10 C ombien de Versaillais savent que leur église de la paroisse Sainte Jeanne d ’Arc a été inspirée par l’église arménienne Saint Jean Baptiste à Paris édifiée en 1902 ? Érigée au fond d’une rue étroite, elle a cette forme massée héritée du style néo arménien, tout en subissant les influences du renouveau de l’architecture religieuse de l’époque et du récent usage du béton armé. Aujourd’hui, un vaste chantier de sa restauration qui concerne essentiellement l’intérieur va être lancé et devrait se terminer fin 2019, ce qui conduira quelques années plus tard à la célébration du centenaire d’un édifice qui aura effacé les blessures du temps et offrira à ses paroissiens une église mise en valeur, plus confortable avec la possibilité de célébrer des messes en semaine plus nombreuses, grâce à un système de chauffage modulable et disposant d’un carrelage rénové et offrant des locaux mieux adaptés aux besoins contemporains. A l’origine, il y a un architecte réputé en matière d’édifices religieux, Albert Guilbert, nourri à la formation académique très classique, remarqué par la création d’une chapelle commémorative à la suite de l’incendie du bazar de la Charité de 1897. La chapelle ainsi édifiée, primée à l’exposition universelle de 1900 avait retenu l’attention de la communauté arménienne qui lui passa commande de son église parisienne. Soucieux de ne pas commettre d’impair dans la réalisation du projet, Guilbert utilisa des relevés méthodiques d’églises de ce style, construites entre le cinquième et le septième siècle en Arménie. Monseigneur Gibier, évêque de Versailles qui avait fait le vœu au début de la grande guerre de 1914 de construire une église au cas où la cité royale échapperait aux destructions générées par le conflit, désigna Albert Guilbert comme l’architecte de la nouvelle église. Le choix s’est porté sur le quartier de Clagny, dont la population augmentait rapidement et qui disposait seulement de deux chapelles catholiques, dont la chapelle de Glatigny construite en 1889. Le modèle de l’église arménienne présentait plusieurs avantages : il convenait parfaitement à un édifice de petite dimension, pour lequel un terrain avait été trouvé, composé de volumes géométriques simples de formes parallélépipédiques surmontés d’une coupole à la croisée du transept qui permettait de donner de l’ampleur à des volumes réduits. D’autant que depuis la loi de séparation de 1905, il fallait faire appel au mécénat populaire pour la réalisation et l’entretien du patrimoine religieux nouvellement créé. L’argent a d’ailleurs été réuni à grand peine, ce qui peut expliquer l’absence de cloches dont la réalisation se serait révélée coûteuse. Des abats sont orientés vers le bas peuvent donner l’illusion à l’observateur que celles-ci étaient à l’intérieur, ou même qu’ils constituaient une position d’attente au cas où un projet de réalisation de cloches pourrait un jour être entrepris, ce qui n’est pas à l’ordre du jour. En attendant, la réalisation du nouvel édifice, une chapelle en bois, de dimensions respectables, était installée, de 28 mètres sur 16 m et 15 mètres de hauteur, pouvant abriter cinq cents personnes. Elle a fonctionné pendant la durée du conflit et appartenait à l’armée canadienne qui, après son départ de France à la fin de la guerre, l’a revendue à la communauté catholique d’Antony, où elle a été remontée sur place et inaugurée officiellement le 25 décembre 1927. La nouvelle église Jeanne d’Arc n’avait rien de comparable à ce modeste édifice provisoire. Elle a bénéficié de l’engouement en faveur d’un matériau beaucoup moins coûteux, le béton armé, qui permettait également une construction sans poteaux avec un plan centré destiné à avoir une bonne vision de l’autel, en utilisant aussi les attributs de l’Art déco pour constituer un cadre accueillant. Grâce à des travaux réguliers depuis la construction de 1926, l’extérieur est resté en bon état. En revanche, l’intérieur doit subir des changements pour s’adapter aux besoins de l’époque : améliorer le confort et faire face à Le grand chantier de rénovation de l’église Sainte Jeanne d’Arc CITÉ
Mai 2018 - N°108
10 C ombien de Versaillais savent que leur église de la paroisse Sainte Jeanne d ’Arc a été inspirée par l’église arménienne Saint Jean Baptiste à Paris édifiée en 1902 ? Érigée au fond d’une rue étroite, elle a cette forme massée héritée du style néo arménien, tout en subissant les influences du...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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