Avec l’automne arrivent de nouvelles privations et de nouvelles taxes. Les denrées sont rares et chères. Des soupes populaires sont distribuées en sept endroits de la ville. Tous les habitants ont un carnet de sucre, puis fin février, des cartes de pain. Une tentative de « chaussure nationale » fait un flop. Le syndicat des blanchisseurs s’inquiète du manque de charbon, et donc du manque à gagner. D’autant qu’un incendie a détruit le linge militaire à l’étuve-séchoir de la blanchisserie Nez, avenue de Sceaux. Faute de charbon, la ville de Versailles a constitué un stock de bois de près de deux tonnes. Mais c’est peu. Des gens vont jusqu’à arracher en cachette l’écorce des arbres de la ville. Lors des livraisons de charbon, les petits enfants munis d’une corbeille ramassent le moindre brin. En octobre apparaît la taxe sur les chiens. TRISTESSES La ville entière est parcourue de soldats convalescents, de blessés, de mutilés, de voitures sanitaires. Des permissionnaires se sentent « étrangers ». La gare des Chantiers voit passer presque chaque jour des trains de blessés. L’infirmerie de gare, tenue par la Croix-Rouge, poursuit son œuvre de secours. Le couvent des religieuses du 59 avenue de Paris (aujourd’hui le 109) est devenu un hôpital militaire et accueille également de jeunes orphelines. En octobre est fondée une section de l’Union nationale des mutilés et des réformés. Beaucoup de familles sont dans la tristesse. On a perdu un mari, un fils. Pas de semaine sans obsèques dans les églises paroissiales, suivies d’un défilé vers les cimetières. Les familles de prisonniers se rendent régulièrement à la Mairie dans l’espoir de bonnes nouvelles. On apprend que le rugbyman international Charles Vareilles, ancien élève du lycée Hoche, a été fait prisonnier avec des camarades à la bataille de la Malmaison. La maison de décoration Imbert, 52 rue de la Paroisse, expose et vend des œuvres réalisées au front par Pierre- Albert Leroux, dessinateur qui accompagne depuis trois ans les sapeurs du 1er Génie, régiment versaillais. La presse locale salue les soldats versaillais décorés et cités à l‘ordre de leur régiment, des préposés d’octroi, des instituteurs, des employés municipaux, des agents de police. Une loi garantit l’emploi des mobilisés à leur retour du front dans leur ancienne fonction.
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Avec l’automne arrivent de nouvelles privations et de nouvelles taxes. Les denrées sont rares et chères. Des soupes populaires sont distribuées en sept endroits de la ville. Tous les habitants ont un carnet de sucre, puis fin février, des cartes de pain. Une tentative de « chaussure nationale »...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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