6 J e pensais qu’avec l’arrivée des belles rames neuves en gare de Versailles et la multiplication des travaux sur les voies, la fréquentation des trains allait se muer en partie de plaisir. Pourtant, en cette rentrée après un bel été qui se prolonge, ma déception fut grande, en voulant me rendre dans la capitale le mardi 11 septembre gare Rive Droite. Certes, le train est parti à l’heure, mais il a effectué une série de pauses sur son parcours. Première raison, un colis suspect, qui nécessitait la présence de démineurs. Deuxième motif : un voyageur malade obligeant à « appliquer la procédure » énonçait un haut-parleur. Troisième justification à une nouvelle attente : la nécessité de procéder à une régulation du trafic pour éviter l’accumulation des rames sur la même voie. A Suresnes, on proposait de quitter le convoi pour en prendre un autre venant de la Verrière et dont le terminus était à la Défense. Dans cette gare c’était une immense déferlante avec des couloirs et des entrées de lignes de métro saturées. Conséquence : deux heures de trajet pour arriver à Saint- Lazare. Nouveau retard le lendemain, essentiellement en raison d’incidents dans le métro ayant leur incidence sur le fonctionnement des trains : là encore deux heures de trajet entre Paris et Versailles. Rebelotte le jour suivant 13 septembre. L’heure de départ était affichée à Rive Droite, les gilets rouges étaient présents, on pouvait valider son billet. Mais à peine assis dans un compartiment, une voix déchirante à travers un haut-parleur mal réglé invitait à quitter le train et à se rendre aux Chantiers si du moins Montparnasse convenait car il y avait des perturbations sur les autres destinations Là encore la durée du voyage passait les bornes des engagements de la SNCF. Et le quatrième jour, pour me rendre à Paris, j’ai choisi le bon vieux bus 171 dont la régularité est exemplaire pour éviter d’avoir encore une nouvelle mésaventure avec le chemin de fer. Cette expérience n’est pas unique. Elle est partagée par des milliers de banlieusards presque quotidiennement. C’est même le sujet essentiel des conversations entre les voyageurs. Ceux qui le peuvent tentent de moduler leurs horaires en fonction des caprices ferroviaires. Mais ils sont une minorité. Au point que la surprise aujourd’hui est d’avoir un train qui soit à l’heure. Les spécialistes sont inquiets pour l’avenir. lls redoutent une multiplication des incidents au sein d’une entreprise qui a perdu son âme..Car le Parlement a voté à une écrasante majorité une réforme qui prend de plus en plus l’apparence d’un trompe-l’œil. Les cheminots en place conservent leurs avantages, l’Etat a pris à sa charge la dette écrasante de la société. Mais rien n’y fait : les personnels ont le sentiment d’avoir été dépouillés de la maison qu’ils habitaient parfois depuis plusieurs générations. L’ « esprit cheminot » était célèbre : il est en train de se dissoudre au profit d’un sentiment de résignation lourd de menaces car il écarte peu à peu toute idée de vigilance ou de motivation. Et ce ne sont pas les réunions prévues avec les syndicats pour la mise au point de nouveaux règlements technocratiques qui permettront de rétablir la confiance que l’on avait dans notre réseau ferré. Et les banlieusards n’ont pas fini de souffrir… Michel Garibal Le calvaire quotidien d’une rentrée ferroviaire chaotique entre Versailles et Paris. La surprise, désormais, ce sont les trains qui arrivent à l’heure.
Octobre 2018 - N°111
6 J e pensais qu’avec l’arrivée des belles rames neuves en gare de Versailles et la multiplication des travaux sur les voies, la fréquentation des trains allait se muer en partie de plaisir. Pourtant, en cette rentrée après un bel été qui se prolonge, ma déception fut grande, en voulant me rendre...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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