vendredi 11 septembre 2026

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Saison Artistique 2022-2023
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Saison Artistique 2022-2023

Janvier Cristiana Reali & Antoine Mory Simone Veil, les combats d’une effrontée Vendredi 13 janvier 2023 à 20h Février Festival Pianos d’Hi(v)er et d’Aujourd’hui Jean–François Zygel Samedi 4 février 2023 à 20h30 Maxime Le Forestier chante Brassens Samedi 11 février 2023 à 20h Mars Festival...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2023 à 00:000 vues

Janvier Cristiana Reali & Antoine Mory Simone Veil, les combats d’une effrontée Vendredi 13 janvier 2023 à 20h Février Festival Pianos d’Hi(v)er et d’Aujourd’hui Jean–François Zygel Samedi 4 février 2023 à 20h30 Maxime Le Forestier chante Brassens Samedi 11 février 2023 à 20h Mars Festival ElectroChic avec MB14 Samedi 11 mars 2023 à 20h Marc Lavoine – Adulte Jamais Jeudi 16 mars 2023 à 20h30 Avril Stephan Eicher – Et Voilà ! Vendredi 14 avril 2023 à 20h Mai Laura Laune – GLORY ALLELUIA Vendredi 26 mai 2023 à 20h30 PROGRAMME D’ADHÉSION : pour 15 €, bénéficiez d’une remise de 15 % sur tous les spectacles de l’année. CONTACT : billetterie@versaillespalaisdescongres.com / 06 20 26 20 18 Palais des Congrès de Versailles 10 rue de la Chancellerie www.versaillespalaisdescongres.com Les promenades de Marc-André Venes le Morvan En décembre, la célèbre « rue de la soif » plus connue sous le nom de rue de Satory a eu une nouvelle enseigne pour un de ses bars. Les clients ont pu enfin voir des éléphants roses sans crainte de finir dans une cellule de dégrisement ! la palme du surréalisme revient à la place handicapée sur le parking du carré à la Fontaine quartier Saint Louis. Apparemment soit le véhicule doit se hisser dans les arbres soit c’est une place pour un fauteuil roulant ! bienvenu au royaume de l‘absurdie ! Les vélos – avec leurs remorques – deviennent monnaie courante dans la ville. Ici un chien de traineau a réussi à inverser les rôles : c’est son propriétaire qui tire l’attelage… La finale de la coupe du monde de foot au Qatar s’est affichée aux fenêtres à coté de la poste rue des Bourdonnais. Soit c’était un couple mixte franco-argentin chacun mettant son drapeau national pour la paix des ménages soit c’était les fenêtres d’une voyante extra-lucide car ces drapeaux ont fleuris une quinzaine de jours avant la finale…allez savoir ! Nouvelle manière de faire de la publicité écologique dans le quartier Notre-Dame. Un chariot – style conquête de l’Ouest – avec 2 percherons un cocher et un postillon à pied… la seule question intelligente qui m’est venue à l’esprit à ce moment : doivent-ils prendre un ticket à l’horodateur pour stationner ? et comment renseigner la machine avec un numéro de plaque minéralogique qui n’existe pas ? Savez-vous qu’il existe encore un moulin en activité à Versailles et qu’il se situe juste à coté de la gare des Chantiers ? savez-vous aussi que vous pouvez y acheter de la farine pour vos pâtisseries ou vos essais de pain fait à la maison ? VENDRE EN VIAGER : 4 bonnes raisons d'y penser Éric et Sandrine LE ROUX VIAGIMMO Versailles - 8 Boulevard du Roi 01 39 43 87 64 - versailles@viagimmo.fr Du lundi au vendredi de 10h00 à 12h30 et de 14h30 à 18h30. Le samedi sur rendez-vous. Cette approche vous intéresse ? Nous sommes à votre écoute pour réaliser gratuitement votre étude personnalisée. Agence VIAGIMMO, 8 Boulevard du Roi Quel est le principe du viager ? Il s’agit d’une vente immobilière permettant aux séniors de profiter de revenus complémentaires tout en restant vivre chez eux, dans le cadre d’un viager occupé. À la signature de la vente notariée, une somme d’argent appelée « bouquet » est versée par l’acquéreur, puis généralement tous les mois, une rente viagère toute la vie durant du vendeur. Le montant du bouquet et des rentes dépend directement de la valeur vénale du bien et de l’âge du vendeur. Selon vos besoins, il est possible de demander un capital plus important assorti d'une rente plus faible, ou l'inverse. Les atouts d'une vente en viager sont nombreux : Pouvoir financer vos projets >> Il peut s’agir de financer des projets de voyage, l’acquisition d’une nouvelle voiture, faire réaliser des travaux de confort ou d’adaptation de son bien. Les besoins sont variés. La rente, elle, constitue un complément de retraite. En effet, la trop faible revalorisation des retraites ces dernières années a contraint un nombre croissant de personnes à chercher des compléments de revenus pour préserver leur pouvoir d'achat. Indexer vos revenus sur l’inflation grâce au viager >> Une clause de révision de la rente est inscrite dans le contrat de vente en viager. Ainsi votre rente sera revalorisée chaque année en fonction de l’évolution de I’indice des prix à la consommation des ménages hors tabac publié par l'INSEE. Votre pouvoir d'achat est ainsi protégé contre la hausse du coût de la vie. Le viager pour alléger vos charges >> Il est d’usage que le vendeur en viager ne paie ni la taxe foncière ni les gros travaux dans le logement ou la copropriété. Il restera, en revanche, responsable de l'entretien courant du bien et règlera la quote-part des charges de copropriété qui incomberait normalement à un locataire. Protéger votre conjoint >> Un autre avantage du viager pour le vendeur est la possibilité de protéger son conjoint. En effet, la rente est réversible à 100% sur le conjoint survivant et est exonérée des droits de succession lorsque les époux sont mariés ou les partenaires pacsés. Quelle fiscalité pour le viager ? Fiscalité allégée Le vendeur bénéficie d’un abattement fiscal important sur la rente qu’il perçoit. Vous ne déclarez que 30% de son montant si vous avez plus de 70 ans(abattement de 70%). Un bouquet net d'impôt Le bouquet n'est pas imposable s’il s’agit de votre résidence principale. Quelle rente espérer ? Pour un bien d'une valeur de 350 000€, voici un exemple de répartition entre rente et bouquet, selon que le vendeur est un homme, une femme (la rente est plus faible, car l'espérance de vie est plus longue) ou un couple, et selon l'âge au moment de la transaction. A Versailles, le froid sec de l’hiver avait donné rendez-vous à quelques timides rayons de soleil ce lundi 28 novembre 2022. Quelques flaques d’eau dispersées de part et d’autre de l’avenue de Paris rendent au ciel son reflet grisâtre, et plus je m’approche du château, plus la température se fait froide. Remontant la place d’Armes, la grande grille d’Honneur me fait face. Je me presse de la traverser, tout en saluant le château, pour rejoindre l’entrée du pavillon Gabriel où m’attend l’une des attachées de presse du château de Versailles, afin de m’accompagner sur le plateau de l’émission Secrets d’Histoire. La première séquence à laquelle je dois assister se déroule à l’extérieur. Le vent froid pénétrant des deux côtés du parterre de Latone est glaçant, mais les quelques rayons de soleil toujours présent, réchauffent quelque peu ces décors du XVIIe siècle. Composée d’une quinzaine de personnes, toute l’équipe est déjà en place, tournant une séquence devant faire partie d’un épisode ayant pour thème « La fuite de Varenne » de la famille royale, ainsi que tout ce qui l’entoure, de 1789 à 1791. Par Thomas Macri Silence. Ça tourne. J’aperçois Stéphane Bern marchant droit devant lui, le château de Versailles en fond lui faisant office de décor, récitant son texte face au cameraman ayant pour rôle d’assurer le cadrage et la stabilité de l’image, reculant au fur et à mesure des pas du présentateur, entouré des techniciens de la lumière, et du preneur de son. Le chef opérateur, responsable créatif, artistique et technique des prises de vues, reste quant à lui derrière une caméra fixe. Julien Poinot, le producteur exécutif de l’émission, et Dominique Leeb, la réalisatrice et scénariste de l’épisode, se trouvent devant un écran retour, montrant ce que filme la caméra principale. Le temps est compté et tout doit s’enchaîner assez rapidement. Changement de plateau. Une fois ce plateau terminé, toute l’équipe déménage afin de rejoindre le suivant se trouvant à l’intérieur du château, dans la galerie basse menant aux appartements de Mesdames, filles de Louis XV. Stéphane Bern s’approche vers moi afin de me saluer très gentiment, profitant de cette occasion pour faire une ou deux photos de lui devant le château afin d’illustrer l’article. Après quelques mots échangés, il est temps de rejoindre la galerie où tout le matériel nécessaire est déjà en place, caméras, son, lumières... Chacun est à son poste, et Stéphane prend le temps d’une courte pause pour une retouche beauté avec son maquilleur Mickaël Latour. Le réalisateur David Jankowski, ayant pour rôle la mise en image des plateaux de Stéphane Bern, prend un temps la place du présentateur devant la caméra afin de finaliser les derniers réglages, avant l’arrivée de Julien Poinot et Dominique Leeb derrière l’écran retour. Le clap est lancé, tout le monde fait le silence, laissant Stéphane Bern enregistrer sa nouvelle séquence. Très professionnel, il ne lui suffit que d’une ou deux prises pour que tout soit bon. Ayant pu interroger Dominique Leeb, réalisatrice et scénariste de l’émission, je la laisse nous raconter quelques secrets de tournage : « Jean-Louis Remilleux, le producteur de Secrets d’Histoire, décide avec Stéphane Bern des thèmes de l’émission, accompagnés de France Télévisions qui peut faire aussi des propositions. En ce qui concerne la réalisation, nous sommes six au total par session. Pour cet épisode ayant pour thème « La fuite à Varenne », le producteur exécutif Julien Poinot, au nom de Jean Louis Remilleux, m’a appelée en juillet dernier pour me confier l’émission. Il m’a annoncé mon thème, et m’a donné une date pour rendre le synopsis de toute l’émission. Ce synopsis est le document écrit de toute l’émission. Son déroulement, avec les lieux de plateaux, mais aussi les sujets qui racontent l’histoire. Nous déterminons aussi les historiens principaux qui soutiendrons cette narration. C’est un document de quinze pages, soumis lors d’une première réunion à l’approbation de Stéphane Bern et Jean Louis Remilleux. Toute l’émission se conçoit de bout en bout à partir de ce moment-là déjà sur papier. Pour ce premier travail, n’étant pas une historienne, mais plutôt une réalisatrice-auteur, je me dois de lire pendant plusieurs semaines de nombreuses biographies et divers ouvrages historiques. Il s’agit aussi de déterminer les lieux patrimoniaux que nous allons découvrir dans l’épisode, puis d’aller les repérer sur place lorsque c’est possible, car le but de l’émission est bien évidement de raconter l’histoire, mais également de faire découvrir le plus de lieux magnifiques possibles et parfois inédits. Secrets d’Histoire est aussi une émission de patrimoine. Dans le déroulé de l’émission il y a aussi des évocations, qui sont des parties jouées par des comédiens. Des castings sont organisés, et un réalisateur spécifique s’occupe de filmer ces bouts de fiction. Ces évocations sont Les coulisses de l’emission secrets d’hi Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 12 HISTOIRE + istoire au chateau de versailles également validées par notre producteur Jean Louis Remilleux, et elles sont tournées au château de Digoine en Saône-et-Loire. Je suis généralement présente moi aussi lors de ces tournages puisque à l’origine du synopsis original. Mais cette émission est un vrai travail d’équipe. Le plaisir est là. Commence aussi en parallèle toute la partie tournage des interviews des historiens, mais aussi des séquences dans les lieux choisis au préalable. Nous avons dix-sept jours de tournage effectif. Les interviews des historiens restent le moment capital de Secrets d’Histoire car ils sont vraiment la colonne vertébrale de chaque émission. Nous écrivons aussi les plateaux qui seront incarnés par Stéphane Bern et réalisés par un autre réalisateur image. Ensuite, commence le montage de huit semaines. Chaque réalisateur d’émission travaille tout le long du processus avec un binôme journaliste. Arrive enfin le moment des validations finales, présentées en premier lieu à Julien Poinot, le producteur exécutif, puis par la suite à Jean-Louis Remilleux, et enfin à France Télévisions. Dernier round, ce qu’on appelle la post-production avec l’étalonnage de l’émission, puis le mixage avec la voix d’Isabelle Benhadj, qui est toujours la même depuis la création de l’émission. Cette voix sert à commenter les sujets et lier les interventions des historiens. A partir de ce moment-là, tout est prêt à être livré à France Télévisions à qui appartient ensuite la date de diffusion. Il faut environ six mois de bout en bout pour livrer à la chaîne ces émissions.» Pour conclure, je lui demande quel est son meilleur souvenir de tournage de Secrets d’Histoire au Château de Versailles... « Mon meilleur souvenir au château reste l’épisode sur la Reine Marie Leszczynska, en 2012. A cette époque-là, nous avons eu la chance de tourner au Château de Versailles, même nos évocations, et j’avais eu la chance de pouvoir jouer un personnage en costume, la gouvernante des filles de Louis XV. Avoir pu me trouver en costume au Château de Versailles, dans les appartements de Mesdames, fut un réel privilège...une sensation unique ! » C’est dans la boîte. La séquence filmée dans la galerie basse étant terminée, un nouveau changement de décors s’effectue, et c’est maintenant direction le majestueux escalier de la Reine, construit en 1680 afin de mener aux grands appartements de la Reine, que toute l’équipe doit prendre place. Le tournage va ensuite se dérouler dans les Petits Appartements de la Reine, mais se trouvant très petits et très meublés, s’avérant donc très fragiles, l’équipe de tournage est réduite au maximum, et mon aventure doit alors s’arrêter là. Stéphane Bern me salue très chaleureusement afin de me dire au revoir, accompagné de Julien Poinot, de Dominique Leeb, et de Virginie Digneton, la chargée de production. Julien Poinot, producteur exécutif de l’émission, répond en exclusivité à mes questions : TM : Quel est votre rôle dans l’émission ? JP : Le rôle de producteur exécutif dans l’émission est un peu semblable à celui de chef d’orchestre, en plaçant les bonnes personnes aux bons endroits. Choisir à la fois l’équipe technique, rédactionnelle, de production, d’avoir un regard sur le budget, sur le côté artistique, et sur celui de l’humain également. Il ne s’agit pas de savoir jouer de tous les instruments, mais de simplement être capable de pouvoir parler avec tous les corps de métier. Je suis le garant de la bonne fabrication de cette émission et de sa bonne livraison au diffuseur. TM : En tant que producteur exécutif, comment se passe le tournage et le montage d’une émission telle que Secrets d’Histoire ? JP : Je suis dès le début sur la fabrication de l’émission. A partir du moment où France Télévision, le producteur Jean-Louis Remilleux, et Stéphane Bern, ont défini des thèmes, je prends la main de l’émission et ceux jusqu’à la livraison à la chaîne, demandant environ quatre à six mois selon les programmes. C’est un suivi quotidien de l’écriture, des tournages des sujets, du choix des musiques, des comédiens pour les évocations, du montage, du choix des lieux pour les plateaux et des textes pour Stéphane Bern, du stylisme... Nous lançons, en général, six émissions d’affilées. Je suis en permanence en lien avec le rédacteur en chef de l’émission afin de valider les intervenants, les séquences, les lieux de tournages, les axes des interviews... Puis je valide ce que nous appelons des ours (Montage sommaire de l’ensemble des plans mis les uns à la suite des autres dans l’ordre de la trame scénaristique, ndlr). Une fois tout cela validés par moi, les rédacteurs commencent à monter les images. J’assiste également aux différentes étapes de post-production avec mon équipe, qui comprend l’étalonnage, le mixage, et la livraison à la chaîne. Cela est un vrai suivi. Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 13 HISTOIRE + TM : Comment se passe la mise en image d’un bâtiment tel que le château de Versailles, vu et revu des centaines de fois ? JP : C’est un travail toujours très proche à faire avec le réalisateur des plateaux, devant se renouveler en permanence pour chacun de nos tournages au château de Versailles. L’avantage est que plusieurs souverains ont demeuré au château de Versailles, laissant pour chacun leurs empreintes dans tous les recoins, nous emmenant dans des endroits pour la plupart du temps différents. Pour avoir vu de nombreux châteaux à travers le monde, il n’y en a pas deux comme celui de Versailles ! La conservation, l’ameublement, l’histoire très riche, les jardins magnifiquement entretenus... Quel que soit l’endroit où nous posons les yeux, le rêve s’inscrit parmi nous. TM : En quoi la façon de tourner au château de Versailles est-elle différente des autres lieux ? JP : C’est un écrin formidable que nous nous devons de respecter. En dix ans d’émissions, nous n’avons jamais rien détérioré, ni même effleuré, prenant réellement conscience de l’endroit où nous nous trouvons. Nous mettons des protections sous chaque pied de caméras et chaque pied de lumières afin de protéger les sols, nous enlevons nos chaussures dès qu’il s’agit de marcher sur un plancher ou un tapis... Nous avons également l’habitude de nous trouver en équipe réduite lorsqu’il s’agit de tourner dans des petits appartements où il est impossible de pénétrer à plusieurs. C’est un vrai ballet où chacun connaît sa place, se mettant en retrait par moments, ne laissant qu’une seule caméra à l’intérieur de certains endroits. Avec la technique très avancée que nous possédons aujourd’hui, nous arrivons à faire des choses incroyables, n’étant alors plus obligé de transporter un imposant groupe électrogène, et une centaine de kilos de lumières. C’est grâce aussi à ces évolutions technologiques que nous pouvons pénétrer dans des endroits très confinés de manière très fluide, alors impossible d’accès autrement. TM : Quel est pour vous votre meilleur souvenir de tournage au château de Versailles ? JP : Il y en a beaucoup... Avant ou après chaque tournage, j’aime me retrouver dans certains endroits afin de tenter d’y ressentir les ondes et les énergies. Il y a tant de choses qui émanent de ces murs, de ces tableaux... Mais mon meilleur souvenir au château de Versailles reste le jour où nous avons tourné au Hameau de la Reine, dans les jardins du Petit Trianon. Il y a quelques chose d’assez extraordinaire dans ce lieu. Mais aussi le Théâtre de la Reine. Tout est y est magique ! Les odeurs, les bruits... C’est assez incroyable. Nous voyageons dans le temps et c’est d’ailleurs cela qui est assez impressionnant dans le domaine de Versailles... Un voyage dans le temps... Clap de fin. Secrets d’Histoire, en plus d’être une émission traitant de la culture et l’histoire du monde, rassemble les personnes en leur donnant l’envie d’apprendre, d’en savoir plus sur ce qui fait notre propre histoire. Nous évoluons tous dans le même monde, avec le besoin de connaître notre passé, afin de pouvoir vivre notre présent, pour mieux affronter notre futur. Et quoi de mieux pour cela, que les secrets... d’histoire. les coulisses (suite) Les coulisses (suite) Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 14 HISTOIRE + Sait-on que le musée du Château de Versailles détient des peintures relatives à la guerre de Crimée ? L’Histoire : la guerre de Crimée (1853-1856) Elle opposa une coalition occidentale – constituée de l’Empire français et du Royaume-Uni - à la Russie qui menaçait l’Empire ottoman affaibli. Napoléon III et Lord Palmerston (Premier ministre du Royaume- Uni) attaquent la base navale de Sébastopol où se trouvait la flotte russe. Les alliés sont vainqueurs à la bataille de l’Alma. L’ennemi russe résiste et creuse des tranchées ; le froid, la faim, les maladies causent de grandes pertes de part et d’autre. Les tentatives russes à Baklava, Inkerman et la Tchernaïa échouent. Finalement les Français, où se distinguent les Zouaves, s’emparent du bastion de Malakoff qui domine la ville. Le Traité de Paris le 30 mars 1856 met fin au conflit. L’Art : des tableaux historiques Plusieurs peintres se sont inspirés de la guerre de Crimée pour proposer de grandes scènes de bataille En l’honneur des victoires remportées en Crimée, Napoléon III achète des toiles les illustrant, en particulier à un certain Eugène Charpentier, artiste peintre et parallèlement professeur de Dessin d’imitation au lycée Hoche. Ainsi, Eugène Charpentier peignit « La Bataille de la Tchernaia », toile exposée au Salon de 1857, achetée par l’Etat en 1858, et qui est aujourd’hui au musée de Versailles. Ajoutons Jean-Baptiste Durand-Brager peintre officiel de la Marine, également photographe et reporter de guerre ; il assista à la bataille de Sébastopol d’où il rapporta des photos et après laquelle il reçut une commande de 21 tableaux pour les galeries de Versailles. Les noms de victoires ont été donnés à des lieux parisiens, stations de métro, ponts… sans oublier le zouave du pont de l’Alma. Marie-Louise MERCIER-JOUVE ART et HISTOIRE : la guerre de Crimée à Versailles Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 15 HISTOIRE + « Il y avait bien du monde à Versailles » ce mardi 6 décembre 2022 à 10h00 - dans un froid glacial et sous un vent de crachin breton - quand le groupe équestre a pris la direction des fonderies de Coubertin de Saint-Rémy-lès-Chevreuse pour un lifting complet d’un an et demi… afin de revenir tout fringuant pour les épreuves équestres des Jeux Olympiques de 2024 qui se dérouleront sur le site de l’Étoile royale, situé au bout du Grand canal. Ce groupe monumental - de Jean-Baptiste Tuby (1635/1700) sur un dessin attribué (faussement ?) à Le Brun, groupe que les Versaillais facétieux surnomment le « char embourbé » depuis des lustres - est une illustration en plomb doré – 30 tonnes au total dont 7 tonnes rien que pour Apollon et un morceau de son char ! - des « Amours de Psyché et de Cupidon ». La sculpture s’inspirant du fabuliste Ovide (43 avant JC/ 18 après JC) met en scène le char du soleil - surgissant dans l’écume de l’onde marine- tiré par 4 chevaux et conduit par Apollon. Toujours selon le récit des « Métamorphoses » le jeune Apollon va être châtié par Jupiter après qu’il lui ai subtilisé ses foudres et qu’il les aient dirigé malencontreusement contre lui. Jupiter va le condamner à essayer à mener le char du soleil – en espérant secrètement qu’il rate l’épreuve – mais contre toute attente Apollon s’en acquittera avec succès. En 1706, le poète Jean de La Fontaine va composer une fable « Le Chartier embourbé » qui va donner une signification similaire - quoique légèrement différente - au groupe sculpté. Il conte la sottise d’un cocher nommé Phaéton qui implorait l’aide de Dieu plutôt que d’aiguillonner habilement ses bœufs pour se sortir d’une l’ornière boueuse. Ce sera d’ailleurs l’origine du fameux dicton « Aide-toi le ciel t’aidera » (qui conclu cette fable dans le Livre VI – fable 18). Dans la mythologie grecque Phaéton n’est autre que le fils du soleil - fruit des amours du dieu soleil et de l’Océanide Clymène - demi-dieu initialement en charge de conduire le char solaire. Apeuré par le vide – contrairement au mortel Icare qui recherchait les altitudes les plus élevées – Phaéton perdit le contrôle du char paternel, perturbera la course des astres et embrasera comme une comète folle le ciel et la terre dans une chevauchée démente. Alors qu’il risquait de provoquer des incendies sur toutes les nations survolées, il mourra foudroyé par Jupiter qui mettra le holà au désordre de manière radicale. Quoiqu’il en soit et quelle soit l’exacte scène représentée sur le bassin, la morale de l’histoire pour les contemporains du roi-soleil était donc très claire : nul mortel ne pouvait conduire le char de l’Etat impunément sans danger ! Louis XIV - comme dans le Bosquet de l’Encelade où il mettait en scène la révolte des Géants contre les divinités Olympiennes - montrait que toute révolte contre son pouvoir absolu Quand le char d’Apollon prend son envol Ve r s a i l l e s + N°153 - Janvier 2023 16 HISTOIRE + était vouée à l’échec (petit rappel subliminal de l’écrasement de la Fronde en 1653) et que lui seul était apte à mener d’une main de fer l’attelage des affaires de l’Etat. Autre clin d’œil aussi pour affirmer sa toute puissance -et pour montrer qu’il commandait aux éléments contre toute vraisemblance- Louis XIV qui aimait se comparer à Apollon fit tourner le char vers l’Est pour faire face au château. Généralement le soleil se lève et prend son envol à l’Est et se couche à l’Ouest mais Louis XIV en avait décidé autrement. Ce matin donc du 6 décembre - 9 ans après que le bassin de Latone ait subi une réfection de fond en comble grâce au mécénat de la banque Lombard Odier par le biais de sa fondation Philathropia - c’est le deuxième bassin le plus célèbre du parc qui est restauré grâce au mécénat du groupe CMA CGM. Pour mémoire le groupe CMA CGM est la « Compagnie maritime d’affrètement – Compagnie générale maritime » principal armateur mondial de porte-containers et dont l’offre globale de transport intègre la transport maritime, la manutention portuaire et la logistique terrestre. Il y avait donc une logique à ce que le roi de la mer s’intéresse au roi-soleil sortant des ondes marines sur son quadrige. Pour madame Catherine Pegard, présidente de l’Établissement public du domaine national de Versailles, la date de cette rénovation «(…) est d’autant plus symbolique que cette restauration intervient à l’occasion du 400eme anniversaire de la construction du château ». Jacques Moulin – architecte en chef des monuments historiques – était également sur place aux cotés de la présidente et rappelait que pour la seule statue d’Apollon «(…) nous l’estimions à 5 tonnes mais c’est plus proche de 7 tonnes avec le socle qui le soutient (…) l’armature en fer forgé qui le soutient date de sa pose initiale (1670) et forcément dans l’eau ça rouille. La structure inférieure a toujours souffert du poids et de l’humidité.» Il faut dire que les dernières consolidations dataient des années 20 (entre 1923 et 1927) et que des « rafistolages » ponctuels - notamment sur les tètes des destriers qui avaient tendance à s’affaisser dangereusement - avaient été effectués en 1955 et 1981. 1955 - travaux initiés grâce au film de 1954 « Si Versailles m’était conté » de Sacha Guitry – et en 1981 en prévision du sommet des chefs d’Etat organisé l’année suivante par la présidence de François Mitterrand. Aujourd’hui cet ensemble monumental de 13 statues – composé, outre le char, d’Apollon et d’un amour, de ses 4 chevaux, de tritons sur les points cardinaux et de dauphins sur les pans coupés – est toujours très sollicité par les fréquents jeux d’eau tout au long des 6 mois de la haute saison. Il subit depuis des années d’importantes déformations de sa structure d’ensemble avec des problèmes de corrosion, des problèmes d’altération et de fuites des canalisations en fonte et en plomb, des problèmes de peinture et des problèmes d’effritements du socle. A noter que le service des fontainiers du domaine sera mis à contribution pour la révision du réseau hydraulique et pour les « ajutages » - l’embout des tubulures de sortie qui donnent la forme des jets d’eau – afin de retrouver les jeux d’eau d’origine qui avaient été fortement remaniés dans leur forme « fleur de lys » sous le roi Louis-Philippe plutôt que « lance d’eau verticale » à l’origine sous Louis XIV. Enfin il est également prévu une nouvelle mise en lumière – comme le Bassin de Latone – avec un éclairage incorporé au socle ou aux margelles. Marc-André Venès le Morvan Docteur en Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie

Source : Archives PDF VersaillesPlus

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