D ans le pays, les traces de la guerre sont encore visibles. Tant d’orphelins (de père ou de mère ou les deux), 600 000 veuves ; tant d’hommes handicapés. Beaucoup d’hommes ont repris le travail. Les femmes ont dû leur laisser les emplois. La condition des veuves non remariées est précaire. L’Etat est néanmoins plutôt généreux et accorde aux victimes de guerre des pensions : l’Allemagne paiera… Les associations d’anciens combattants sont actives pour aider les victimes de la guerre et leurs familles. Depuis 1917, l’Etat adopte les orphelins de guerre comme « pupilles de la Nation ». La générosité publique contribue aussi à leur soutien. Le 21 décembre 1919, l’arbre de Noël des orphelins de la guerre est offert par la société des fêtes versaillaises : c’est un spectacle qui a lieu dans le manège militaire de l’avenue Thiers (aujourd’hui avenue du Général de Gaulle) ; la liste des donateurs est longue. Le 24 décembre suivant, c’est le Noël des mutilés. Des stocks américains sont liquidé à bas prix au profit des sinistrés et réfugiés. Inquiétudes Le sucre, le charbon sont encore rationnés ; les versaillais ont des cartes. Les prix sont élevés et rendent la vie difficile. L’œuvre de la Bouchée de pain, 1 rue Dangeau, fait appel aux dons pour donner du pain aux plus démunis, femmes, vieillards, enfants. Car la mendicité est interdite dans la ville. Les adhésions sont attendues auprès de MM. Félix Hueber, l’abbé Vantroys, le pasteur Messines et le rabbin Levy. Les rues sont peu ou pas éclairées, du fait des aléas dans l’’approvisionnement en charbon de l’usine à gaz ; la mairie envisage des lanternes électriques. Il y a pénurie de locations. La ville crée un office municipal des logements vacants.31 avenue de Saint-Cloud. La santé préoccupe et la tuberculose n’est pas rare : deux dispensaires spécialisés sont ouverts, dont l’un par le docteur Wapler. L’augmentation de la délinquance dans le département de Seine et Poise conduit le préfet M.Chaleil à organiser une police d’Etat conséquente. La vie reprend Depuis la guerre, la musique américaine a révélé des rythmes nouveaux et à Versailles, comme ailleurs, la jeunesse s’empresse de manifester une certaine joie de vivre. Des professeurs ouvrent des cours de danse. Les bals se multiplient dans les salles de la ville. Au Chalet de la Paix, 45 rue du Maréchal Foch, a lieu en mars 1920 un concours de danses modernesi; mademoiselle M. obtient le premier prix de fox trot. Suit le grand carnaval de la mi-carême, en costumes et masques. En février 1920, la Société des fêtes versaillaises organise ans la grande salle de l’Hôtel de ville un bal lors duquel les jeunes filles, munies de leur carnet de bal, et les jeunes gens dansent jusqu’à 5 heures du matin sur les 61 morceaux proposés, danses anciennes-valses, tangos, mazurkas - et danses « modernes » - fox trot. Une somme prélevée sur le montant des entrées est versée au bureau de Bienfaisance. Marie-Louise Mercier-Jouve Versailles il y a cent ans : 1919-1920 Versailles il y a cent ans : 1919-1920 La guerre est finie. Du moins les combats. Les mobilisés sont rentrés chez eux ; les prisonniers également. Mais des régiments avaient été envoyés occuper la Ruhr. Les hôpitaux auxiliaires qui accueillaient les blessés ont fermé leurs portes. Les lycées retrouvent leurs locaux. Echo de Versailles, 13 février 1920 Echo de Versailles 5 mars 1920 Exposition-vente Carré Saint-Louis La Fontaine 61 bis rue Royale du mardi au samedi 14h à 19h Du 19 février au 19 avril 2020
Mars - N°124 + 12
D ans le pays, les traces de la guerre sont encore visibles. Tant d’orphelins (de père ou de mère ou les deux), 600 000 veuves ; tant d’hommes handicapés. Beaucoup d’hommes ont repris le travail. Les femmes ont dû leur laisser les emplois. La condition des veuves non remariées est précaire. L’Etat...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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