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Janvier 2018 - N°105
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Janvier 2018 - N°105

24 CULTURE P as ici de pittoresque facile et galvaudé, genre harems et palmeraies, mais, « sans mirage », des saisies au plus près de la vraie vie locale, des portraits pleins d’empathie et de finesse, des paysages recueillis à leur plus belle lumière fugitive, des scènes de rue confondantes de...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2015 à 00:003 vues

24 CULTURE P as ici de pittoresque facile et galvaudé, genre harems et palmeraies, mais, « sans mirage », des saisies au plus près de la vraie vie locale, des portraits pleins d’empathie et de finesse, des paysages recueillis à leur plus belle lumière fugitive, des scènes de rue confondantes de vie, croquées à la volée. Né dans une famille de commerçants parisiens, Georges Gasté, après l’école des Beaux arts, part à 24 ans pour l’Algérie en 1893. L’époque s’y prête,la France installée là bas depuis un demi siècle vient de s’implanter en Tunisie voisine (1881) et lorgne déjà sur le Maroc ; la peinture orientaliste fait alors l’objet d’un engouement du marché et d’expositions régulières. Etienne Dinet qui préside la « Société » des peintres spécialisés n’a donc eu guère de peine à convaincre son jeune collègue. Cependant celui ci quitte vite Alger pour s’ installer aux portes du Sahara dans l’oasis de Bou Saada, y vivre au milieu de la population locale et non pas en touriste, même artiste. Il y reste quatre ans et s’il acquiert une certaine reconnaissance de son talent, notamment de la part de l’influent directeur du musée du Luxembourg, Léonce Bénédicte, on s’accorde chez les européens à le trouver « sauvage » et peut être pire, du fait de sa trop grande familiarité avec les « indigènes ». En 1898, il part plus loin encore, pour l’Egypte et s’établit cette fois au Caire, mais pas dans un quartier européen puisqu‘il réside au cœur fascinant mais bruyant, poussiéreux, souvent sordide, de la vieille ville, dans un ancien « palais » turc désaffecté, en ruine. Il vend bien sa production à la bourgeoisie locale mais en ramènera peu. Après une courte phase de retour en Occident, c’est enfin le grand départ en 1905 pour l’ Inde anglaise avec un premier séjour dans le nord, en particulier à Agra, suivi d’un second au sud, en pays tamoul, à Madurai, ville ou se trouve le célèbre temple dravidien de Meenakshi et ou il va trouver la mort en 1910 à 42 ans. Deux expositions posthumes lui sont consacrées aux salons orientalistes du Grand palais en 1911 et 1913, avant qu’il ne tombe ensuite dans l’oubli. Il avait été peiné de ne pas voir primé le « Bain des brahmines » qu’il considérait comme son chef d’œuvre. Après Riom et Paris, celle du musée Lambinet est la troisième exposition récente marquant une redécouverte en cours. La présentation à Versailles est étendue (7 salles) et associe de façon aussi originale et convaincante aux œuvres de Georges Gasté des créations de quatre artistes contemporains sur les lieux mêmes qui inspirèrent un siècle plus tôt ce voyageur solitaire. Une salle entière est consacrée aux photographies de Gasté, qui vaudraient à elles seules la visite, une cinquantaine de planches d’une sensibilité et d’une modernité étonnante. Parmi les œuvres picturales, les portraits dominent, mais les paysages et les scènes de rue sont aussi évocateurs, dont le fameux « Bassin des brahmines », prêté pour l’occasion par le musée de Villeneuve sur Lot. Un tour du monde à votre porte et un dialogue avec d’autres cultures entrecroisant l’approche de l’aventurier de la Belle époque et de ses jeunes émules d’aujourd’hui. Fascinant. Bernard Legendre Exposition Georges Gasté jusqu’aub 18 février 2018 Musée Lambinet : 54 bd de la reine Versailles ouvert tous les jours de 14h à 18h sauf vendredi Après André Suréda, peintre versaillais, l’été dernier, le musée municipal Lambinet présente jusqu’au 18 février 2018 la vie et les œuvres (peintures, dessins, photographies) d’un autre artiste dit « orientaliste » Georges Gasté. Cap sur l’Orient avec l’exposition Georges Gasté

Source : Archives PDF VersaillesPlus

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