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Janvier 2019 - N°114
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Janvier 2019 - N°114

23 CULTURE S a sœur aînée est styliste, son frère Etienne musicien, compositeur et DJ, ses deux autres frères sont réalisateurs. Leurs parents les ont laissés se tourner vers leurs aspirations naturelles « du moment que le niveau était là ». Nicolas de Crécy n’a pas fait sa scolarité à Versailles...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2016 à 00:002 vues

23 CULTURE S a sœur aînée est styliste, son frère Etienne musicien, compositeur et DJ, ses deux autres frères sont réalisateurs. Leurs parents les ont laissés se tourner vers leurs aspirations naturelles « du moment que le niveau était là ». Nicolas de Crécy n’a pas fait sa scolarité à Versailles contrairement à ses plus jeunes frères. En 1984 il était aux Beaux-Arts d’Angoulême et se souvient du plaisir de revenir à Versailles voir sa famille, des longues promenades dans les bois et dans la ville dont il admirait l’architecture, une autre de ses passions. Un genre littéraire oublié Pour cet ouvrage Nicolas a souhaité réhabiliter le « roman illustré », une forme aujourd’hui inusitée, mettant à la fois en valeur, avec la même force le texte et les planches illustratives, un genre « qui permet aussi d’attirer les gens qui n’aiment pas trop lire ». Enfant, il se souvient du plaisir de feuilleter chez sa grand-mère « l’Enfer » de Dante illustré par Gustave Doré. C’est en hommage à ce livre qu’il souhaite reproduire ce format, un livre que l’on peut à la fois lire mais aussi parcourir pour le plaisir des yeux. Ses illustrations somptueuses incitent à la rêverie et ouvrent les fenêtres de l’imaginaire. Le trait noir et la mise en couleur à l’encre est la même technique que celle employée par les dessinateurs de manga japonais. Japon où il a passé six mois en résidence à la villa Kujoyama de Kyoto. Cette impression d’un dessin inspiré par le Japon n’est donc due qu’à une histoire de technique nous dit l’auteur. Un petit fantôme, héros naïf puis visionnaire Commencé en 2015, ce livre devait surtout être une histoire sur les amours du petit fantôme, mais préoccupé par l’arrivée de Trump au pouvoir, et du Brexit au Royaume–Uni, comme des signaux alarmants sur le futur de nos sociétés, Nicolas de Crécy a changé son axe narratif. En effet il nous présente un héros vivant dans un espace-temps en avance sur celui des humains et l’on perçoit ainsi qu’un avenir bien sombre nous est peut-être réservé. Et pour cause : chez le peuple des fantômes la guerre est de retour, les parents du héros, des résistants, ont été tués, sa petite amie enlevée ne reviendra pas, les œuvres d’art sont censurées, les traîtres trahissent et ainsi de suite… La démocratie est fragile « Aujourd’hui on vit dans l’immédiateté, on ne prend pas le temps d’analyser le présent et de réfléchir au passé ». « Bientôt la génération ayant connu la seconde guerre mondiale ne sera plus là pour témoigner auprès des jeunes ». A la fin du livre le petit fantôme a grandi, les guerres sont apaisées mais cela ne l’empêche pas de constater que, (en évoquant les humains) : «…l’extinction de leur propre espèce est une composante de leur nature profonde ». La démocratie est fragile et, terminer comme certains fantômes du livre « lavés, repassés, pliés et rangés » peut encore nous arriver, la sonnette d’alarme est tirée. Un roman pour tous, des pré-ados jusqu’aux adultes. Véronique Ithurbide Nicolas de Crécy « Les amours d’un fantôme en temps de guerre », Editions Albin Michel, 23€90 La famille de Nicolas de Crécy s’est installée à Versailles au début des années 80, après avoir vécu à Marseille. Nicolas dessinateur, auteur de bandes dessinées et de romans est le second d’une fratrie de cinq enfants tous travaillant dans le domaine artistique. Louis Vuitton 2017 © Sam Ssefa

Source : Archives PDF VersaillesPlus

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