douleur, et qui reçoit son architecte il lui donne benoîtement des indications en mesures métriques, alors qu’il faudra attendre la Révolution pour voir apparaître ce nouveau système. Louis XVI également devient prophétique, au balcon de Versailles, en assurant les émeutiers de sa probité, en disant « Je n’ai pas donné un centime, je le jure ! » alors que ni le franc ni les centimes n’étaient monnaies en 1789. La première représentation mondiale du film s’effectua au théâtre national de l’Opera (on voyait grand et prestigieux à l’époque…un vrai événement mondain et « très parisien ») le 15 décembre 1953. Les affiches et la publicité ne lésinent alors pas sur les superlatifs : « 80 vedettes, et 2000 figurants font revivre le passé du plus beau palais du monde….le spectacle le plus grandiose et le plus fastueux que le cinéma ait jamais produit ! un succès sans précèdent depuis l’existence du cinéma !». Sacha Guitry un peu mégalomane sur les bords semblera alors oublier les précédentes productions Hollywoodiennes de David Llewelyn Wark Griffith auteur d’ « Intolérance » (1914) ou de « Naissance d’une nation » (1916) ou celles de Cecil B. DeMille avec « Samson et Dalila » (1949) ou de « Sous le plus grand chapiteau du monde » (1952) qui faisaient tourner plusieurs milliers de figurants sur une seule scène. Il faut dire que Sacha Guitry, dont le parrain de baptême fut le tsar Nicolas II, vivait sa vie comme une superproduction avec ses remariages continuels, son hôtel particulier juste à coté de la Tour Eiffel et ses fêtes et cocktails mondains qui en faisaient le roi de Paris. Puis le film sortira à Paris le 10 février 1954 pour le grand public avec en introduction sur le générique la voix empathique et un peu nasillarde de Sacha Guitry déclamant à la cantonadei: « J’ai l’honneur de vous présenter un film…ou plus exactement un grand livre d’images. Il s’intitule si Versailles m’étais conté…et j’avoue que j’en suis l’auteur. En écrivant ce film, en le réalisant j’avais un double but : remplacer quelques pierres du château de Versailles et recueillir des fleurs pour en couvrir la France ! » « On nous dit que nos rois dépensaient sans compter, Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils. Mais quand ils construisaient de semblables merveilles, Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ? » L’impact de ce film sera en effet considérable étant donné qu’il fait partie des 100 plus gros succès du box-office en France, ayant réalisé 6 986 788 d’entrées (avec la difficile comparaison avec des films plus récents qui connaissent des diffusion télévisuelles, des supports DVD ou de plates formes de partage et un nombres d’écran de sortie plus importants…) C’est ainsi que le film de Guitry arriverait en 40eme place juste avant « le salaire de la peur » d’Henry Georges Clouzot (1953), « les 3 frères » de D.Boudon et B.Campan (1995) et « Le gendarme se marie » de Jean Giraud (1968). Un classement identique – avec les mêmes réserves méthodologiques- concernant les 100 plus gros succès au monde lui donne la 82 -ème place juste après un James Bond « Skyfall » de Sam Mendes (2012) et devant « Le seigneur des anneaux : les 2 tours » de Peter Jackson (2002). Sacha Guitry s’il était encore vivant en serait surement « royalement » ravi. Marc André Venes le Morvan NB : A l’occasion de l’exposition « Sacha Guitry, Une vie d’artiste » la Cinémathèque Française en octobre 2008, Radio France et l’INA a édité un coffret de 2 CD « Et Versailles vous est conté… ».Une sorte de making of conçu a posteriori où Sacha Guitry raconte la naissance de son film Si Versailles m’était conté…, le choix des acteurs, les coulisses du tournage, le montage du film… HISTOIRE+
Mars - N°124 + 11
douleur, et qui reçoit son architecte il lui donne benoîtement des indications en mesures métriques, alors qu’il faudra attendre la Révolution pour voir apparaître ce nouveau système. Louis XVI également devient prophétique, au balcon de Versailles, en assurant les émeutiers de sa probité, en...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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