Exposition virtuelle sur le site evenbd.com L’Épervier se pose à Versailles A l’occasion de la sortie le 29 octobre du nouveau tome de l’Épervier, « la princesse indienne », une exposition inédite sur le travail du dessinateur Patrice Pellerin devait se tenir à la galerie La Fontaine dans les carrés Saint-Louis du 7 au 28 novembre. Après deux expositions au cœur du quartier Saint Louis consacrées à Saint- Exupéry et à Alix, c’est l’Épervier qui fait escale à la galerie La Fontaine La princesse indienne Cela fait trois ans qu’on attendait la suite des aventures de l’Épervier. À peine l’Épervier accoste-t-il à Louisbourg qu’il est agressé par le capitaine de Karrer. La tension de la traversée n’est pas près de s’apaiser. Cette mission royale devient chaque jour un peu plus difficile. Yann bout d’impatience d’ouvrir sa prochaine lettre de mission, ces ordres que le roi essaime tout au long du voyage pour en garantir le secret et l’issue. Quels dangers recèlent les vastes terres canadiennes inconnues du marin brestois ? l’exposition devient virtuelle L’exposition virtuelle sur le site evenbd.com présentera une galerie de photos et vidéos de l’exposition au travers de planches originales et illustrations de son dernier album Une boutique en ligne proposera des reproductions sur toile grand format que vous pourrez acquérir et venir chercher à la Galerie. Exposition Patrice Pellerin La Fontaine Carrés Saint-Louis, 61 bis, rue royale - Versailles www.evenbd.com L’Epervier se pose à Versailles Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 9 CULTURE + La rencontre de deux compétences a fait naître l’agence de communication et stratégie de marque employeur Maxences. Clémence Giraud, avec un parcours de management, communication et expérience clients dans des groupes Retail (Le Bon Marché, Printemps) a observé pendant le premier confinement qu’il y avait un réel besoin de travailler la communication autrement. Avec son mari, Maxime Lacour, entrepreneur atypique qui a placé depuis des années l’humain au cœur de son entreprise LR Technologies, basée à Versailles, ils décident d’accompagner les entreprises dans leur développement en créant l’agence Maxences. Maxences est une agence de conseil et de communication, responsable et engagée qui a pour ambition de permettre de révéler et de valoriser les engagements d’une société en matière de Qualité de Vie au Travail (QVT) et de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Replacer l’humain au coeur de l’entreprise L’agence aide à définir les valeurs et la marque employeur pour attirer les nouveaux talents, fidéliser les collaborateurs et trouver les points d’accroche de l’ADN d’une entreprise. La différentiation ne se fait pas seulement avec ce que la société propose mais aussi avec ce qu’elle est. Être une entreprise porteuse de sens, responsable et engagée devient un levier de croissance. « De la définition de valeurs, au développement de la marque employeur en passant par la création de vos stratégies de communication 360°, l’équipe Maxences met en place, pour vous et avec vous, des solutions sur-mesure en adéquation avec votre gouvernance d’entreprise ». nous explique Clémence Giraud. « Parce qu’il est temps de porter un nouveau regard sur l’entreprise et son environnement, de prendre en compte la finalité de nos sociétés et nos impacts sur les parties prenantes, Maxences vous accompagne également dans vos différents process de labellisation RSE et QVT ». Maxences va emmener les entreprises à se transformer et en faire un lieu de valeur où l’humain est au coeur du développement de l’entreprise. La maxime de Maxences : « Vous vous posez la question de l’impact de la RSE et de la QVT sur votre croissance et votre résultat ? Donnez-nous 30 minutes » Maxences 10, rue André Chénier 78000 Versailles hello@maxences.fr www.maxences.fr tel : 06 59 38 25 54 Maxences valorise la communication positive de votre entreprise Le couple Maxences : Maxime et Clémence © Mélody Barabé Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 10 BUSINESS+ En se promenant dans l’Aile sud du château, on peut traverser les salles de l’Empire qui donnent sur le parterre d’Eau sud. Arrivé au bout, on tourne sur la gauche et oh surprise ! on tombe sur une statue d’un général romain casqué et armé comme un officier vainqueur de je ne sais quelle guerre dans l’Empire. Après tout, le château - entre ses tableaux de rois victorieux, ses scènes de batailles, ses maréchaux - donne très souvent dans le militaire victorieux, ….sauf que là on se retrouve devant un léger paradoxe historique si l’on peut dire. En effet la statue du héros se trouve être celle de Lazare Hoche. Lazare Hoche est un général de la révolution qui a vu le jour à Versailles au 18 rue de Satory. Une inscription indique fièrement que ce brillant militaire est né dans cette maison – avec comme note un peu irrévérencieuse un restaurant en dessous qui se nomme fièrement « chez Lazare Grill » (cela rappelle le mot du professeur Jean Tulard qui glissait avec gourmandise pendant ses cours à la Sorbonne, non sans malice, que Lafayette est rentré dans l’Histoire en donnant son nom à des galeries marchandes à Paris).Ce brave général Hoche possède même sa propre statue place Hoche (ancienne place Dauphine) et un lycée à son nom soit l’ancien couvent de la Reine Marie Leszczynska. Ce bâtiment royal fut construit par Richard Mique en imitation de la villa Rotonda de Palladio.- le tout à la place du Château de Clagny qui appartenait à Arthenais Mortemard de Rochechouart… en fait la Montespan tout simplement. Bref, le héros de Versailles fut longtemps, pour les républicains et « les ralliés », nommé Hoche qui représentait les vertus de la méritocratie révolutionnaire - un peu comme Napoléon au même moment. Sauf qu’ironie de l’Histoire, Lazare Hoche s’est fait surtout connaitre comme le massacreur de royalistes lors du débarquement de Quiberon et comme une main de fer impitoyable lors des guerres de Vendée. Son histoire est singulière : il commence comme un gentil petit versaillais catholique royaliste et finit comme un sanguinaire général révolutionnaire « bouffeur de curé »… Son père est palefrenier à la vénerie du roi ; et il est baptisé à la future cathédrale de Saint Louis. A 14 ans, Hoche est reçu aide- surnuméraire dans les écuries royales. Devenu orphelin, il devient autodidacte en achetant des quantités de livres avec lesquels il fait son éducation. À 16 ans, en 1784, il s’engage comme soldat et devient simple fusilier dans les Gardes françaises. Il deviendra rapidement grenadier pour obtenir le grade de caporal. En août 1789, il devient opportunément révolutionnaire et s’engage avec le grade de sergent dans la garde nationale à Paris et il poussera son zèle en prenant part à la marche sur le Château de Versailles lors des journées du 5 et 6 octobre 1789. Puis sa carrière va s’envoler. Début 1792, il est lieutenant, fin 1792, il est capitaine. En mai 1793 il est remarqué par Lazare Carnot qui se serait écrié : « Voilà un officier subalterne d’un bien grand mérite. » En mai 1793, grâce à l’appui de Lazare Carnot, il est nommé adjudant-général chef de bataillon de l’armée du Nord. Il va sauver Dunkerque des anglais en Aout 93 puis sera envoyé en Alsace pour se battre contre les Prussiens et les Autrichiens (à l’époque toute l’Europe à tête couronnée veut la peau de la jeune république). Poursuivi par Saint-Just qui le déteste en 1794, il se voit relevé du commandement de l’armée de Moselle et se retrouve arrêté. Emprisonné aux Carmes (prison connue pour ses sinistres massacres par la suite) il en sera libéré à la mort de Robespierre. Le « Pacificateur de la Vendée » En 1795, il est nommé commandant de l’armée des côtes de l’Océan c’est-à-dire de 3 trois armées celle de l’Ouest, celle de des côtes de Brest et celle des côtes de Cherbourg pour « pacifier/mettre au pas » l’Ouest de la France (Vendée et Bretagne). Il adopte une tactique efficace contre la guérilla des Vendéens et signera le traité de La Jaunaye en février 1795 avec le Lieutenant Général Charrette. Pour les Chouans, il se fera beaucoup plus brutal et expéditif : Hoche sera prévenu d’un débarquement à Carnac (lieu de villégiature de nombreux Versaillais à l’heure actuelle… décidément on se refait pas !). Il fait repousser les débarquements britanniques et celui des émigrés dans la presqu’île de Quiberon (là où George Cadoudal réussira à résister). Il obtient alors le commandement de toutes les armées de l’Ouest. Prévoyant une seconde tentative des royalistes, il empêchera le débarquement de l’île d’Yeu. Puis il va désarmer méthodiquement la Vendée avec de violentes réquisitions et prises d’otages sans état d’âme. Le 16 juillet 1796, un message du Directoire annonce officiellement la pacification de la Vendée. Les représentants de la nation proclamèrent alors solennellement, par un décret, que « le général Hoche et son armée avaient bien mérité les honneurs de la patrie ». Par la suite, on lui offrira le Ministère de la Guerre qu’il refusera. Il décède en septembre 1797de la tuberculose à l’âge de 29 ans. Lazare Hoche est enterré à coté de Koblenz. La prochaine fois que vous passerez à Versailles au Château vous verrez comme cela d’un œil diffèrent certaines statuaires qui réservent parfois des surprises « historiques » inattendues. Marc André Venès Le Morvan Lazare Hoche Un héros singulier et clivant au Château de Versailles Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 12 En dépit d’un contexte économique morose, l’Office de Tourisme conserve son esprit créatif et lance de nouvelles Visites-Conférences de novembre à décembre 2020. Une belle occasion de découvrir ces propositions de visites culturelles, ludiques aux thématiques variées et adaptées à la saison. Une manière également de (re) découvrir la ville sous un autre regard en cette saison automnale … « Objectif Versailles » : promenez- vous avec un photographe professionnel dans le quartier historique de Notre Dame. Il vous initiera à la prise de vue des monuments de la ville … Une activité à partager en famille avec des enfants ou adolescents ! Rendez-vous le 29 novembre. Des visites « Nature » : pour ceux qui ont soif d’air et d’espace en cette année si particulière, ne manquez pas la promenade familiale à la découverte des arbres et fruits de la forêt intitulée « Automne créatif en forêt ». La forêt est aussi source d’inspiration : après une balade destinée à reconnaître les arbres mais aussi à les écouter…, un petit atelier de « land’art » vous sera proposé, pour créer votre propre composition au moyen des matières trouvées dans la nature... Une activité à partager en famille dans le bois Saint- Martin, aux portes du quartier Saint-Louis ! Visites en visio-conférences : L’Office de Tourisme poursuit ces visites initiées pendant le confinement, sur des thèmes toujours nouveaux à découvrir depuis chez soi : « Histoires d’eau à Versailles » en introduction à l’exposition du Musée du Lycée Hoche, « Chinoiseries et arts décoratifs au 18ème siècle », dépaysement garanti, une conférence exceptionnelle d’Elisabeth de Feydeau sur l’histoire de Versailles vue à travers celle des parfums (13 novembre), ou encore une conférence sur Elisabeth Vigée-Lebrun, célèbre portraitiste de Marie Antoinette le 11 décembre. Des visites familiales : pendant les vacances de Noël, des moments d’émerveillement vous sont proposés les dimanches à 15 h 00 avec la promenade contée « Contes et fables à Versailles », articulée autour de contes de Perrault (22 novembre et 27 décembre) ou avec la découverte de l’Académie Equestre et de la Galerie des Carosses le lendemain de Noël, le 26 décembre ! Des visites incontournables : L’Office de Tourisme poursuit ces visites qui suscitent toujours beaucoup d’intérêt : découverte des quartiers historiques Notre Dame et Saint Louis, Faits divers et enquêtes policières à Versailles, le Street Art (1er novembre), la Révolution et la Salle du Jeu de Paume (20 Décembre) sans compter des sujets plus ponctuels et tout aussi passionnants, comme la Chapelle du Lycée Hoche (20 novembre), la Préfecture (4 décembre), ou le Quai d’Orsay de Louis XV et Louis XVI (18 décembre). Retrouvez le programme en détail sur le site www.versailles- tourisme.com Durée des visites : 1 h 30 Une agréable façon d’admirer le patrimoine exceptionnel qui nous entoure et d’oublier ainsi, le temps d’une visite, les soucis actuels liés au contexte sanitaire. Isabelle CHABRIER De nouvelles visites conférences l’Office de Tourisme de Versailles De nouvelles visites conférences Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 14 SANTÉ+ La brasserie du Roi, à Versailles, est le lieu de partage et d’apprentissage. Nous avons rencontré Hugo et sa femme, Mélissa. Ronan absent, n’en est pas moins le troisième fondateur. L’endroit est épuré et chaleureux. Son aménagement n’est pas encore terminé mais tout est prêt pour qui veut déguster. Le confinement a freiné l’installation. Qu’importe, les ateliers connaissent un vif succès. Pourquoi s’être installé à Versailles ? Jeunes versaillais amoureux de la ville Royale, ils ont eu envie d’ouvrir une brasserie pas comme les autres et pourtant, parfaitement intégrée. Hugo nous explique : « Ici, les bières que l’on déguste, sont faites maison. Il n’y a pas d’autres ateliers comme celui-ci, sur Versailles. » Je l’entends nous parler de ce lieu et de ce qui s’y passe. C’est sûr, nous avons en face de nous un passionné, qui, à ses débuts, a commencé par un apprentissage dans une brasserie biologique dans le Vexin, qui était précurseur. Ce fut la révélation. La bière faite ici, est donc bio. Bio, non pas parce que le mot est à la mode mais parce qu’ils ont un véritable engagement. « On ne pouvait pas s’implanter sans cet esprit écologique ». La production se décline en 4 propositions : La Royale : aux écorces d’orange que l’on fait infuser directement. la Concubine : une blanche un peu amère, l’Impérial avec un peu d’amertume et les 3 Mousquetaires : sans doute, un clin d’œil à leur trio mais je m’avance peut- être ! Le projet, d’une bière à la figue en hommage à Louis XIV dont elle était le fruit préféré, se dessine. Ouverts à tous, les ateliers. L’expérience permet de réaliser sa production d’un jour. La formation dure 4 h. Il est proposé 5 choix de recettes de bière différente. Une bière blonde assez aromatique, une bière plus amère, une bière un peu plus corsé style Guines ou une rousse irlandaise. 20 litres ainsi préparés restent à la brasserie pendant 2 semaines pour fermenter puis, il faut revenir pour embouteiller. 40 bouteilles de 50 cl sont alors rapportées chez soi. Cette expérience est un voyage. La bière créée est une bière légère ou au contraire plus corsée. Au fait, comment se fait une bière ? « C’est à la fois simple et compliqué, nous explique-t-il. La matière première c’est le Malt qui de l’orge ou une autre céréale qui va germer pour créer de l’amidon : du sucre. On la dégerme puis on la torréfie ou on la sèche. On a une plante aromatique qui pousse partout dans le monde et qui va donner tous les arômes à la bière : l’amertume ou le côté floral c’est le houblon. Tous ces ingrédients vont être chauffés à des températures différentes, c’est l’empâtage. On filtre, on rajoute de l’eau. C’est en fait comme une recette de cuisine. Puis on fait bouillir pour stériliser le tout. On va retirer le malt et on retrouve des résidus du brassage des céréales qu’on appelle les drèches que les gens remportent chez eux pour faire du pain, des gâteaux. Un jus sucré arrive, auquel on rajoute des levures. Il va être transformer. Les levures vont, en fait, consommer le sucre qui va se transformer en alcool et donc en bière. C’est très étonnant car on finit avec un jus sucré, assez opaque et finalement pas très beau mais au bout de deux semaines on retrouve quelque chose qui a complètement changé. C’est de la chimie. Et parait-il, on peut même faire de la bière avec du pain rassit. Pour cela, on remplace l’un des malts de base avec du pain car comme il est très riche en amidon, cela fonctionne très bien Vivre cette expérience est sans doute l’un des rares moments de vie où l’amertume se ressent comme un goût de bonheur. Aussi, si vous projetez de brasser de l’air, je vous conseille vivement d’aller plutôt brasser de la bière ! Stéphanie Herter Instant V Si vous brassez de l’air, allez plutôt brasser de la bière ! Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 15 CITÉ+ Écrivain du pouvoir (« Scènes de la vie quotidienne à l’Élysée »), Camille Pascal, aujourd’hui conseiller spécial du premier ministre, Jean Castex, analyse pour Versailles+ les raisons du succès de son dernier roman « La chambre des dupes », et en dévoile, en exclusivité, quelques secrets de fabrication : Versailles+ : Quel a été le point de départ de « La chambre des dupes » ? Camille PASCAL : « Après « L’été des quatre rois », je ne voulais pas être catalogué écrivain du 19e. J’ai donc choisi l’époque du 18ème siècle à un moment de crise politique, L’un de ces moments où les individus doivent faire face à l’imprévu ». V+ : Diriez-vous que « La chambre du roi » tient plus du roman que du récit ? CP : « C’est l’éternel débat avec mes livres. Je ne le tranche pas. Je pense qu’il tient encore plus du roman que le précédent parce qu’à un moment donné, même si tout est vraisemblable et réel, il faut bien faire vivre les personnages ». V+ : Quel serait le personnage avec lequel vous aimeriez dîner ? CP : « Le duc de Richelieu, sans aucune hésitation ». V+ : Pourquoi ? CP : « Parce qu’il est la quintessence du XVIIIe siècle. Le duc de Richelieu, d’abord sa vie couvre tout le siècle, il ne meurt qu’en 1788 et avec une réelle présence d’esprit. J’en profite pour vous signaler que le duc de Richelieu et la duchesse de Châteauroux ont été les modèles des personnages de Pierre Choderlos de Laclos pour les « Liaisons dangereuses », c’est-à-dire respectivement Valmont et la Marquise de Merteuil et Valmont. J’ai voulu donner vie aux modèles des « Liaisons dangereuses » ». V+ : Qu’est-ce qui vous a pris le plus temps entre le temps de recherche des sources et d’analyse des sources ou le temps d’écriture en lui-même ? CP : « C’est évidemment le temps de recherche ; pour mes livres il y a toujours deux ans consacrés à la recherche et à l’accumulation des données et des sources et une année d’écriture. » V+ : Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous avez rendu les scènes aussi visuelles ? CP : « Chaque scène est un tableau du XVIIIe siècle, ce que peu, pour ne pas dire aucun critique littéraire n’a vu. Chaque scène est tirée d’un tableau célèbre, ou moins célèbre, du 18e. Je prends un exemple : au moment de sa faveur, la duchesse de Châteauroux, qui a cédé quelques jours plus tôt au roi, veut offrir des étrennes au roi. Pour cela elle fait fabriquer un almanach dont la reliure était en laque de chine incrustée des initiales royales en diamants, cela, c’est le fait historique. Ces cadeaux prestigieux étaient fabriqués à la demande par ce que l’on appelait les marchands merciers, « marchand de tout faiseur de rien ». Le grand marchand mercier qui est spécialisé en laque de Chine et du Japon c’est Gersaint, installé au Pont aux Changes, dans sa boutique qui s’appelle « La Pagode ». Sachant que le peintre Watteau a représenté dans l’un de ses tableaux l’enseigne de Gersaint, la scène de l’acquisition devient donc la description du tableau. Il m’a simplement suffi de donner une identité aux personnages représentés par Gersaint : la jeune femme qui porte une robe de satin rayé de gris et de rose qui est accoudée au comptoir de Gersaint, je me suis dit que ce serait la duchesse de Châteauroux. Et ce qui est extraordinaire c’est ce que je représente donc comme sur le tableau avec cette robe rayée, je l’ai ensuite retrouvé comme une pièce de la garde-robe de la duchesse de Châteauroux. Il y a une chose qui m’a toujours frappé, c’est cette phrase de Visconti qui dit quand il a tourné le Guépard, il a demandé que même dans les commodes il y ait du linge, et il disait : « le spectateur ne verra jamais que les commodes étaient remplies de linge de maison, mais moi je le sais ». Eh bien pour mes livres c’est la même chose, le lecteur ne verra jamais que j’ai reconstitué à l’identique le parcours que la duchesse de Châteauroux devait emprunter pour rejoindre, par exemple, les petits appartements de Louis XV, la salle à manger, le nombre de marches, il ne le verra jamais, mais pour moi c’est important ». Camille Pascal Un roman d’amour et de Cour Camille PASCAL à la Galerie Pellat de Villedon, 3 rue du Bailliage à Versailles Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 16 CULTURE + V+ : Comment avez-vous eu accès à soixante- quinze lettres inédites de la duchesse de Châteauroux ? CP : « Cela a été la grande découverte pour ce roman : On savait qu’une partie de la correspondance entre la duchesse de Châteauroux et Richelieu avait été conservée. Cela est cité au XIXe siècle par les frères Goncourt. A Rouen, en effet, il y avait quelques lettres, mais qui m’ont paru être plutôt des copies du XIXe siècle que des lettres originales. Mais dans une autre référence ils (frères Goncourt) parlent de la bibliothèque Victor Cousin, intégrée à la Sorbonne. Comme il faut toujours aller aux sources, même si ce sont les frères Goncourt, je suis allé voir ces lettres (originales). Et là, je me suis rendu compte qu’il y avait des registres différents, il y avait en effet des copies, et c étaient bien les lettres utilisées par les Goncourt. Mais surtout je me suis rendu compte qu’il y avait un carton avec tous les originaux et dans ces originaux, s’il y avait des pièces qui correspondaient aux copies, d’autres qui étaient totalement inédites. Le conservateur m’explique que très certainement les Goncourt ont consulté dans les archives de la famille de Richelieu, mais que la famille ne les a pas laissés tout voir. Quand le dernier duc de Richelieu est mort en 1950 et qu’il a donné la totalité des archives de la famille à la Sorbonne parce que la Sorbonne était une fondation du cardinal de Richelieu, eh bien elles m’attendaient depuis 1950 ! » V+ : Le style dans lequel vous arrivez à écrire donne l’impression que c’est un chroniqueur de l’époque de Louis XV qui nous raconte l’histoire ? Comment avez-vous réussi à trouver ce style de chroniqueur de l’époque ? CP : « Tout d’abord, je baigne dans la littérature du XVIIIe siècle depuis que j’ai 15 ans. D’autres préfèrent le rap, mais moi à 15 ans ce que j’aimais c’est la littérature galante, les petits-maîtres du XVIIIe siècle, que ce soit Choderlos de Laclos, Mercia, Hamilton, Crébillon fils, enfin des noms aujourd’hui oubliés mais qui m’ont nourri. Et puis pendant les deux ans de recherche, je ne fais que lire des mémorialistes, des souvenirs, des correspondances, et je fais extrêmement attention à ne pas me faire contaminer par une autre écriture ; c’est de l’ordre du sacerdoce car je m’interdis toute autre lecture. Mais du coup entre les souvenirs et une fréquentation quasiment quotidienne, ce style s’impose. Il s’impose par ce que l’écriture est ainsi faite que l’on se demande qui dicte à travers votre cerveau, parfois je me suis même demandé si la duchesse de Châteauroux et le duc de Richelieu n’étaient pas un peu autour de moi. C’est quand même très étonnant cette histoire de la robe que j’invente, que j’emprunte à Watteau et que je retrouve comme réelle ! ». V+ : Qu’est ce qui explique le succès très important de ce livre, est-ce l’attitude d’exigence vis-à-vis du lecteur ? CP : « Je pense que le lecteur, contrairement aux critiques parfois, ne vous en veut jamais de l’amener très loin. En revanche, il peut vous reprocher de ne pas être accessible. Ce que j’essaie donc de faire c’est de l’amener très loin, et, au fond, même si lui ne voit pas, ne se rend pas compte de l’immense travail de précision, cela m’est égal. Mais vous savez il y a une chose qui m’a beaucoup frappé, parce que je vous avais dit que mon écriture était visuelle, voire télévisuelle, voire cinématographique, c’est vrai, ce que j’essaie de faire, c’est d’être vraiment un regard du temps, c’est-à-dire de n’avoir aucun jugement et de ne pas être l’homme du vingt et unième siècle qui regarde de haut. Et ça, je crois que les lecteurs l’apprécient. Après, à eux de décider. Ce qui est amusant dans « L’été des quatre rois » qui est mon précédent livre, certains me disent « vous avez été très dur pour la monarchie », d’autres me disent « vous êtes un monarchiste », ça veut bien dire que j’ai laissé à chacun le soin de pouvoir s’emparer de l’histoire et au fond c’est cela le génie de la littérature ! » V+ : Vous dressez un portrait très attachant et nuancé de Louis XV ? CP : « Vous le trouvez attachant et nuancé, d’autres m’ont dit « Louis XV n’en sort pas grandi ». Donc vous voyez c’est ça qui est extraordinaire : Comme j’essaie de coller au plus près de la réalité, avec les bribes et les restes que l’histoire nous a laissé, je n’ai jamais conversé avec Louis XV. Mais j’en ai restitué quelque chose, bien que ce soit un personnage mystérieux, très secret ». V+ : Quelle est selon vous la scène du livre qui soit la plus aboutie ? CP : « Une scène que j’aime beaucoup, car c’est une des rares scènes d’extérieur, c’est l’accident lorsqu’un palefrenier tombe du carrosse et se fracasse le crâne contre une borne en forêt de Fontainebleau et que le roi fait arrêter le carrosse, descend pour réciter les prières, en demandant aux femmes qui l’accompagnent de rester loin, et qu’il joue là son rôle de roi, mais aussi de maître de maison, car c’est quelqu’un de la maison Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 17 CULTURE + du roi qui est mort. Mais où l’on voit aussi, au fond c’est l’un des seuls moments où le roi est approché par des gens qui ne sont pas la Cour, car dans la forêt au XVIIIe siècle vous avez un monde fou, c’est un monde plein, vous avez des voyageurs, des marchands qui traversent, des braconniers, des forestiers, des paysans qui glanent le bois. J’imagine donc cet attroupement de sujet autour de ce roi vêtu somptueusement, qui a dû leur apparaître comme mieux habillé que l’archange Gabriel qui est dans leur église. Roi, qui en quittant le cadavre de son serviteur, monte dans le carrosse en disant cette phrase : « Mais mes malheurs ne cesseront donc jamais » et où l’on voit aussi l’immense égocentrisme du personnage, mais qui est consubstantiel d’un roi de France ». V+ : Qu’est-ce que ce moment du XVIIIe siècle aurait à apporter à notre période contemporaine ? Est-ce que cette époque aurait quelque chose à nous dire ? CP : « Le passé ne nous dit rien d’autre que les hommes et les femmes sont les hommes et les femmes. C’est pour ça que l’histoire et la littérature permettent d’apporter au lecteur des vies disparues ou des vies qui n’ont jamais existé dans lesquelles il se retrouve, malgré l’étrangeté. Ce qui peut nous apporter le XVIIIe siècle, même si c’était pour une élite extrêmement ténue, c’est le raffinement et l’élégance mis en toute chose. Voilà des hommes et des femmes qui se protégeaient de la peur de la mort par une attention que nous n’avons plus, à la beauté des choses. Parce qu’aujourd’hui il y a des gens très riches qui s’entourent de luxe, est-ce pour autant de la beauté ? Ce qui est extraordinaire au XVIIIe siècle c’est que la beauté et le luxe ne sont qu’une seule et même chose. En gros, il n’y a pas de mauvais goût ». V+ : Alliant la rigueur de l’historien à la plume de l’écrivain inspiré, n’avez-vous pas créé un nouveau genre en soi ? CP : « C’est ce que m’a écrit le président Giscard d’Estaing : Monsieur, vous venez de créer un nouveau genre. Effectivement il pourrait s’agir d’un néoréalisme historique, mêlant des faits exacts, des chansons et des correspondantes inédites avec les artifices de la littérature ». V+ : Peut-on dire que le fil directeur de vos romains c’est le pouvoir ? CP : « Je suis un écrivain du pouvoir, c’est incontestable. C’est mon expérience du pouvoir qui m’a permis d’écrire, c’est aussi ma différence avec d’autres écrivains, moi j’ai une expérience ontologique, personnelle du pouvoir, de sa structure, de ses permanences ». V+ : Quel est votre prochain sujet de roman ? CP : Mon prochain sujet restera dans le XVIIIe siècle, pour l’instant j‘essaye de voir si je peux vraiment construire quelque chose, mais j’ai vraiment envie d’écrire un livre sur la Régence ». Propos recueillis par Cyriaque BENOIST et Olivier CERTAIN, à la Galerie Pellat de Villedon Camille Pascal : Un roman d’amour et de Cour > L’association Écrire à Versailles a décidé d’organiser un concours de poésie ! Il est ouvert à tous petits et grands habitants de Versailles Grand Parc. Vous avez jusqu’au 15 novembre minuit pour nous envoyer votre poème à contact@ecrireaversailles.fr Pourquoi un concours de poésie ? Sans doute la période que nous vivons, manque de poésie! Sans doute aussi, on a du mal à faire rimer les mots de nos cœurs avec joie, légèreté, bonheur. Là où l’on est un peu sommer de ne plus faire, il existe le « sonnet » Là où l’on ne peut plus se balader au clair de lune, il existe la « ballade » Si l’humour n’a plus notre humeur, il existe le « calembour » Osons les métaphores pour embellir nos vies! La poésie est un cadeau des mots. L’Art ne doit pas survivre mais vivre quoiqu’il arrive!, il se manifeste sous toutes ses formes. L’Art est l’essence et le sens de la vie qui donne à l’humain sa dimension spirituelle. Ressentir est vibrer et bien la preuve que nous sommes vivants. L’Association Écrire à Versailles souhaite maintenir les liens sociaux par les échanges dans le respect des gestes barrières qui malgré leur présence peuvent nous transcender : au-delà des liens physiques, existent les liens du coeur qui rassemblent et assemblent. A vos âmes, prêts, vibrez! Le thème est LA VIE Les 5 lauréats seront invités à déclamer leur poème le Dimanche 29 Novembre De 10h à 12h Au Salon de thé, 5 rue du Baillage 78000 Versailles Catherine Laskine maîtresse des lieux nous y accueillera de ses thés, de ses parfums! Lieu chaleureux si propice au bien-être ! Et nous en avons bien besoin! Poétiquement Vôtres! Stéphanie HERTER Présidente Écrire à Versailles Concours de Poésie organisé par Ecrire à Versailles Les valeurs d’un Club Presque 8 mois depuis les dernières anecdotes et les aventures du RCV dans ce magazine. En mars, l’équipe de France venait de gagner ses 3 premiers matchs dans le Tournoi des VI Nations avec un jeu emballant et un french flair retrouvé. Le pays respirait un air de liberté, à peine troublé par un virus arrivé à pied par la Chine. 8 mois plus tard, 2 confinements auront mis le sport amateur, comme l’économie d’une manière générale, et nos habitudes sur pause. Dans ce contexte inédit, exceptionnel, il nous faut ré inventer les moyens de rester au contact. D’être au soutien de tous et de chacun. En résumé, appliquer les valeurs de notre sport en dehors du terrain. Plus que jamais, vivre et partager. Faire preuve de solidarité, appliquer les consignes. Pour les plus pessimistes, mener un combat tous ensemble. Artistes immobiles, des enfants de l’école de rugby aux Seniors, en passant par le Pôle Jeunes, les vétérans, les féminines et le rugby loisir à toucher, toutes et tous doivent respecter les valeurs du Club. Et se faire les ambassadeurs silencieux d’un état d’esprit et d’une culture du jeu. Dans son salon. Le physique s’arrête mais l’esprit demeure Au rugby, c’est souvent le jeu sans ballon qui fait basculer une action et le sort d’un match. Au soutien ou en leurre, au contact ou en option envisageable, c’est la manière des coéquipiers de se positionner et de se rendre disponible pour la continuité de l’action. Dans notre quotidien de 2020, toutes et tous jouent sans ballon. Toutes et tous se rendent disponibles par le jeu sans ballon. Évidemment, le sport n’est pas vécu, ressenti pareil. Le sport confiné est une activité physique qui souffre de claustrophobie. Mais l’esprit demeure. Grâce aux nombreux outils techniques et digitaux à notre disposition, nous faisons perdurer l’esprit du rugby, du club et le lien indéfectible qui lie les équipes à leur encadrement. Sans ballon, sans terrain, dans les difficultés, les bleus et blancs font perdurer une certaine idée du beau jeu. Échangent en visioconférence, inondent les réseaux sociaux d’idées légères et de bonnes intentions. Solidarité, résilience et performance Nous le savons, cette période si particulière s’achèvera un jour. A l’heure actuelle, nous ne savons ni quand ni comment. Mais nous saurons en sortir différents, peut-être meilleurs. La frustration de la privation et l’esprit d’équipe feront le reste. Un match de rugby se gagne à plusieurs, par la somme des individualités. Chaque joueur et joueuse versaillais s’y prépare déjà. Avec le soutien de nos Partenaires, celui des familles et des bénévoles, par le dynamisme des encadrants, la formation versaillaise et le jeu bleu et blanc vous donnent rendez- vous à Porchefontaine très bientôt. Pour que les courses de soutien sans ballon n’aient pas été vaines, ni dénuées de sens. #fairepartiedelHistoire #hautslescoeurs L’importance du jeur sans ballon Ve r s a i l l e s + N°130 - Novembre 2020 20 SPORT+
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Exposition virtuelle sur le site evenbd.com L’Épervier se pose à Versailles A l’occasion de la sortie le 29 octobre du nouveau tome de l’Épervier, « la princesse indienne », une exposition inédite sur le travail du dessinateur Patrice Pellerin devait se tenir à la galerie La Fontaine dans les...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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