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L a surprise est sortie des urnes les 9 et 16 mars der- nier. Le 9, parce que per- sonne ne pouvait raisonnable- ment dire qu’il s’attendait à un tel score de la liste « Union pour un nouveau souffle pour Versailles » conduite par François de Mazières. Et d’abord déjà qu’elle serait en tête. Jamais...

Jean-Baptiste Giraud1 avril 2007 à 00:003 vues

L a surprise est sortie des urnes les 9 et 16 mars der- nier. Le 9, parce que per- sonne ne pouvait raisonnable- ment dire qu’il s’attendait à un tel score de la liste « Union pour un nouveau souffle pour Versailles » conduite par François de Mazières. Et d’abord déjà qu’elle serait en tête. Jamais de mémoire d’analyste politique un challenger -partant très tard dans la bataille, à moins de trois mois du scrutin, sans le soutien logistique d’aucun appareil politique, sans gros moyens financiers- n’avait à ce point devancé de 15 points l’in- contestable favori, favori pourtant soutenu par tous les représen- tants de la droite yvelinoise et même nationale. Pourtant, l’analyse de ce premier tour est aisée à faire : les Versail- lais ont d’un côté adhéré au « nouveau souffle » que Mazières et son équipe annonçaient incar- ner pendant leur campagne, et massivement rejeté l’ancien maire et de facto tous ceux qui s’en recommandaient. L’avertissement des dernières élections législati- ves, où Etienne Pinte en ballotage (quand Valérie Pécresse était élue dès le premier tour) n’avait obtenu que 56 % des voix au second tour était pourtant clair, et lisible. Ses équipes ne l’ont pas entendu, et oublié que le droit d’inventaire pouvait aider à tuer le père. Mais après le premier, il y eut un second tour, au moins aussi sur- prenant que le premier. D’abord, par le retrait de la bataille de Bertrand Devys. Attitude cohérente dans une stra- tégie globale de marque, en l’oc- curence la marque UMP, qui ne pouvait souffrir d’être trop égrati- gnée jusque dans ses fiefs en théorie imprenables. Mais attitude néammoins courageuse, que beaucoup d’autres leaders UMP n’ont pas eu le courage d’adopter dans des villes où les positions de la droite étaient clairement mena- cées, et où l’union aurait pu faire la différence. Ensuite, par la stagnation et même le recul de l’URV. Si le score du premier tour pouvait décevoir Henry de Lesquen et ses militants, il n’en était pas moins cohérent en l’absence d’espace libre à droite, déjà occupé par le duo Devys- Mazières, dont il dénonçait d’ail- leurs une prétendue gémellité. En revanche, au second tour, avec pourtant plus de 30 % des voix à récupérer du côté des listes UMP et faux Modem, réussir la prouesse de reculer en voix et en pourcentage est également digne de figurer dans les annales. Même Jean-Marie Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle de 2002, avait progressé et en voix, et en pourcentage, face à un cor- don sanitaire bleu- rose-vert- rouge-rouge vif. Le résultat sans aucun doute de quelques erreurs stratégiques, à commencer par des erreurs basi- ques de communication, et une virulence sans limite qui ont produit les effets inverses de ceux recher- chés : la peur, et non l’adhésion. Enfin, la surprise vient du score de Mazières et de son équipe en lui- même. Près de 64 %, c’est un blanc seing pour mettre en oeuvre tout son programme, sans com- promis ni hésitations. Au travail.

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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