14 Durant plus de deux siècles, les habitants de la rue de l’Ermitage eurent à leur disposition une eau fraiche et ‘’bonne à boire’’ grâce à Nicola Le Jongleur, celui qui bâtit leur belle fontaine dite « Fontaine de la Vierge ». C ette rue de l’Ermitage faisait partie au 17° siècle de l’ancien Chemin aux Bœufs qui deviendra sous le règne de Louis XIV la route que le roi et sa Cour empruntaient si fréquemment pour se rendre à Marly ou Saint-Germain. En son milieu, face à la Pépinière royale, existait un lieu-dit marécageux dénommé la Porcherie avec quelques masures. Un nom qui perdura jusqu’au 19° siècle quand vers 1850, lui fut donné le nom de ’’l’Ermitage’’ plus élégant, rappelant l’Ermitage de Mme de Pompadour, occupé ensuite par le Comte de Maurepas. On connait peu de choses sur ce Nicolas Le Jongleur, un des nombreux fontainiers du roi, moitié ingénieur, moitié entrepreneur. Il serait né vers 1630 aux bords de l’Oise d’une mère sans doute célibataire,et d’un père inconnu, Marguerite Vanesme. A dix-huit ans, en 1648, il épousait la fille d’un jardinier à Chauvry dans le Val d’Oise, Nicole Challot, qui décéda prématurément. Cinq ans plus tard, veuf, il épousait Louise Voyer, veuve de Jean Ligner, marchand de fruits à Chauvry. On le trouve ensuite en 1666, fontainier à Paris, puis chargé de l’entretien des fontaines de Maison, enfin à Champs-sur-Marne avant de travailler pour Colbert à Sceaux où il vécut près de 10 ans. Son aventure versaillaise débuta en 1676. Il était alors rétribué 300 livres pour des fouilles et recherches d’eau sur les hauteurs de Rocquencourt Il y découvrit de nombreuses sources qu’il signala au roi, lequel le chargea de collecter les eaux de la colline de Rocquencourt pour les amener jusqu’à Versailles, à la maison des Fontainiers, autrement dit le Pavillon des Sources de la rue Carnot. Il est alors appointé à 2000 livres par an. En 1678, il est désigné dans les comptes royaux comme « ayant soin des eaux bonnes à boires ». Lors de la construction de la machine de Marly, il participe à l’aqueduc de Marly dont la tour terminale porte toujours son nom avec le fameux regard, toujours appelé aujourd’hui « le Regard du jongleur », dont le système ingénieux permettait d’orienter les eaux soit vers Marly soit vers Versailles. En 1687, Louis XIV voulut marquer sa reconnaissance en lui accordant par brevet un important terrain en bordure de son chemin de Saint-Germain, s’étendant du chemin de Selle, couvrant les marais de la Porcherie, jusqu’au Chesnay à la condition d’y conduire à ses frais l’eau de la fontaine aux Crapauds et d’y « faire construire une fontaine de pierre de taille pour servir au public » ajoutant que « la maison qui y sera bâtie sera suivant les alignements plans et élévations qui en ont été arrêtés par le sieur Marquis de Louvois ». La lettre patente confirmant ce brevet semble prouver la grande bienveillance du roi à son égard, qu’il qualifie par ailleurs : « Notre bien-aimé Nicolas Le Jongleur ». Un troisième don, viendra deux ans plus tard agrandir son terrain. Les travaux durèrent deux ans durant lesquels Nicolas fit pour le roi divers travaux entre la Pépinière et la Porcherie, mis en place une conduite de grès entre la fontaine de Trianon et la Pépinière et une pierrée pour en détourner les Nicola le jongleur et la fontaine de la Vierge Gravure dite habit de Fontainier, 17° siècle Versailles, plan de La Grive, 1746, Détail, hameau de la Porcherie. HISTOIRE
Décembre 2018 - N°113
14 Durant plus de deux siècles, les habitants de la rue de l’Ermitage eurent à leur disposition une eau fraiche et ‘’bonne à boire’’ grâce à Nicola Le Jongleur, celui qui bâtit leur belle fontaine dite « Fontaine de la Vierge ». C ette rue de l’Ermitage faisait partie au 17° siècle de l’ancien...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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