BUSINESS+ On peut plutôt choisir de s’intéresser aux réactions de notre société et son économie, réactions qui semblent rendre obsolètes les vérités d’hier. Il n’y a pas si longtemps encore, la dépense publique était contrainte et l’on compressait jusqu’à l’impossible notre système de santé. Aujourd’hui, il n’est plus question nulle part de rigueur budgétaire, même pas en Allemagne où c’était pourtant une doctrine nationale. Certaines de nos plus grandes entreprises qui pouvaient parfois sembler si lentes à évoluer ont converti en un tournemain leur production pour contribuer à l’effort national et international : LVMH produit du gel hydro-alcoolique, Décathlon met à disposition des masques de plongée qui peuvent être transformés en appareils d’assistance respiratoire et PSA, Schneider Electric et Valeo s’allient autour d’Air Liquide pour fabriquer très rapidement des milliers de respirateurs. Indéniablement, la force de frappe de nos grandes entreprises leur permet d’apporter une contribution rapide et remarquable. Pourtant, on aurait tort de croire que cela signe la victoire des grands groupes sur les plus petites entreprises. Au contraire, on voit beaucoup de restaurants désœuvrés s’organiser pour fournir des repas dans les hôpitaux et des ateliers textiles se mettre à produire des masques de protection en tissu pour compenser la pénurie de masques médicaux. Et les particuliers ne sont pas en reste puisque le 15 avril, un reportage du Parisien nous montrait un adolescent de 14 ans répondre à une commande de masques à visière pour l’hôpital voisin grâce à des imprimantes 3D. Proximité et réactivité, voilà ce qui rend les petits acteurs pertinents et indispensables dans l’effort collectif, en dépit de leurs moyens limités. Cependant, on ne peut se contenter de remarquer le positif, il faut aussi noter toutes les difficultés que nous avons eu à réagir. Ces difficultés sont liées à des attitudes que ceux qui s’inquiètent pour l’avenir de la Terre et de l’humanité connaissent bien : le déni, l’incrédulité et le cynisme. Il ne s’agit pas ici de pointer ceux qui, au début, auraient eu du mal à accepter l’importance de la menace : il est en fait assez normal de ne pas croire d’emblée à un tel bouleversement. Le plus grave, c’est sans doute d’avoir persisté, c’est d’avoir multiplié les dénégations alors que s’accumulaient les preuves que nous allions bien vivre une catastrophe mondiale. Il s’agissait souvent de repousser des mesures perçues comme dangereuses pour nos économies mais pourtant c’est bien en grande partie à cause de ces dénégations que la pandémie a pris cette ampleur et que nos économies auront toutes les difficultés à s’en remettre. Et après ? Que ferons-nous ? Lorsque nous aurons progressivement retrouvé certaines de nos habitudes d’avant la pandémie, lorsque nos entreprises pourront à nouveau fonctionner, lorsqu’il faudra investir, consommer, relancer la machine économique, que ferons- nous ? Il ne faudrait pas reproduire les erreurs commises avec cette pandémie et attendre trop longtemps pour enfin rendre le fonctionnement de nos entreprises écologiquement et socialement durable. Si nous n’aplanissons pas le plus rapidement possible la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre, la Terre, comme un hôpital saturé, ne pourra pas absorber le choc climatique. Cette pandémie aura eu le mérite de rouvrir notre imagination sur ce que peuvent faire les entreprises et il faudra s’en servir pour construire une économie durable et responsable. Pierre Beslay Si vous désirez plus d’informations sur Versailles Service, contactez Marion par mail à : contact@versaillesservice.fr www.versaillesservices.fr La pandémie, la RSE et après ? Il est probablement encore trop tôt pour tirer de vraies leçons de la catastrophe mondiale que nous vivons avec la propagation du Covid-19. Il s’agit surtout d’être prudent, à l’inverse de ceux qui proclament avec un peu trop d’empressement que « la nature se venge » ou que, d’une façon ou d’une autre, il s’agirait d’une forme de justice immanente liée aux excès de la mondialisation.
Mai - N°126 + 21
BUSINESS+ On peut plutôt choisir de s’intéresser aux réactions de notre société et son économie, réactions qui semblent rendre obsolètes les vérités d’hier. Il n’y a pas si longtemps encore, la dépense publique était contrainte et l’on compressait jusqu’à l’impossible notre système de santé....
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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