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Mars 2018 - N°106
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Mars 2018 - N°106

7 D’un éventail de deux cents mélodies, ils composèrent un programme qu’ils souhaitaient faire découvrir au plus grand nombre. Mais pas lors d’un récital « classique ». Non, la personnalité flamboyante d’Augusta Holmès, fille d’immigrés irlandais installés à Versailles en 1855, chef d’un orchestre...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2015 à 00:005 vues

7 D’un éventail de deux cents mélodies, ils composèrent un programme qu’ils souhaitaient faire découvrir au plus grand nombre. Mais pas lors d’un récital « classique ». Non, la personnalité flamboyante d’Augusta Holmès, fille d’immigrés irlandais installés à Versailles en 1855, chef d’un orchestre de 900 musiciens à l’exposition universelle de 1889, méritait de renaître sur scène. Séduite par ce projet, l’actrice Brigitte Fossey, qui avait incarné l’impétueuse Dominique des Gens de Mogador, accepta de lire la correspondance d’Augusta à la demande des deux jeunes chanteuses. C’est alors qu’elles me firent confiance pour mettre en scène ce concert-lecture, en me prêtant les documents pour nourrir mon imaginaire. Comme Saint-Saëns, Liszt et Massenet en leur temps, je tombai sous le charme de la belle Augusta et me passionnai pour son parcours hors normes d’auteur-compositeur, sacrifiant sa vie à son art dans une société corsetée, où faire de la musique s’accordait au masculin. Aucune rencontre artistique n’est le fruit du hasard : ayant consacré mes créations théâtrales aux femmes de l’histoire comme le peintre Elisabeth Vigée Le Brun au Grand Palais, je venais d’adapter sur scène les mémoires de Manon Roland pour l’exposition «Amazones de la Révolution » du musée Lambinet. Inspiré par ce travail, j’écrivis « les mémoires d’Augusta Holmès », grâce à la lecture de sa correspondance et de sa biographie. Ce fut un grand honneur d’apprendre que Brigitte Fossey allait faire vivre ce texte sur scène, et un immense plaisir de découvrir sa générosité lors des répétitions, apportant son expérience et sa bienveillance au projet de jeunes artistes. Augusta Holmès, dont l’opéra inédit « La Belle au bois dormant » sommeille dans les archives de la bibliothèque municipale de Versailles, aimait les contes de fées, et cette aventure humaine en est un. Grâce au soutien de l’association « Musiques à Versailles » et de son vice-président Hugues Tenenbaum, nous serons heureux de faire découvrir prochainement la vie passionnante d’Augusta Holmès, lors d’une soirée littéraire et musicale digne des salons romantiques, lorsque Marcel Proust et Sarah Bernhardt s’enivraient de ses mélodies chez le comte de Montesquiou, avenue de Paris. Reposant au cimetière Saint-Louis, sous le regard attendrie d’une muse à la lyre de pierre, il est naturel qu’Augusta soit célébrée à Versailles, sa ville de cœur, qu’elle aimait parcourir à la nuit tombée avec ses amis artistes, chantant au clair de lune en rêvant d’égaler Wagner près de la pièce d’eau des Suisses, après un récital dans son hôtel de la rue de l’Orangerie : « Toute mon enfance et une première partie de ma jeunesse se sont passées à Versailles, que j’adore pour sa majesté, pour l’incomparable silence de ses jardins de rêve, pour l’hospitalité qu’il accorde aux fantaisies des poètes… Enfin, si je ne suis pas née à Versailles, je lui dois du moins les jours les plus ensoleillés de mon existence. C’est beaucoup, ne trouvez-vous pas ? » Certes, Mlle Augusta, et c’est le moindre des hommages que nous puissions vous rendre ». A L Au salon d’Augusta Holmès : Œuvres d’Augusta Holmès (mélodies inédites) et de C. Saint-Saëns, J. Massenet, F. Liszt et C. Franck Texte d’Alexandre Laval et extraits de la correspondance d’Augusta Holmès Avec Brigitte Fossey, Natacha Hummel (mezzo-soprano), Lauriane Vidal (soprano), Alexandre Laval (comédien) et Nicolas Dross (pianiste) Vendredi 16 mars 2018 à 20h30 dans les salons de l’Hôtel de Ville, 4 avenue de Paris – 78000 Versailles Renseignements et réservations auprès de « Musiques à Versailles » : 06 65 23 90 70 - reservations@musiquesaversailles.com Nicolas Dross (pianiste) Natacha Hummel (mezzo-soprano) Lauriane Vidal (soprano) Alexandre Laval (metteur en scène) V ersailles est une ville hors du commun car on y rencontre des personnalités exceptionnelles qui témoignent du rôle universel que la cité du roi soleil joue à travers le monde. Héléna Perroud appartient à cette catégorie. Cette jeune femme dans la quarantaine, à l’allure simple, derrière un regard profond, décline un parcours à faire rêver, en raison de la diversité d’une existence jalonnée de succès et des expériences les plus variées, avec un ancrage profond dans la ville, où résident sa grand-mère russe et ses parents. Pourtant, elle est née à plusieurs milliers de kilomètres de la ville royale où elle a décidé de vivre, en ayant acquis une expérience internationale, au contact des plus grands, ce qui lui vaut aujourd’hui de publier un ouvrage consacré à la Russie et au déchiffrage de celui qui l’incarne, Vladimir Poutine. Car notre Versaillaise vient au monde à Moscou, où elle passe les premières années de son existence, et le russe est sa langue maternelle au double sens du terme. L’intérêt pour la langue et la culture russe avait en effet conduit son père, enseignant de formation, dans un club de vacances soviétique où il a rencontré une jeune Russe dont il s’est épris au point de la suivre à Moscou et de l’épouser alors qu’il avait seulement un visa touristique, en prenant un emploi de traducteur, que lui avait facilité un talent incontesté pour les langues étrangères. Pendant quelques années, il prenait ainsi une certaine distance avec son pays natal. Mais l’éducation nationale se rappelait à son souvenir et lui offrait dix ans plus tard, un poste dans une banlieue populaire à Vénissieux aux fameuses Minguettes, où il avait déjà enseigné avant sa parenthèse soviétique. Il souhaitait toutefois se rapprocher de la capitale et obtenait sa mutation à Versailles, dans une école du boulevard de la Reine où il officia pendant 26 ans jusqu’à la retraite. Héléna passe ainsi du jardin d’enfant soviétique à l’école de l’ambassade de France de Moscou, puis à Vénissieux et enfin à l’enseignement du collège et lycée Hoche de Versailles où elle effectue une scolarité brillante. Après le bac, elle étudie à Louis le Grand où elle rencontre son futur mari. L’agrégation d’allemand en poche, elle enseigne à Plaisir et Mantes la Jolie. Mais son expérience d’enseignement sera brève puisque le hasard de la vie - ou la providence - l’amène à rentrer au cabinet du Président de la République Jacques Chirac alors qu’elle n’a aucun engagement politique. Pensant avoir franchi une seule fois dans sa vie le porche du 55 rue du Faubourg Saint- Honoré, elle va rester neuf ans à l’Elysée, Héléna Perroud : aux sources de la relation franco- russe PEOPLE

Source : Archives PDF VersaillesPlus

Article issu de la veille automatisée.

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