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Mai - N°126 + 17

La mémoire s’est perdue de nos jours des terribles ravages qu’a connu notre pays au XIXe siècle. Six épidémies de « choléra-morbus » se sont succédées en France de 1832 à 1884. La première, en 1832, originaire du Bengale, envahit l’Europe et en peu de temps, touche 51 départements français....

Jean-Baptiste Giraud1 mai 2020 à 00:003 vues

La mémoire s’est perdue de nos jours des terribles ravages qu’a connu notre pays au XIXe siècle. Six épidémies de « choléra-morbus » se sont succédées en France de 1832 à 1884. La première, en 1832, originaire du Bengale, envahit l’Europe et en peu de temps, touche 51 départements français. Symptômes : fièvre, tremblements, gastro- entérite, grande fatigue, dégoût. Survenant dans une population non immunisée, l’épidémie fait des ravages. On dénombre 100 000 décès en France, dont plus de 6000 dans l‘ancienne Seine et Oise : 2784 hommes et 3274 femmes. L’épidémie atteint Versailles en avril 1832 et s’arrête fin octobre (arrivée du froid ?). La surmortalité est de 1942 à Versailles et 476 à Rambouillet. Constatations : L’épidémie semble remonter les cours d’eau (Essonne, Orge, Oise). Les premiers cholériques sont ceux dont le métier est en rapport avec l’eau : pêcheurs, puisatiers. De même, les femmes sont plus atteintes que les hommes du fait de leurs activités : travaux des champs, blanchisserie (à Viroflay), cuisine, nettoyage, lavage du linge, soin des malades ; et elles boivent beaucoup d’eau. Les enfants et les personnes de plus de 40 ans principalement sont touchés, les hommes de 25 à 65 ans, les femmes, un peu plus tard. La maladie semble se développer surtout en période chaude. Explications : Pour certains, il faut incriminer « une conjonction inhabituelle des astres entre eux ». Plus sérieusement, des médecins déduisent que la contamination se fait par voie orale, en particulier par la boisson. Les gens boivent l’eau des rivières, s’y lavent, lavent leur linge souillé, arrosent les légumes, pêchent les poissons et les mangent....Et toute personne en contact avec un malade ou un objet que celui-ci a touché est susceptible de contracter la maladie. Remèdes proposés : Des recommandations sont faites aux habitants : éviter de poser les pieds nus sur le carreau, porter sabots ou galoches pour les ouvriers en milieu humide, sobriété, (les ivrognes et les débauchés semblent très exposés), s’abstenir de crudités, etc. L’efficacité est affirmée de la menthe ou la fleur d’oranger… Chlorure de chaux et de soude, camphre et ammoniac sont préconisés. Des brochures procurent des remèdes miracles. Cependant, nulle précaution n’est envisagée de se laver les mains, de faire bouillir l’eau. La population se rue dès le début sur le camphre dont le coût augmente considérablement. En 1849, Versailles est peu atteinte avec 61 victimes. Marie-Louise Mercier-Jouve Retour sur le passé : Une épidémie de choléra à Versailles en 1832 Retour sur le passé : Une épidémie de choléra à Versailles en 1832

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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