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Janvier - Février - N°123
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Janvier - Février - N°123

2 ACTUS I l fait sombre, l’air est humide comme un mois de janvier. La ville sommeille. Ou presque. Deux ombres se faufilent sur les pavés tachetés, entre les quelques arbres de la rue. Elles s’arrêtent un instant ou deux devant cette forme massive et humaine. Il s’agit de l’Abbé de L’épée,...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2017 à 00:004 vues

2 ACTUS I l fait sombre, l’air est humide comme un mois de janvier. La ville sommeille. Ou presque. Deux ombres se faufilent sur les pavés tachetés, entre les quelques arbres de la rue. Elles s’arrêtent un instant ou deux devant cette forme massive et humaine. Il s’agit de l’Abbé de L’épée, celui-là même qui, né à Versailles en 1712, mit au jour une langue à part entière, le langage des signes. Un regard d’appréciation, comme une marque de respect et les voilà qui poursuivent leur chemin. Nos deux ombres sont déjà haut. Haut, car elles escaladent la blanche pierre de la Cathédrale Saint-Louis, sans un regard pour le vide qui leur tend les bras. Elles crochètent et saisissent et agrippent ce qu’elles peuvent. À vrai dire, elles peuvent tout. Là n’est pas la question, ni la leur, d’ailleurs. Elles se retrouvent dans un ensemble parfait, à même la toiture. Elles s’assoient avec la même délicatesse et croisent simplement les jambes. Elles sont côte à côte et face au vide. Personne ne se doute de leur présence, mais cela importe peu, pourrait-elle répondre. « Ce qui importe est notre degré de présence » clament-elles. À nouveau, comme synchrones, elles tournent leur visage vers la gauche, où dort un Potager. Mais ce ne sont ni les animaux ni les arbres qui les intéressent. C’est le ciel, sa nuit, son épaisseur qu’elles contemplent. Peu à peu, leur esprit entame une danse. Question. Réponse. Le jeu est fluide, il y a à la fois si peu d’espace entre eux et tant d’espace que cela étonne. Les questions émergent presque naturellement, les réponses s’égrènent avec une aisance déconcertante. Que chante cette nuit-là, cette nuit qui offre un retour vers deux-mille-dix-neuf ? Elle raconte les succès passés, les rencontres effectuées, les batailles surmontées, les projets abandonnés, les espoirs délaissés, les rires enflammés. Et elle interroge, encore et encore. « Où éprouves-tu de la gratitude ? » « De quelle façon t’es-tu mis au service d’autrui ? » « Où ton cœur s’est-il brisé ? » « Sur quelle pierre ton pied a-t-il buté ? » et aussi, « Quel enseignement tires-tu, maintenant ? » Les silhouettes offrent leur hymne au souffle nocturne. Nul ne songe que le temps passe. Nos ombres chantent et, patiemment, fil après fil, défont la toile d’une année qui ne reviendra, jamais. Puis, dans un même ensemble, elles dirigent leurs yeux bien ouverts à l’opposé. Cette fois, le murmure se fait cinglant, mais si juste, si… nécessaire. Néanmoins, elles n’éprouvent aucune surprise. Elles sont bien trop préparées pour cela, et « se contentent » de répondre à ce que la voix leur offre. « Commence aujourd’hui une nouvelle année. Trois intentions, tu vas poser. Pas une de plus. Trois chemins tu vas initier. Offre-les moi. » L’un après l’autre, si discrets qu’on ne voit leurs lèvres remuer, ils font don de leurs désirs, ou, plus justement, de leur engagement. Se ignadiare : « Quelles preuves vas-tu fournir ? » La voix se tait. Elle emporte avec elle le trésor d’un esprit et d’une âme mêlés. Elle emporte, avec elle, le passé, le regret. Et l’avenir, la rêverie. Alors, doucement, très doucement, les deux silhouettes retrouvent le monde qui leur fait face. L’instant qui leur fait face. Le présent qui supporte la vie. Et la voie qu’elles ont choisie. Nul ne songe que le temps passe. Versailles est sombre, l’air est humide comme un mois de janvier. Ou une nouvelle année. Julie Saint-Clair Accueillir la nouvelle année, un moment à la fois + Après la pluie... Les Versaillais se souviendront de cet hiver 2019 ! Les grèves ont bien impacté la vie des travailleurs qui, depuis plus de 40 jours, subissent les retards ou les annulations de trains. La gare Versailles Rive Gauche déserte, silencieuse, ne déverse plus le flot journalier de milliers de touristes empruntant cette ligne. Fermé à son tour par des grèves sporadiques, le château a été vidé de ses visiteurs Cour déserte. Jardins abandonnés. Les commerçants versaillais ont, à leur tour, pâtis de ce mouvement de grève. Chiffre d’affaires en berne. Clientèle rare et épuisée. Gageons que la nouvelle année apporte aux versaillais et à la cité royale son lot de bonnes nouvelles et nouveaux projets. 2020 devrait voir le premier coup de pioche du projet de l’ancienne poste, au printemps, offrant le liant qui fait défaut entre les quartiers Saint-Louis et Notre Dame. « Le rubicon » pourra bientôt être franchi. Guillaume Pahlawan Devenez Ami sur Facebook @VersaillesPlus Une information à la rédaction ? redaction@versaillesplus.fr Un message commercial ? publicite@versaillesplus.fr Édito+

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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