Mes rêveries me laissent des souvenirs amers, De vastes étendues de vide et de merveilles, D’immenses prairies creuses et de lacs austères, Gris comme les nuages qui hantent mon sommeil. Parfois, la nuit j’effleure les douces voluptés Des plaisirs de la vie, l’art, l’amour et le beau, D’une chair à étreindre, d’une bouche à baiser D’un soleil qui réchauffe sans brûler notre peau, Mais la plus élégante de toutes les folies Ne saurait égaler le miracle passé, Dont il ne restera que des photographies, D’une nature exsangue, savamment orchestré. Jamais lasse, j’ai joui des trésors et des charmes Qui, à portée de main, rassasiaient mes envies Et délectaient mes sens. Ô quelles puissantes armes ! Que de richesses perdues et tuées, et ravies ! Je considère, coupable, l’épaisseur de l’oubli Dans lequel je me noie, inutile et prostrée, Les couches entremêlées, de honte et de mépris, Qui chaque jour étouffent nos âmes condamnées. Caroline Denne
L’Insignifiance De Nos Vies
Mes rêveries me laissent des souvenirs amers, De vastes étendues de vide et de merveilles, D’immenses prairies creuses et de lacs austères, Gris comme les nuages qui hantent mon sommeil. Parfois, la nuit j’effleure les douces voluptés Des plaisirs de la vie, l’art, l’amour et le beau, D’une chair à...
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