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Mai 2018 - N°108
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Mai 2018 - N°108

24 CULTURE L ’exposition présentée dans l’écrin des cinq salles des Affaires étrangères allie, pour évoquer cette ère du cheval triomphant, à des pièces tirées des collections municipales les plus beaux objets de la collection privée de la maison de sellerie Hermès. Plus exactement d’Emile Hermès,...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2015 à 00:002 vues

24 CULTURE L ’exposition présentée dans l’écrin des cinq salles des Affaires étrangères allie, pour évoquer cette ère du cheval triomphant, à des pièces tirées des collections municipales les plus beaux objets de la collection privée de la maison de sellerie Hermès. Plus exactement d’Emile Hermès, petit fils du fondateur qui dirigea la firme de 1916 à 1951 et opéra notamment sa diversification vers les sacs en 1935 puis les fameux « carrés» de soie en 1937. Dès la première salle, dite des puissances d’Italie, on mesure à quel point le luxe et l’art furent alors associés au cheval : monnaies et médailles, dont celle du passage de Bonaparte au St Bernard ou un très beau franc d’or équestre de Jean le Bon, harnachements de gala Hermès pour le comte de Chambord, le tsar Nicolas II, les présidents de notre IIIe République… En la salle des puissances d’Allemagne, c’est tout le savoir de l’art équestre qui est évoqué, quand il prend, en matière civile et non plus seulement militaire, sa place dans l’éducation noble de type renaissant aux cotés de l’escrime et de la danse. Un initiateur : le maître Antoine de Pluvinel, dont le « manège royal » est installé prés des Tuileries sous Henri IV. Le point sans doute culminant fut atteint sous Louis XV au travers du traité d’Equitation de Montfaucon de Rogles ou de l’Ecole de cavalerie de François Robichon de la Guérinière. Aux planches déployées de leurs magnifiques ouvrages s’ajoutent celles d’hippiatrie et d’hippotomie de l’âge classique, en particulier le planches de van der Meulen, repéré par Lebrun et appelé à la Cour pour sa maitrise de cette spécialité. La salle de France, parée comme on sait en permanence d’un majestueux portrait de Louis XV, célèbre les fastes équestres du roi Soleil, dont les carrousels, somptueux défilés costumés et « courses de bagues et de tètes », venus d’Italie. L’exemplaire personnel du roi des gravures rehaussées de gouache figurant le Carrousel de 1662 est aussi beau qu’émouvant. Les Ecuries royales, construites en 1679 -82, sont largement évoquées. On passe ensuite, dans les deux dernières salles, au XIXe siècle. Napoléon III était bien présent dans la collection d’Emile Hermès. On peut ainsi admirer des pièces de harnachement impériales, un joli croquis de l’empereur à cheval par Constantin Guys et le tricycle équestre du petit prince. L’époque fut aussi celle d’une querelle célèbre en milieu hippique dont l’essentiel est ici retracé et illustré, entre Antoine Cartier d’Aure et François Baucher. Le premier, grand écuyer de Charles X puis patron du cadre de Saumur, en tenait pour l’intuition, le jeu subtil des bras et des jambes. Le second se fiait davantage à la connaissance précise de la physiologie équine et, sur cette base, à une « méthode raisonnée » fondée sur des mouvements aussi précis qu’impérieux. Son ouvrage fut très répandu, en l’année 1842, dans la bonne société. Le duel des maestros dura fort sans être tranché car il opposait au fond deux esprits aussi indispensables l’un que l’autre, mais souvent exclusifs, la finesse et la géométrie. L‘exposition s’achève par l’évocation de l’équitation des dames et du plein air urbain (jardins publics aux allées cavalières, création des hippodromes). Ce trot rapide au travers de trois siècles équestres ouvre donc fort la curiosité. Il donne envie de plus amples découvertes, de chevauchés prolongées dans l’univers méconnu des anciennes grâces hippiques. Bernard Legendre Exposition : Le cheval, art et pouvoir Le cheval fut longtemps, au-delà de ses usages agraires, la force centrale des armées mais aussi le compagnon des plaisirs des puissants : chasse, jeux ‘ montés ‘, mondanités, défilés … L’aristocratie ne se concevait pas sans montures, carrosses ni écuries. La monarchie française, en son éclat versaillais, brilla donc aussi en la matière : Ecuries royales de la place d’Armes, dirigées par un grand (et petit) Ecuyer, pourvues de 2000 chevaux, école d’art équestre et savoir technique massivement mobilisé en hippiatrie (médecine du cheval ), hippotomie (anatomie ), sellerie et maréchalerie.

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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