vendredi 11 septembre 2026

Versailles Plus
Les Fantômes De Versailles
ActualitésActualités

Les Fantômes De Versailles

Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 24 CULTURE + Louis-Auguste de Bourbon est « Le duc du Maine, le fils préféré de Louis XIV », cette biographie inédite écrite par un jeune auteur Pierre-Louis Lansel, historien de formation nous fait découvrir un personnage méconnu, au rang et à la vie hors...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2023 à 00:000 vues

Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 24 CULTURE + Louis-Auguste de Bourbon est « Le duc du Maine, le fils préféré de Louis XIV », cette biographie inédite écrite par un jeune auteur Pierre-Louis Lansel, historien de formation nous fait découvrir un personnage méconnu, au rang et à la vie hors du commun. Ceux qui écoutent Franck Ferrand à la radio connaissent déjà la prose de Pierre-Louis Lansel puisqu’il est depuis 7 ans l’auteur des textes de son émission « Franck Ferrand raconte » tous les jours sur Radio Classique. C’est en lisant « L’Allée du roi » de Françoise Chandernagor que le jeune homme découvre le personnage du duc du Maine (1670/1736) et sa vie si particulière. Il décide plus tard, après ses études d’histoire, de lui consacrer une biographie, chose qui n’a jamais été faite en France à ce jour. « Sa vie est un roman vrai » De part sa position très spéciale, Louis-Auguste de Bourbon est en effet l’enfant de Madame de Montespan et de Louis XIV, fils aîné de ses enfants illégitimes. « Fils de Louis XIV et bâtard, c’est une contradiction vivante pour ses contemporains » explique l’auteur. Louis XIV qui n’a plus qu’un seul héritier légitime, aime ses enfants illégitimes, il confie leur éducation à Madame Scaron, future Madame de Maintenon, pour laquelle le souverain éprouvera de l’estime puis de l’amour. Le jeune garçon est un peu le catalyseur entre les deux personnages, il a 13 ans lorsque sa mère biologique est évincée de la cour. Toute sa vie, le jeune duc est tiraillé entre Madame de Montespan et sa gouvernante. La raisonnable Madame de Maintenon aura sa préférence, elle s’occupe de lui comme une mère, le soigne, l’accompagne en cure, l’enfant souffre d’un handicape et boîte malgré les traitements. Bref ils vont s’aimer comme une mère et un fils. Pourquoi le préféré ? Tout d’abord, l’enfant est ravissant et plein d’esprit, ses remarques sont d’ailleurs relatées par Madame de Sévigné, sa santé fragile le rend encore plus attendrissant, on l’appelle « le Mignon », c’est tout dire. « Louis XIV veut faire de lui un vrai prince, (lui et ses frères et sœurs sont légitimés), et tente d’effacer peu à peu la trace de la bâtardise, mais en vain. Ce sera le défi de la vie du duc du Maine, devenir un « vrai » prince, mais c’est perdu d’avance. Aux yeux de la société de cour, un statut de prince pour un enfant issu d’un double adultère est proprement impensable ». Tout au long de la vie de son père, il n’aura de cesse de tout faire pour lui plaire et s’en rendre digne. A la lecture de cette biographie, on comprend ce qui a suscité l’intérêt de son auteur, la vie du duc du Maine est romanesque en diable, pleine de rebondissements et ferait un film formidable. Véronique Ithurbide Pierre-Louis Lensel « Le duc du Maine, le fils préféré de Louis XIV » éditions Perrin Le chouchou de Louis XIV ! Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 25 CULTURE + C’est un accomplissement pour cette ancienne avocate, de créer un véritable lien culturel entre la Mauritanie et Versailles. Elle présente aujourd’hui sa première collection de « Robes de l’Adrar » et se raconte dans Versailles+. Olivier Certain : Quel est votre parcours ? France Maubert : À l’âge de cinquante ans, mes devoirs de mère de famille accomplis, j’ai dû prendre la décision de me détourner du métier d’avocat, pour œuvrer autrement avec des moyens plus féminins et surtout, en accord avec ma fibre artistique. Ceci sous le choc de la perte de mon fils aîné, décédé à 23 ans, le 5 juin 2011. Il faut parfois des chocs terribles pour prendre les décisions les plus courageuses, sans retour possible. Le hasard de la vie et l’attention de mes amis les plus proches dont deux médecins humanitaires m’ont permis la rencontre « fatale » avec la Melafa (Melhfa), ce voile de coton de 5 mètres de long avec lequel les femmes mauritaniennes s’enroulent, choisissant les couleurs indéfinies de leurs décors, au gré de leurs humeurs. Il me fallait comprendre comment rattacher cette industrie qui réussit par magie à maintenir et enrichir la complémentarité des ethnies de ce pays, à notre besoin urgent, en France, d’offrir des solutions nouvelles pour retrouver optimisme et dignité, à l’aube de ce nouveau monde brassé qui nous bouscule. Les Mauritaniens aiment leur Désert, ils peuvent nous parler de leur sens de la Terre et des liens humains extraordinaires qui s’y tissent. OC : Vous êtes passionnée par la culture mauritanienne ? FM : J’ai été immédiatement envoûtée par le talent diplomatique et la patience de ce peuple nomade de Mauritanie. La République islamique de Mauritanie n’a que la ferveur spirituelle pour marquer son rattachement à l’Islam, je peux en témoigner. Les demeures en torchis blanchies à la chaux où se faufilent boubous et voiles, ont pour la plupart leur poste de télévision, comme les téléphones mobiles sont dans toutes les poches ou sacs à main. Certes, il ne s’agit pas d’iPhone, mais d’outils recyclés, souvent en panne et indéfiniment réparés qui permettent l’utilisation de WhatsApp ! Ainsi, les Mauritaniens nous surveillent de leur désert, avec recul, vigilance et compassion, je vous assure. Par chance, c’est dans la ville d’Atar que j’ai atterri, base militaire occupée par les armées françaises et mauritaniennes qui ont agi de concert contre le terrorisme au Mali. Le Massif de l’Adrar non loin de la frontière malienne ne compte que quatre portes militairement gardées. Cette ville historique d’Atar située au trois-quarts nord du pays, est à deux heures de Chinguetti elle-même encore bien loin de la frontière malienne. Atar se développe, elle va avoir son hôpital pluridisciplinaire dont j’ai vu la construction en mai 2022 et a reçu l’implantation d’une usine de conditionnement de dates. Elle a ses trottoirs et sa propreté contraste avec la capitale de Nouakchott surpeuplée, néanmoins passionnante. J’avais donc sécurité, complicité et bienveillance pour fonder le projet avec la Mauritanie. OC : Comment vous y prenez-vous pour travailler cette collection ? FM : Je dois aller choisir les voiles sur place pour assurer leur qualité. Il me faut un tissage serré pour un rendu optimal. Les voiles constitués de deux lés cousus tout du long de 5 mètres sur 70 cm proviennent d’Inde en version d’un blanc immaculé. Ce sont les femmes maures qui maîtrisent la technique du batik qui s’occupent de les préparer avant teinture, resserrant le tissu à l’aide de nœuds en rosaces avec toutes les variantes dont elles ont le secret. Puis, les voiles sont transmis aux femmes du fleuve aux confins du Sénégal au sud qui gèrent les teintures avec un sens inouï de l’association des couleurs ; les étoffes brodées et nouées sont donc plongées dans de grandes bassines qui contiennent les eaux pigmentées, puis étendues au soleil, les nœuds décousus. Alors se révèle le décor, magnifié avec l’enduit de gomme arabique passé au pinceau qui donne cet apprêt distingué et facteur de grâce pour les gestes des femmes. Tous les tests ont été faits depuis dix ans sur ces voiles dont les couleurs ne dégorgent pas au lavage. Leur finesse exige un lavage doux dans une eau qui ne dépasse pas 20 degrés. Aussi, eu égard aux doublures « Les Robes de l’Adrar » de France Maubert Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 26 CULTURE + des confections, toutes de textiles nobles comme principalement la soie que je propose de réhabiliter. Le lavage à l’eau tiède redonne alors gonflant et fraîcheur. La chaîne artisanale est l’intérêt humain et artistique de ma collection. Dès 2010, j’avais établi la ligne verticale dont je ne déroge pas pour relier le projet à l’Ouest. Aujourd’hui, un réseau de couturières à Versailles étire la ligne qui devient : Versailles, Nogent-le- Roi, Meymac & Salers (Corrèze-Cantal), Portugal (pour le développement) et Atar (Mauritanie) pour la source intarissable du projet. Ainsi, j’assure économie de temps, affinités géographiques et souplesse pour les acteurs du projet. Je voulais m’inscrire dans un temps long. Voilà que le monde s’accélère, alors j’agis pour avoir le temps de l’expliquer, de le développer ou de le transmettre. Je vous attends avec bonheur à la galerie de Richard Bousquet qui a permis cette exposition. « Tel un ver luisant, les Robes de l’Adrar se faufilent portant grâce et patience, pour l’amour des Peuples. » Exposition « Les Robes de l’Adrar » Galerie Richard Bousquet, 13 passage de la Geôle Versailles jusqu’au 15 janvier 2023 Plus d’informations : maubertfrance21@ gmail.com Propos recueillis par Olivier Certain

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

Petit Page

The Little Page

Versailles Assistant

💡 Suggestions: