Mitterrand d’ailleurs) et où il se déclare antigaulliste, anti-communiste et anti-allemand. Quant au maire par intérim pendant l’Occupation Fourcault de Pavant, qui avait pourtant rejoint un réseau de la Résistance dès 1943, il sera déclaré inéligible. Sa carrière politique avait été, il faut le reconnaitre, toujours très très à droite : il sera élu député de Seine et Oise sous la bannière des Croix de feu (et même président de la section de Versailles) et membre du comité directeur de la ligue du colonel François de la Rocque ; puis dans la même ligne il adhérera au Parti Social français après la dissolution des Croix de feu et intégrera son groupe parlementaire en 1936. Il siège donc à la Chambre des députés comme un violent adversaire du Front populaire. Il votera lui aussi les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Persona non-grata dans une France qui fait la chasse à tous les anciens hommes politiques plus ou moins mouillés dans le régime de Vichy il va quitter la France pour travailler comme fonctionnaire en Allemagne auprès des autorités militaires de la zone d’occupation française : il devient responsable en 1945 de la section Intérieur et cultes à la Délégation supérieure pour le Gouvernement militaire du pays de Bade, puis en 1949 à la direction du service du contrôle de la législation allemande toujours pour le Land de Bade, enfin il devient délégué en 1952 jusqu’en 1954 de la Haute commission alliée. En 1956 il tentera un come back inattendu aux élections législatives à Versailles. Battu à plate couture il se retire définitivement de la politique. Il décède en janvier 1965 à Saint Pardoux la rivière en Dordogne. La revanche du Front Populaire et l’arrivée d’Emile Labeyrie à la mairie de Versailles de 1944 à 1947. Le personnel politique balayé à Versailles, il fallait donc une nouvelle municipalité « plus présentable ». Emile Labeyrie présentait alors toutes les qualités requises pour faire oublier le régime de Vichy. Après divers postes dans la haute administration française, sa carrière fut toujours très orientée à gauche : Chef de cabinet du ministre des Colonies en 1906 (la gauche à l’époque était colonialiste si vous rappelez le grand discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885. Jules Ferry, ancien maire et député de Paris, était alors le porte-parole de cette nouvelle politique de conquête coloniale et défendait dans ce discours, face à un adversaire de taille qui était George Clemenceau, les bienfaits économiques, humanitaires et stratégiques du colonialisme français), il deviendra Chef du cabinet du ministre des Finances Joseph Caillaux (l’inventeur de l’impôt sur le revenu !) entre 1913 et 1925. En 1932, il devient Secrétaire général du ministère des Finances et enfin Gouverneur de la Banque de France (juillet 36 à octobre 1937) pendant le Front Populaire. En 1937, il devient procureur général près de la Cour des comptes et enfin premier président de la Cour des comptes jusqu’à ce que Pétain ne le révoque en 1940. Deux réflexions : premièrement on est donc en présence d’une très grosse pointure politique et deuxièmement inutile de le dire, et on peut le comprendre, que tout ce qui se rapprochait de Pétain de près ou de loin n’était visiblement pas sa tasse de thé. A noter également qu’il sera maire d’une petite commune de Aire sur Adour de 1926 à 1940 (jusqu’à sa révocation aussi par l’administration de l’Etat Français). Habitant à Versailles au 10 rue de Vergennes en 1944 il sera nommé donc Maire intérimaire puis maire de Versailles par une liste soutenue par le PCF, pour une durée de 4 ans. : « Le soir même du 25 août, à 18h45, un Conseil municipal provisoire tenait sa première séance officielle à la mairie de Versailles avec, pour président et nouveau mairie, Emile Labeyrie, ancien directeur de la Banque de France. Dans ce conseil, dont la formation était illégale puisque M. Labeyrie, déjà maire d’une commune des Landes, n’avait pas été élu régulièrement, on retrouve la plupart des membres de la liste présentée par le Comité local de Libération. Ce n’est que le 18 mai 1945 que M. Labeyrie, à l’issue d’élections municipales régulières, sera confirmé à son poste ». Il était décrit comme un travailleur acharné, mais de caractère autoritaire et peu conciliant, Emile Labeyrie ne comptait pas que des amis ; contestations et procédures ne l’épargnèrent guère, même si ses qualités d’administrateur ne pouvaient être mises en doute. En même temps il poursuivra ses engagements comme Trésorier du comité français de secours aux enfants, de Président du comité France- URSS, de membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme et de membre du conseil national du Mouvement pour la Paix. Il sera aussi Conseiller général de Seine-et-Oise pour le canton de Versailles Nord entre 1945 et 1949. Émile Sosthène Labeyrie était né à Nantes en février 1877 et il décéda à Versailles en janvier1966 (à propos a-t-il une rue à son nom à Versailles comme beaucoup d’anciens maire ou une plaque commémorative sur la façade de sa demeure ??! vérifications faites non ! étonnant non ?) Son successeur dans le fauteuil de maire fut l’avocat André Mignot de 1947 à 1977. Marc André Venes le Morvan Sources : André Damien et Jean Lagny, Versailles, deux siècles de vie municipale, éd. L’Univers du livre, 1980. Colonel Rémy, «Relation des opérations des 23 et 24 août 1944 ayant abouti à la libération de Versailles», 22 juillet 1945 (Archives départementales des Yvelines, 1 W 417). Marcel Petit, Histoire de l’occupation et de la libération de Versailles, Corbeil, Editions de l’Avenir, 1946. Édouard Bonnefous, Avant l’oubli. 2, La vie de 1940 à 1970, Nathan, 1987 Jean-François Potton : La Cour des comptes pendant les années noires, La Documentation française, 2011. « François Fourcault de Pavant », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 Bruno Renoult et Christophe Legurandais « Versailles kommandantur, histoire de Versailles sous l’Occupation 1940-1943 ; 1944- 1945» 2 tomes, 2014 Jean-Paul Norbert « …et Versailles fut libéré » 1990 Georges Mathieu, La Sorbonne en guerre (1940-1944) suivi de Journal de la libération de Versailles, L’Harmattan, 2011 http://museedelaresistanceenligne.org/ media4528-Versailles-libA…et les sites Wikipedia dédiés. Emile Labeyrie HISTOIRE+
Mars - N°124 + 9
Mitterrand d’ailleurs) et où il se déclare antigaulliste, anti-communiste et anti-allemand. Quant au maire par intérim pendant l’Occupation Fourcault de Pavant, qui avait pourtant rejoint un réseau de la Résistance dès 1943, il sera déclaré inéligible. Sa carrière politique avait été, il faut le...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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