Durant toute sa vie, Marcel Proust fut relié au domaine de Versailles par ses connaissances dans la société de la Belle Epoque, aristocrates, hommes politiques, industriels, artistes. De nombreux amis, dans le monde des arts et des lettres, résidaient à Versailles. En 1902, il est venu voir son ami Bertrand de Fénelon. Après la mort de sa mère, il cherche un havre nouveau et avant d’emménager Boulevard Haussmann, il s’installe 7, rue des Réservoirs, à l’hôtel des Réservoirs dirigé par la famille Grosseuvre. Il écrit, tristement : « C’est un appartement genre historique, de ces endroits où le guide vous dit que c’est là que Charles IX est mort, où on jette un regard furtif en se dépêchant d’en sortir. » Il y séjournera plusieurs mois, de juin à fin décembre 1906. C’est un séjour de reclus où il écrit et lit beaucoup, avec de rares sorties dans le parc, retrouvant l’univers de Louis XIV et les écrits du mémorialiste Saint-Simon. Je n’ai pas quitté mon lit, je n’ai pas pu une seule fois aller au château, ni à Trianon, ni nulle part ».Néanmoins, accompagné de quelques amis, il se rend parfois au Café Anglais, face à la gare Rive droite, où le petit groupe pratique le jeu de lettres. Mais auparavant, il était déjà venu dans la ville. Le 31 mai 1894, ami du comte Robert de Montesquiou, il fut invité à une fête mondaine dans sa propriété de l’avenue de Paris. Il décrit l’extérieur du pavillon : « La grille aux fers dorés est ouverte sur la large avenue de Paris qui mène droit au théâtre de Versailles. Appuyé sur l’une des extrémités de la grille, un coquet pavillon se dresse ; un large tapis rouge est étendu sur le sable, devant la porte ; des fleurs, des roses jonchent le chemin. Sur le seuil, aimable, souriant, très bon, le seigneur de la calme demeure reçoit les amis qu’il convia. Un orchestre, dissimulé dans un bosquet, murmure une douce musique. » Puis il vient aux participants richement vêtus : « Au bout d’une pente douce, s’élève un petit théâtre éphémère, C’est un long rectangle en forme de temple, dont le décor figure une colonnade circulaire qui laisse apparaître des bosquets et des charmilles. La salle est remplie. Et quelle salle ! Quel « tout-Paris » ! Tout le Gotha est là : « Madame la Comtesse Greffulhe, délicieusement habillée : la robe est de soie lilas rosé, semée d’orchidées, et recouverte de mousseline de soie de même nuance, le chapeau fleuri d’orchidées et tout entouré de gaze lilas » ; c’est la future duchesse de Guermantes du roman proustien ; il y a aussi « la Comtesse de Pourtalès, taffetas gris perle, parsemé de fleurs foncées, les parements clairs, le chapeau surmonté d’une aigrette » et bien d’autres qui vont inspirer ses personnages de La Recherche du temps perdu. Enfin, le spectacle : « Une sonnette discrète réclame le silence. M. Léon Delafosse se met au piano et exécute avec le talent qu’on lui sait une gavotte de Bach, » etc. Ensuite « Mlle Reichenberg, coiffée d’un large chapeau blanc que couvrent de grandes plumes roses lit à ravir le Menuet de François Coppée, le Madrigal de M. Robert de Montesquiou.. Sarah Bernhardt et Julia Bartet disent ensemble l’Ode à Versailles d’André Chénier, que certains d’entre nous peut- être ont récitée autrefois : O Versailles, O bois, O portiques… Puis on admire la serre japonaise, avec ses fleurs rares et ses oiseaux. Un buffet est préparé sous une tente. Un applaudissement général conclut une fête si réussie avenue de Paris. Marie-Louise Mercier-Jouve Ils sont passés par Versailles : Marcel Proust Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 22 INSOLITE+ Située dans le quartier des chantiers, perpendiculaire à la rue Racine, elle porte le nom d’un industrie. Un certain Oscar Legris ( 1844-1911) marié à la fille d’un entrepreneur du Château de Versailles est d’abord installé dans l’Oise, où il tient un petit commerce dont le succès commence en faisant des petits sachets de teinture pour les femmes qui veulent teindre leurs tabliers en bleu. Plus tard, au cours d’un voyage en Kabylie, il découvre des femmes confectionnant des tentures de toutes les couleurs. Les Legris s’installent à Versailles, dans le quartier des Chantiers, et y fondent une usine de teinture textile : la « kabiline » est un succès et les Legris font fortune. Plus tard, en 1878, Oscar Legris fonde la station balnéaire d’Etaples sur mer. P.S. De nombreux versaillais ont connu cette usine donnant sur la rue des Chantiers, aujourd’hui démolie, remplacée par une station-service. Marie-Louise Mercier-Jouve Nom de rue : l’Impasse Legris. Interview Il a obtenu de nombreux prix dans des salons en France et à l’étranger. Ce qui marque le plus chez cet artiste, c’est sa simplicité et sa gentillesse. Il expose au 155e Salon des Artistes d’Ile-de- France à Versailles. Daniel Convenant Artiste peintre versaillais Instant V : Comment êtes-vous devenu peintre ? A 8 ans, j’étais en admiration devant mon frère de 10 ans mon aîné qui dessinait des bandes dessinées. C’est le moment où germe en moi, l’envie de peindre. Un peu plus tard, le soir, je suis simultanément à mes études et à mes cours de dessin et de peinture à Montparnasse. Je rentre ensuite dans une école d’art de menuiserie. J’ai fait toute ma carrière dans l’installation de stands d’exposition Vous avez créé votre société... En 1981, je crée mon propre bureau d’études qui, d’ailleurs, connaîtra une belle réussite Mais, le 30 avril 1993, un accident vasculaire cérébral me laisse aphasique et hémiplégique pendant plusieurs mois. Cela a été une période difficile. Pour réapprendre à vivre, je me suis mis à peindre énormément... Je suis entré à l’école des Beaux- Arts de Versailles, et j’ai obtenu mon diplôme en 1997, avec mention. La même année, une exposition personnelle à Guyancourt m’a donné l’occasion de présenter une soixantaine de toiles. Quelle est votre démarche artistique ? Mon pinceau est l’extension de ma main ; il est pour moi le souffle de la vie, du temps qui passe. De l’ombre surgit la lumière et ce qui est créé déjà ne m’appartient plus. Ce geste qui change la nature des choses par une trace laissée dans la matière et qui, elle-même, devient matière. C’est le fondement des arts plastiques. C’est de « l’Arbre » que je puise ma force. Après l’avoir observé pendant des années, peint d’une façon figurative, je pénètre dans son écorce, puis dans ses nœuds que j’agrandis, transforme jusqu’au moment où l’image m’interpelle. Là je fais corps avec la toile. C’est la communion avec mon mental, avec ma main et mes yeux. Mais je suis toujours acteur parce que mon subjectif me répond et en même temps j’interviens. Mes figurines flottantes deviennent âme, douceur et plénitude dans un lyrisme surréel. C’est à partir à partir de 2010 que je me libère davantage de la figuration pour aller vers l’essentiel en adoptant « le bitume ». Des traces laissées par ce matériau émane une énergie ; celle-ci devient la traduction d’une émotion. Photo : Karina Balzer
Et Le Mercredi Et Dimanche De 7H30 À 13H
Durant toute sa vie, Marcel Proust fut relié au domaine de Versailles par ses connaissances dans la société de la Belle Epoque, aristocrates, hommes politiques, industriels, artistes. De nombreux amis, dans le monde des arts et des lettres, résidaient à Versailles. En 1902, il est venu voir son ami...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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