Chevaux et voitures hippomobiles réapparaîtront-ils dans les allées du parc du château ? Rien n'est moins sûr. La Société hippique du Val de Seine qui promenait les touristes depuis juillet 2006 s'est en effet vue obligée de cesser son activité en septembre dernier. Motif ? Johann Gourbail, le gérant, n'aurait pas informé la direction du château qu'il reprenait les activités de la Société des Calèches, le précédent exploitant, mis en liquidation après un dépôt de bilan en mai 2006. Une application stricte de la loi, les calèches travaillant en effet sous couvert d'une convention avec l'établissement public à intérêt industriel et commercial (EPIC) exploitant le château. La convention étant rédigée au nom de la Société des Calèches et non du repreneur, forcément... Johann Gourbail était pourtant prêt à toutes les concessions, mais malgré d'âpres négociations, aucune solution n'a été trouvée, et le château a fait mettre ses calèches et ses chevaux à la porte par le Tribunal de Grande Instance, le 14 septembre dernier. Maigre consolation : depuis cette date, la mairie lui permet de stationner deux de ses calèches dans une contre-allée de l'avenue de Sceaux. Seulement Johann a mis tout son cœur et son argent dans la reprise de l'activité. Mais ses 43 600 euros investis, sans convention avec le château, ne valent plus grand chose. Quel touriste voudra faire un tour de calèche en ville, plutôt que dans les allées du parc ? Il faudra se montrer convaincant. Créée en 1999 à l'occasion d'un appel d'offres lancé par l'Epic, la Société des Calèches n'a jamais vraiment décollé. Principalement à cause d'une politique tarifaire inadaptée, la location se faisant à la voiture pour un minimum de 80 euros et vingt minutes de promenade, et jusqu'à 150 euros pour le grand tour d'une heure ! Une sacrée somme, sauf à avoir une très grande famille et à amortir ainsi le prix de la course, ou encore à oser la partager entre touristes. Pas simple. L'arrivée des voiturettes électriques en 2005, proposant pour 25 euros un tour d'une heure pour quatre personnes a sonné le coup de grâce, faisant encore chuter de 20 % les recettes des calèches. En janvier 2006, cochers et palefreniers avaient tenté un dernier baroud d'honneur en ville, sans succès. Aujourd'hui, l'administrateur général de l'établissement public, Christophe Tardieu, n'envisage pas pour l'instant de relancer cette activité, « car les calèches, souligne-t-il, doivent être plus légères et tirées par un seul cheval, ce qui permettrait de réduire les frais de fonctionnement, et de moins détériorer les allées ». De Londres à Rome en passant par Madrid, Vienne ou Prague, le tour de calèche fait partie des attractions touristiques classiques et très prisées un peu partout en Europe. Mais curieusement, rien de tel n'est proposé à Paris depuis déjà de nombreuses années. Leur disparition de Versailles démontrerait que décidément, le pays le plus visité au monde ne fait que bien peu d'efforts pour conserver sa première place…
Calèches maudites
Après six années de hauts et de bas et un dépôt de bilan, les calèches n'ont plus droit de franchir les grilles du parc du château par décision de justice.
Source : Archives VersaillesPlus - VN1.pdf
Article extrait des archives VersaillesPlus (N°1 - Janvier 2007).




