15 appartement au château. Il s’ensuivit une certaine baisse de ses revenus. A partir de cette date, on note dans les compte de l’intendant plusieurs mentions de ventes discrètes de diamants, de perles et de bijoux de sa maitresse. Pour assurer son train de vie, Mme de Pompadour liquidait ses joyaux ou sa vaisselle d’argent. Collin s’évertuait à équilibrer les comptes, empruntant pour la marquise. En 1754, il lui arriva même de lui prêter 4800 livres, ce qu’il renouvela encore un peu plus tard. Ses dernières années, la marquise devenue duchesse, demeurait toujours au rez-de-chaussée du château, toujours proche du souverain, mais sa santé déclinait, affaiblie par la maladie, sans doute la tuberculose. Collin l’accompagna fidèlement jusqu’à la fin. Quand elle fit rédiger ses dernières volontés, elle dicta les derniers mots : « … ce codicille que mon amitié me dicte et que j’ai fait écrire par M. Collin, n’ayant plus que la force de signer. A Versailles, ce 15 avril 1764 ». Dans le tiroir de la table de nuit, il trouva encore trente-sept louis d’or destinés aux pauvres. Lorsque, devenu trésorier général de la Vénerie, Fauconnerie et Chasse de sa Majesté, vint le temps de rédiger à son tour son testament, il n’oublia pas de noter un don « à madame Delisle, ma concierge de ma maison du Parc-aux-Cerfs, 500 livres de pension ». Une maison de plaisance Ce délicieux logis de la Collette, il l’avait fait bâtir en 1751, sur des terrains reçus par héritage et don du roi. Collin l’avait alors conçue avec tout le confort et la décoration, raffinée et exquise de ce milieu du 18° siècle. Elle était le parfait exemple de ces « petites maisons » de plaisance sans étage, dévolues plus au délassement qu’à l’habitat. Il semble qu’il n’y vécut pas, ce qui ne veut pas dire qu’il n’en usa pas. Passé le porche surmonté d’un masque de faune, on pénétrait dans une cour composée d’un pavillon central en rez-de-chaussée encadré de deux ailes en retour aux combles mansardées. Chacune était reliée au pavillon par un passage couvert. A son centre, le salon s’ouvrait par de grandes portes-fenêtres sur la cour au nord, sur le grand jardin à la française au sud. Entièrement lambrissé, il était décoré de miroirs et de dessus de portes peint de pastorales par François Boucher. A gauche, la salle à manger, chauffée par un poêle prussien en faïence dans sa niche, communiquait par le passage avec l’aile gauche réservée au personnel, à la cuisine, l’office et un poulailler. A droite du salon, était la chambre à coucher avec son alcôve était décorée de boiseries ornées de panneaux de Pillement représentant des chinoiseries dans une délicate harmonie de bleus et de « gris de lin ». Avec sa petite cheminée de marbre brèche, elle formait un des plus ravissants exemples du style rocaille auquel la marquise de Pompadour avait attaché son nom. L’aile droite donnant sur la rue Royale, qui sert maintenant d’habitation communiquait avec la chambre maintenant transformée en petit salon. Ce petit hôtel, d’une discrète élégance, admirablement conservé dans son état initial depuis deux siècles et demie, constitue maintenant encore un admirable témoin de l’art de vivre sous Louis XV. Heureusement ses différents propriétaires ont su le conserver et l’entretenir. Il fut un temps dénommé l’hôtel de Schonen au début du vingtième siècle, du nom de la baronne, sa propriétaire d’alors. Il a été soigneusement restauré sous les auspices des Monuments Historiques par ses actuels propriétaires. Claude Sentilhes Sources : A.M. Royer-Pantin, Revue du Patrimoine, VMF, n°277, janvier 2018, pp 46-49./ Jacques Levron, Les inconnus de Versailles, Charles Collin. Ed. Perrin. 1968, pp 116-137./ M.A. de Helle, Le vieux Versailles, Ed. Lefebvre, 1970, T2, pp 95-102. La Collette, la cour d’entrée. Charles-Jacques Collin, pastel, musée Lécuyer de Saint Quentin 20 rue St Louis
Avril 2018 - N°107
15 appartement au château. Il s’ensuivit une certaine baisse de ses revenus. A partir de cette date, on note dans les compte de l’intendant plusieurs mentions de ventes discrètes de diamants, de perles et de bijoux de sa maitresse. Pour assurer son train de vie, Mme de Pompadour liquidait ses...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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