jusqu’à la rue Borgnis-Desbordes, dont les grands arbres signalent un vaste jardin, se trouve une ravissante « maison de plaisance » que les habitants du quartier nomment LA COLLETTE, en souvenir de celui qui...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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