16 BUSINESS Votre entreprise est-elle à l’abri de la fraude ? Si la fraude externe fait souvent la une de la presse et a même récemment trouvé son heure de gloire au cinéma dans le film « Je compte sur vous », la fraude interne, ne prend que rarement place dans les colonnes des journaux. Pourtant, à en croire les derniers chiffres de la très sérieuse Association of Certified Fraud Examiners (ACFE) elle causerait, chaque année aux entreprises une perte de l’ordre de 5 % de leur chiffre d’affaires. L a fraude interne est un acte intentionnel commis par une ou plusieurs personnes de l’entreprise – salariés ou dirigeants –, dans le but d’en tirer directement ou indirectement un avantage indu ou illégal. Dans les faits, la fraude interne peut prendre la forme d’un détournement d’actifs non monétaires, d’un vol d’argent liquide, de ventes non comptabilisées, de notes de frais surestimées ou indues, d’une manipulation des états financiers, d’une vente d’informations confidentielles, ou encore d’une fausse feuille de paie. Malheureusement, les exemples ne manquent pas. Dans plus de 39 % des cas, la découverte d’une fraude interne fait suite à un signalement et, dans 10 %, à un heureux hasard… Se reposer sur la chance n’est pas une fatalité, le contrôle de gestion et les audits internes sont de bonnes pistes pour prévenir et identifier les cas de fraude. L’analyse de données peut être mise à contribution pour relever des anomalies et creuser le sujet… En moyenne, note l’AFCE, les fraudes perpétrées par les employés sont découvertes un an après avoir été initiées. Deux ans lorsqu’elles ont été montées par des dirigeants. Lorsque les soupçons sont là, il est nécessaire de lancer des investigations. Pour cela, il faut matérialiser et mesurer l’étendue de la fraude. On pourra s’appuyer sur les pièces comptables, les documents commerciaux, ou encore les échanges de courriels, les fadettes téléphoniques, les relevés de connexions Internet et les contenus des disques durs. Outre le fait de découvrir si l’incident à l’origine du déclenchement des investigations est vraiment significatif, toutes ces données permettront de répondre à d’autres questions fondamentales : un tel incident s’est-il déjà produit ? Si oui, est-il intervenu dans le même contexte, en impliquant, par exemple, les mêmes employés ou les mêmes fournisseurs ? Combien a coûté cette fraude ? Une nouvelle tentative de fraude est-elle en cours ? Le recueil des preuves est nécessaire pour comprendre le fonctionnement de la fraude, définir son périmètre et bien sûr y mettre fin. Mais cette action permet également d’identifier les fraudeurs et de mesurer leurs responsabilités afin de les sanctionner et, le cas échéant, de les livrer à la justice pénale ou de légitimer leur licenciement devant les prud’hommes. Une fois les preuves recueillies, il faut agir sans tarder : pour mettre fin à la fraude si elle est en cours mais aussi pour régler la situation des fraudeurs (attention au délai de prescription des faits fautifs). Le dépôt de plainte peut arriver plus tard pour ménager une période de négociation. Enfin, il faut tirer les leçons de la fraude : expliquer la situation, communiquer, et surtout mettre en place les outils de contrôle interne pour éviter la répétition de ce type d’événements. Romain MAILLARD, Senior Manager, BDO. BDO, cabinet d’audit et de conseil leader à Versailles, et présent dans 40 bureaux en France et 162 pays dans le monde. Pour en savoir plus : contact@bdo.fr et www.bdo.fr. avec Publireportage
Avril 2018 - N°107
16 BUSINESS Votre entreprise est-elle à l’abri de la fraude ? Si la fraude externe fait souvent la une de la presse et a même récemment trouvé son heure de gloire au cinéma dans le film « Je compte sur vous », la fraude interne, ne prend que rarement place dans les colonnes des journaux. Pourtant,...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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