13 misère des habitants du quartier, elle acheta une maison rue des Chantiers pour y installer un orphelinat et une infirmerie, hébergeant chez elle des chômeurs ou soutenant des militaires coupés de leur famille. En 1870, la propriété fut réquisitionnée par les prussiens pour y loger le roi de Prusse et pendant la Commune, des députés réfugiés à Versailles. Le calme revenu, Mme André organisa des secours aux orphelins de guerre puis aux prisonniers de la Commune enfermés dans le grenier à grain des Chantiers pour améliorer leur hygiène. Elle y organisa même des classes avec le concours de quelques prisonnières, parmi lesquelles Louise Michel. A sa mort en 1886, son fils Alfred puis sa veuve poursuivirent son œuvre. L’infirmerie fut rouverte et la maison de la rue des Chantiers transformée en maison de cure pour les femmes et enfants tuberculeux. Après le décès de la veuve d’Alfred André, le domaine fut légué en 1913 aux Diaconesses de Reuilly, une communauté de religieuses protestantes dont la maison mère était située rue de Reuilly à Paris. Pendant la grande guerre, elles accueillirent une colonie d’enfants belges réfugiés. Puis dès 1917, les Diaconesses, s’inscrivirent dans la lutte contre la tuberculose qui était devenue un défi national, ouvrant dans la villa, réaménagée un sanatorium pour femmes. Un an plus tard le château fut à son tour transformé en sanatorium, la villa étant réservée aux convalescentes et aux malades non bacillaires. Malgré l’amputation du parc dû à l’extension en 1930 de la gare des Chantiers, malgré la guerre où les diaconesses accueillirent discrètement des jeunes filles juives, malgré les bombardements qui heureusement l’épargnèrent, le sanatorium poursuivit sa mission jusqu’en 1960. Dans les années soixante les sanatoriums fermaient les uns après les autres devant l’avènement de l’antibiothérapie antituberculeuse. Parallèlement la maison mère des Diaconesses de la rue de Reuilly, qui avaient à gérer leur hôpital de la Croix- Saint-Simon, souhaitaient trouver hors Paris un lieu où elles pourraient se regrouper et trouver le calme nécessaire à leurs aspirations spirituelles. Avec la fermeture du sanatorium, les Ombrages leur tendaient les bras. En 1970, elles décidèrent de s’y installer. Le domaine était assez grand pour accueillir la communauté et créer un lieu de soins. Elles bâtirent d’abord une très belle chapelle et un noviciat dénommé l’Arbresle dont les très belles architectures sont dues à l’architecte Marc Rolinet. Pour construire l’établissement de soins conforme à leur vocation il fallut trouver un financement et vendre une partie du terrain. Ce fut la partie la plus basse et la plus proche de la gare qui fut cédée à la paroisse protestante de Versailles qui y créa le Centre Huit, au 8 de la Porte de Buc, lieu de réflexion, de rassemblement spirituel et de conférence largement ouvert à tous. (cf. Versailles Plus n° 78, Janv. 2015). La maison de santé Claire Demeure créée en 1970 est maintenant un établissement de soins pour les personnes en fin de vie dépendantes ou fragilisées, les malades en état végétatif chronique dit « pauci- relationnel » et une unité de soins palliatifs, une innovation à l’époque. Magnifique réussite actuelle dont il faut louer le dévouement et la qualité de l’accompagnement humain et social qui prolonge au 21°siècle les vœux de Madame André-Walther. Claude Sentilhes Sources : Jacques Royen, in Versailles, le quartier des Chantiers et son histoire, Ed. UIA, Oct. 204.// Cl. Sentilhes, Les Chantiers de Versailles. Ed. Terra Mare. 2013.// Alfred André, Mme André- Walther, Paris, Librairie Fischbacher, 1896.// Portail du protestantisme, Internet, Wikipédia. Le sanatorium les Ombrages, Carte postale vers 1930 Maison Claire Demeure. Etat actuel. HISTOIRE
Octobre 2018 - N°111
13 misère des habitants du quartier, elle acheta une maison rue des Chantiers pour y installer un orphelinat et une infirmerie, hébergeant chez elle des chômeurs ou soutenant des militaires coupés de leur famille. En 1870, la propriété fut réquisitionnée par les prussiens pour y loger le roi de...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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