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Mai 2018 - N°108
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Mai 2018 - N°108

15 plaisir du roi. La plus célèbre fut Louise O’ Murphy, 16 ans en 1753 quand elle tombe enceinte du monarque et qui a trouvé récemment son biographe (Camille Pascal - le goût du roi – Perrin 2012 ). Elle et ses trois sœurs n’avaient rien d’innocent : établies par leurs propres parents comme...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2015 à 00:003 vues

15 plaisir du roi. La plus célèbre fut Louise O’ Murphy, 16 ans en 1753 quand elle tombe enceinte du monarque et qui a trouvé récemment son biographe (Camille Pascal - le goût du roi – Perrin 2012 ). Elle et ses trois sœurs n’avaient rien d’innocent : établies par leurs propres parents comme prostituées de luxe, elles sont alors connues par le tout Paris du dévergondage. Les rondeurs de l’une de ces « Irish sisters » (Louise ou une autre) eurent même les honneurs d’un fort célèbre tableau de Boucher, aussi beau qu’éloquent ( *). A coup sur,une publicité de premier ordre … (*) Daté de 1752, il a été conservé en deux versions, respectivement, la plus belle à la Pinacothèque de Munich et l’autre au musée de Cologne. La légende, une de plus, veut que Louis XV vit d’abord le tableau et le trouva si prometteur qu’il réclama l’originale. Casanova dans ses Mémoires prétend avoir joué lui même le rôle de l’intermédiaire amateur d’art …. Au point ou l’on en est … Outre donc qu’il n’y a naturellement pas trace là dedans de pédophilie, on aura compris que le monarque ne se déplaçait pas la nuit, déguisé, dans les rues de Versailles comme un vulgaire bourgeois libidineux, qu’il n’y avait pas plus de ‘ parc ‘ que d’orgies (en revanche, certains hauts personnages avaient bien une « maison de plaisir » dans le quartier, pas de fumée sans feu...) et qu’enfin la très huppée et raffinée Pompadour n’avait pas vraiment le profil d’une mère maquerelle, à la différence, du reste, du premier valet du roi, Dominique Lebel qui outre ce talent particulier de barbeau, avait été l’amant de la mère de la Pompadour… Enfin, on n’a aucune certitude sur la destination de la fameuse maison de la rue St Médéric, revendue en 1771. Comment de telles inepties ont-elles donc pu néanmoins prospérer et eurent, de plus, la vie dure au point d’imprégner encore la plupart des ouvrages récents, toujours enclins à glisser sur la pente du sensationnel et à prendre pour argent comptant bien des ragots de témoins d’alors ? La cause majeure en est évidemment la même qui fait vivre notre presse people : le fantasme de la corruption des élites dont on se repaît en principe pour s’en indigner, en fait s’en pourlécher. Mais en l’espèce, l’affaire n’est pas née dans des salles de rédaction. Elle a été montée, instrumentalisée, entretenue, par le clan de la Cour hostile à la « banquière libérale » Pompadour, aux Lumières, aux concessions aux puissances protestantes. Le clan, animé par Louis le Dauphin du Viennois ( * ), voulait la peau de « cette salope », quitte à salir le roi lui même. Tous les coups étaient permis et l’on savait que le bon peuple, aguiché par ses « révélations », suivrait, qu’un jour ou l’autre le roi devrait céder et chasser l’intrigante qui, rugissait - on, « faisait la politique de la France » (autre mythe coriace démonté en 1928 par P de Nolhac ) … Mais il ne céda guère. Cependant dès 1756, le renversement des alliances en faveur de l’Autriche de Marie Thérèse marqua la victoire du parti dévot et plus encore, après la tentative d’assassinat du roi début 1757 par un déséquilibré, la répression ouverte contre les auteurs des Lumières et notamment leur Encyclopédie. (*) Epoux depuis 1747 de Marie Josèphe de Saxe ; le couple donna trois futurs rois de France (Louis XVI, Louis XVIII et Charles X), orphelins d’une dizaine d’années après les décès successifs de leur père (1765) puis de leur mère (1767). Le grand déballage avait été payant. Cependant notre très vertueuse alliance autrichienne mena à la désastreuse guerre de sept ans, conclue en 1762 par le terrible traité de Paris, avec la perte du Canada, des Indes françaises et la domination durable des nations protestantes sur le monde occidental. Enfin le pouvoir des rumeurs se retourna plus tard contre leurs auteurs : la fille de Marie Thérèse d’Autriche, Marie Antoinette, devint reine de France mais assaillie à son tour de rumeurs et de calomnies, elle fut victime jusqu’à la mort de ses insanités qui avaient couvert d’une boue persistante Louis XV et sa trop sublime maîtresse. Illustration tirée des Chroniques du XVIIIème siècle HISTOIRE

Source : Archives PDF VersaillesPlus

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