DOSSIER+ François Lequiller, un normand versaillais François Lequiller, un normand versaillais Olivier Certain : Avant tout, on dit vraiment « manchot » pour « habitant du département de la Manche » ? François Lequiller. Absolument, bien que le politiquement correct moderne ait transformé cela en « manchois ». Mais, en vrai en parler de mon pays d’adoption, on dit « manchot ». Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il leur manque un bras ou même deux (rires). Cela dit, un de mes héros est un manchot… manchot… (rires). Mais c’est une autre histoire ! Alors, présentez-vous un peu pour nos lecteurs. J’ai fait une carrière d’économiste dans l’administration française, puis dans des organisations internationales comme le FMI, l’OCDE et la Commission Européenne. Je suis très « international ». Il faut dire que je suis né à Tokyo, que la famille est ensuite allée en Inde, au Liban, en Angleterre avant d’échouer à Louveciennes, puis à Versailles. Et puis voilà, je ne sais pas vraiment pourquoi, il y a maintenant six ans, je me suis lancé dans le roman, à l’immense surprise de mon milieu professionnel qui me connaissait plutôt par des ouvrages plutôt rébarbatifs ! Peut-être, est-ce dû à la magie du Cotentin ? Mes romans y sont en effet profondément ancrés, bien que cela ne soit pas exclusif. Quand les aventures de mes héros les amènent en région parisienne, ils habitent bien sûr à Versailles ! On va oublier vos ouvrages économiques… Parlez-nous plutôt de vos romans. Ils ont deux originalités. La première, c’est qu’ils sont très documentés. On apprend beaucoup tout en lisant un roman facile à lire. Surtout sur l’Histoire, car ils évoluent tous dans un décor historique puissant. Dans le premier, « Le Pont de la Roque », sous une trame policière, on vit les cinquante jours terribles pendant lesquels les Américains se sont battus à mort pour conquérir toute la presqu’île du Cotentin. C’est ce qu’on a appelé « la guerre des haies », en juin-juillet 1944. Dans le second, toujours assez policier, cela tourne autour du terrorisme d’extrême gauche, dans les années 80, près de Versailles d’ailleurs. Dans le troisième, on est plongé dans les scandales financiers des années 90. Et puis, après, j’ai publié une saga en trois volumes, « Les Dunes du Cotentin », dans laquelle on traverse tout le vingtième siècle avec une famille manchote au destin hors du commun. La deuxième originalité est vraiment… originale ! Mes romans sont en effet une œuvre de couple puisque c’est Élisabeth, mon épouse, qui les illustre de ses merveilleuses aquarelles. Un journaliste de la presse régionale avait trouvé un titre que j’ai adoré : Il écrit, elle peint, le livre unit leur passion ! J’ai repris cela comme sous-titre pour mon site web, www. francoiselisabeth.fr. On y trouve toutes les aquarelles d’Élisabeth. Et vous venez de publier votre septième ? Oui et c’est celui que j’aime le plus, évidemment ! Il s’appelle « Amaïké », un prénom féminin d’une tribu Amérindienne. Il est basé sur une histoire vraie mais c’est comme un conte de fées pour adultes et, en même temps, un roman ethnographique. Vous êtes en 1872, à Buenos Aires. C’est l’époque de la « campagne du désert », quand l’armée argentine conquiert la pampa en massacrant les Indiens. Il se trouve (et c’est une histoire vraie) que Aujourd’hui, nous recevons François Lequiller, romancier mi-versaillais, mi… manchot. Nous l’avons interviewé par WhatsApp, alors qu’il est confiné dans sa jolie maison du petit village de Trelly, en plein bocage du Cotentin.
Mai - N°126 + 12
DOSSIER+ François Lequiller, un normand versaillais François Lequiller, un normand versaillais Olivier Certain : Avant tout, on dit vraiment « manchot » pour « habitant du département de la Manche » ? François Lequiller. Absolument, bien que le politiquement correct moderne ait transformé cela en...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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