12 La petite vérole et Louis XVI, précurseur de la vaccination L e 10 mai 1774, le roi Louis XV décédait dans des conditions épouvantables de la variole, la maladie la plus contagieuse de l’époque, que l’on dénommait alors « la petite vérole » par opposition à la « grande » qui n’était autre que la syphilis. Trois semaines auparavant, séjournant au Petit Trianon avec Madame Du Barry et quelques intimes, il était encore en parfaite forme quand il partit le 26 avril à la chasse. En rentrant il se senti tfatigué et se coucha sans souper. Le 28, on fit appel au premier chirurgien du roi qui ordonna son transfert au château prétextant que « c’est à Versailles qu’il faut être malade ». Comme à l’habitude on pratiqua saignées et émétiques. Deux jours plus tard à dix heures trente, apparaissaient les premières vésicules, signes de la petite vérole provoquant l’effroi des médecins et courtisans. On écarta la famille royale pour éviter toute contagion. La poussée éruptive s’étendit à tout le corps. Le premier mai, l’état du roi sembla stationnaire. Chacun espéra la rémission. Le 8 mai, la fièvre redoubla, le roi délira. Les saignées n’avaient fait qu’affaiblir ce corps robuste. Le 9, le visage du monarque apparu dévasté par les croûtes et les pustules séchées qui se rejoignant et virant au noir formaient un masque hideux. On fit venir le confesseur et le Premier Aumonier qui administra l’extrême onction. Le lendemain, au matin, le roi était encore conscient, puis prostré, décéda à 15h15. Son petit-fils fut bouleversé par l’horrible fin du souverain. Louis XVI avait été très affecté de n’avoir pu s’approcher de son grand-père du fait des mesures d’isolement. Il savait que depuis des années en Europe, on tentait de se protéger de cette hideuse petite vérole en se contaminant volontairement avec la sérosité d’une pustule. La mode avait été introduite en France par le docteur Théodore Tronchin qui avait inoculé son fils, puis les enfants de Philippe d’Orléans. A Vienne, sa femme, Marie-Antoinette, avait été inoculée quand elle était encore enfant. Sa première décision fut de se faire vacciner, contre l’avis du clergé. Il s’isola de la Cour en partant à Marly avec ses deux frères et sa belle-sœur, la comtesse d’Artois. Une fillette de deux ans dont la petite vérole avait été peu étendue fut choisie, après enquête de moralité de sa mère, une simple blanchisseuse. Le Louis-Léopold Boilly. L’inoculation. 1807
Mars 2018 - N°106
12 La petite vérole et Louis XVI, précurseur de la vaccination L e 10 mai 1774, le roi Louis XV décédait dans des conditions épouvantables de la variole, la maladie la plus contagieuse de l’époque, que l’on dénommait alors « la petite vérole » par opposition à la « grande » qui n’était autre que la...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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