12 Peut-il y avoir une vie après quarante années passées au château de Versailles, dans un univers de l’excellence, dans un monde qui est l’apanage des superlatifs ? C’est pourtant le défi que relève aujourd’hui Béatrix Saule qui, fort de son expérience passée, explore de nouvelles voies où ses talents continuent de faire merveille. E lle a quitté certes son bel appartement de fonction pour une maison plus bourgeoise, passant d’une adresse monarchique à un nom plus républicain, mais cette parisienne d’origine s’est définitivement ancrée à la capitale du roi-soleil à laquelle elle a consacré l’essentiel de son existence. Et les nouveaux mandats pleuvent sur elle depuis ce qu’il serait mal séant de parler de sa retraite. Rappelons ici quelques- unes de ses nouvelles missions : la mise en valeur du château de Maintenon, à proximité de Chartres, dont la gestion incombe au conseil départemental d’Eure-et-Loir, qui a servi de cadre au tournage de films célèbres et qui reçoit soixante mille visiteurs par an, où les conseils de Béatrix Saule seront précieux. Cette dernière préside parallèlement la Fondation des Sciences du Patrimoine, qui a pour vocation de financer les recherches sur les connaissances en matière de restauration, sous les aspects techniques, de laboratoires d’universités (dont celle de Versailles-Saint-Quentin) en partenariat avec le Louvre, le château de Versailles, etc, sous la direction d’Emmanuel Poirault. Autre domaine d’activité de Béatrix : la présidence du comité scientifique du Mobilier national, qui est l’héritier du Garde-meuble royal et qui inclut les Gobelins, la Savonnerie, les Dentelles du Puy et autres lieux prestigieux du savoir- faire français. Aux racines du christianisme Quatrième dossier auquel va se consacrer l’ancienne directrice du château de Versailles : sous l’égide de la Custodie, mandatée par l’église catholique dès 1342 pour accueillir les pèlerins et protéger les Lieux Saints, la réalisation du seul musée au monde consacré aux racines du christianisme et à la conservation des Lieux Saints, le Terra Sancta Museum. Cette nouvelle institution comprend deux sections déjà ouvertes au public : un multimedia et l’archéologie, présentés dans le couvent franciscain de la Flagellation sur la Via Dolorosa. Beatrix Saule s’intéresse à la troisième section, la section historique qui poursuit le discours sur la présence chrétienne à Jérusalem, et en particulier celle des Franciscains. Cette section du TSM sera située dans le couvent du Saint Sauveur, toujours dans la vieille ville de Jérusalem où cette communauté est présente depuis huit siècles. Cette création suppose une réorganisation des bâtiments existants, pour abriter les collections et assurer une circulation fluide des visiteurs. Elle permettra de rassembler les trésors accumulés au fil des siècles, dispersés présentement dans différentes sacristies, dont une partie avait été exposée au château de Versailles en 2013 avec un retentissement considérable de 350 000 visiteurs. Elle abritera des collections très riches de peintures, vêtements liturgiques, objets divers offerts par les nations catholiques au fil des siècles pour exalter le culte divin au Saint-Sépulcre. On y trouvera des dons de Louis XIII et Louis XIV, échappés hors de portée de la fonte générale ordonnée par le souverain pour financer ses besoins d’argent. Tout est modélisé déjà en 3 D par le muséographe Jérôme Dumoux qui avait mis en scène l’exposition de Versailles, ce qui permet de déterminer les emplacements exacts des objets exposés, avec une contrainte : les vitrines doivent être conçues pour permettre aux frères franciscains de pouvoir utiliser les objets du musée pour les grandes cérémonies religieuses Avec le concours de Jacques Charles- Gaffiot, historien d’art et muséologue réputé, et d’un comité scientifique international, Béatrix Saule entend ainsi participer à la mise en valeur d’un patrimoine spirituel et artistique qui témoigne de la présence deux fois millénaire du christianisme et du caractère universel de la Ville. « Car, nous avons besoin de relire et de connaitre notre histoire pour vivre le présent d’une manière plus sereine », constate Béatrix Saule. Et les Franciscains représentent un vecteur fondamental, car ils ont toujours vécu au plus proche des populations et entretiennent toujours de bonnes relations avec les communautés juives et musulmanes. Les fouilles et les missions d’inventaire organisées depuis des années par le Studium Biblicum Franciscanum permettent toujours de faire de nouvelles découvertes. La mise en place du musée nécessitera bien deux ans de travaux et l’ouverture au public aurait lieu à partir de 2020. Ce sera sans nul doute un événement considérable auquel sera associé le château de Versailles à travers la contribution de Béatrix Saule. Michel Garibal Beatrix Saule : du château de Versailles aux Lieux Saints
Juin 2018 - N°109
12 Peut-il y avoir une vie après quarante années passées au château de Versailles, dans un univers de l’excellence, dans un monde qui est l’apanage des superlatifs ? C’est pourtant le défi que relève aujourd’hui Béatrix Saule qui, fort de son expérience passée, explore de nouvelles voies où ses...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
Article issu de la veille automatisée.





