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Mai 2018 - N°108
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Mai 2018 - N°108

17 de 27.559 francs de l’époque et remerciait les généreux et nombreux bienfaiteurs parmi lesquels nous relevons : les curés de Saint-Symphorien et de Notre-Dame, le maire Ovide Rémilly, M. Lambinet, l’architecte Blondel, le proviseur du lycée, le docteur Despagne qui créera plus tard la Maison...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2015 à 00:003 vues

17 de 27.559 francs de l’époque et remerciait les généreux et nombreux bienfaiteurs parmi lesquels nous relevons : les curés de Saint-Symphorien et de Notre-Dame, le maire Ovide Rémilly, M. Lambinet, l’architecte Blondel, le proviseur du lycée, le docteur Despagne qui créera plus tard la Maison Despagne, et bien d’autres. Les travaux commencèrent aussitôt, au ‘dépôt de mendicité’ on préféra la dénomination de « Maison de Providence contre la mendicité. ». Elle fut inaugurée en 1846 et sa direction confiée à trois sœurs de la Congrégation des Filles de la Sagesse qui avaient déjà une maison rue de Grand-Montreuil. A l’époque, la maison se trouvait à la limite des dernières maisons de Versailles, pour ainsi dire à la campagne, entourée de champs, de vergers, de primeurs. On la décrivait « favorisée par un air salubre, à proximité des bois ». Elle se constitua un jardin et un potager. Les voies ferrées ni le pont des chantiers n’existaient encore. C’est alors que durant deux ans, le quartier fut bouleversé par les travaux de construction de la nouvelle ligne de la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest venant de Montparnasse. La construction du pont de pierre des Chantiers et de la gare ôta à La Providence son aspect campagnard. La Compagnie expropria une partie des terrains qu’elle venait d’acheter. Puis au fil des années, à chaque agrandissement des voies, en 1878, 1884 puis 1914, de nouvelles expropriations amputèrent progressivement ce qui lui restait. En cette fin de siècle les mentalités et la société évoluaient. Très vite on commença à y accueillir les vieillards les plus démunis. La mendicité n’était plus le problème de la ville. La Providence se transforma en maison de retraite. En 1869 on inaugura la chapelle et en 1870, quand les prussiens envahirent Versailles, la maison accueillait 90 pensionnaires. En 1882, on l’agrandit d’un deuxième étage et en 1914, à la veille de la grande guerre, elle hébergeait 113 pensionnaires et était dirigée par douze sœurs. Le confort était spartiate. L’éclairage fonctionnait avec d’antiques lampes à l’huile jusqu’en 1914. Elles furent remplacées par des lampes à gaz et l’électricité n’y fut installée qu’en 1936. Depuis sa création, La Providence n’était pratiquement financée que par des legs et des dons de particuliers, témoignant d’une générosité populaire constante tout au long du 19° siècle. En 1901, Madame Françoise Henriette Eugénie Lépine, vivant parcimonieusement au 14 rue Carnot, légua à la Municipalité la totalité de sa fortune qui était importante « à charge de construire une maison de retraite pour vieillards ». la municipalité ne l’utilisa pas avant plusieurs années. Après la guerre, on constata une raréfaction des bienfaiteurs à tel point qu’à la veille de 1940, l’association qui la gérait se trouva régulièrement en déficit. En 1943, en plein milieu de la guerre, l’association dut accepter le principe d’une fusion avec le Fonds Lépine, fusion qui fut ajournée par les évènements. En 1944, le 24 juin au matin, le quartier des Chantiers fut bombardé faisant 324 morts à l’heure d’affluence des voyageurs partant au travail. Plusieurs bombes tombèrent sur la Providence, dans la rue, dans la cour et le jardin. L’immeuble fut ébranlé, la cuisine et la buanderie écrasées, portes et fenêtres arrachées, toitures soufflées, mais il n’y eut aucune victime. Les vieillards qui l’habitaient furent hébergés par la Solitude et les Petites Sœurs des Pauvres. Abandonnée pas ses locataires, la maison fut littéralement pillée. En butte à de graves difficultés financières depuis déjà tant d’années, la Providence faillit être dissoute. Quelques réparations lui permirent de se maintenir jusqu’en 1983. Mais quand les sœurs quittèrent la Providence, la municipalité décida de la reconstruire entièrement. Le nombre croissant de personnes âgées, handicapées par l’âge ou la maladie, nécessitait une médicalisation et une modernisation de l’hébergement. Le Fonds Lépine issu de la donation de la veuve Lépine, géré par la ville et le nouveau CCAS, est utilisé pour la construction de la nouvelle Maison de Retraite Lépine- Providence, inaugurée en 1989. Ce sont ces bâtiments à nouveau rénovés, modernisés et complétés de services nouveaux qui ont permis la création de l’EHPAD LEPINE-PROVIDENCE, inaugurée en janvier. Claude Sentilhes Sources : Jean Vatus, histoire de la Maison de Providence de Versailles.1991. Ed. APIL. Versailles. / J. Royen. Versailles, le quartier des Chantiers et son histoire.2008. Rapport Groupe de recherche. UIA. / J.A. Le Roi, Histoire des rues de Versailles.1861. pp 558-559..

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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