5 I l suffit de le voir apparaître dans la rue pour deviner que l’on n’a pas affaire à un homme du commun. La silhouette est altière, la démarche vive et sportive. L’individu est soigné, coiffé et rasé de près. Le regard indique une grande présence. Derrière le blouson, on devine une architecture de muscles, qui impose le respect. On comprend très vie qu’il appartient à une catégorie particulière, celle des hommes identifiés par quatre lettres, G I G N. Une sorte de formule magique pour une unité d’élite, le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale créé en 1973 pour faire face à des situations de crise, telles que des prises d’otages, ou des opérations visant le grand banditisme ou des actes terroristes. Et ce n’est pas un hasard s’il porte le nom d’un boxeur célèbre, Cerdan, avec lequel il aurait eu un cousinage éloigné. Dès sa plus tendre enfance, le jeune Daniel était motivé par l’idée du dépassement personnel, peut-être en raison de ses origines modestes. Il et pied noir espagnol par sa famille qui vient d’Andalousie pour se fixer en Algérie. Il naît à Mercier Lacombe en Oranie dans une ferme. Son père est garçon de ferme, sa mère femme de ménage. Enfance calme et tranquille, mais sentant la situation politique évoluer, son père décide de franchir la Méditerranée et de s’installer en France avant les événements. En 1956, il s’installe à Vallauris, où se trouve déjà son frère pour travailler dans une entreprise métallurgique, le groupe Chaty. Le jeune Daniel effectue sa scolarité jusqu’au bac technique. Mais il est déjà fasciné par les héros, « ces personnages qui poussent à l’extrême leurs facultés de corps et d’esprit ». Il se rend aux obsèques du général de Gaulle en 1969 et comprend alors qu’il a la vocation militaire. Quelques années plus tard, en 1974, il effectue le service national. Il prend un engagement de trois ans dans l’armée de l’air, passe un an à Phalsbourg en Moselle, puis deux à Dax, à l’école de spécialisation des pilotes. Mais déjà il ambitionne d’entrer dans la gendarmerie. C’est chose faite le 7 décembre 1977 où il entre cinquième sur 110 à l’école de Chatellerault, où il fait un an d’études. Il choisit alors l’escadron de Cherbourg. Il y passera trois ans. Mais déjà il songe à autre chose, de plus performant encore, le GIGN, créé en 1973 par le commandant Prouteau. Il s’initie aux stages de commandos, où l’on subit des épreuves particulièrement éprouvantes comme la natation pieds et poings liés, ou encore en apnée pendant une certaine distance, des exercices d’escalade acrobatiques, etc. Il fait partie de la première équipe de trente hommes, tous polyvalents, tireurs d’élite, relativement bien payés car ils ont la solde à l’air. Sa première base est à Maisons-Alfort, où il se trouve bien. Le lieu de résidence compte peu à l’époque, © Jacques Postel PEOPLE
Janvier 2019 - N°114
5 I l suffit de le voir apparaître dans la rue pour deviner que l’on n’a pas affaire à un homme du commun. La silhouette est altière, la démarche vive et sportive. L’individu est soigné, coiffé et rasé de près. Le regard indique une grande présence. Derrière le blouson, on devine une architecture...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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