23 CULTURE V+ : Quelle sera la ligne éditoriale d’ODM ? DP : Les centres d’intérêt d’ODM sont : les relations internationales, la géopolitique et l’histoire. Les auteurs seront, au départ, principalement des personnes que je connais pour les avoir lues et rencontrées dans différents colloques ou conférences depuis une dizaine d’années, des anciens diplomates ou des professeurs d’université. J’imagine qu’ensuite, notre notoriété nous apportera quelques nouveaux contacts. Mais mes projets à court terme sont très limités en termes de quantité d’ouvrages édités. Cette année, nous allons en publier trois. Mon objectif, pour l’année prochaine est de six environ. Cela peut paraître modeste, mais, pour une structure « légère » comme celle d’ODM, cela représente déjà beaucoup de travail. Il ne s’agit, en effet, pas de trouver des sujets, des auteurs et de faire imprimer les livres. Il faut les faire connaître et les défendre, sinon vous vous retrouvez vite avec de faibles revenus et une cohorte d’auteurs mécontents qui pensent que si leur livre ne marche pas, c’est obligatoirement la faute de l’éditeur car, bien entendu, leur « bébé » est génial. Donc un livre tous les deux mois… Et puis, parallèlement à la maison d’édition, nous aurons aussi les ventes en ligne de livres d’autres maisons d’édition sur le site du « Messager International », la plateforme multi médias que je mentionnais tout à l’heure. V+ : Alors pourquoi commencer par un roman ? DP : J’attendais votre question ! Evidemment, le choix semble étrange, surtout pour quelqu’un qui ne prévoit pas d’éditer ce type de livre. Le marché du roman est difficile. Tout d’abord, il touche au domaine de la littérature dans lequel les libraires et leurs clients sont très sensibles au style de l’auteur. Pour ce qui est des essais, le sujet, sa présentation et son analyse sont plus importants (à condition que le style tienne tout de même un peu la route, bien sûr). Les bons auteurs sont déjà chez des confrères. Trouver un nouvel auteur à succès est un peu comme jouer au loto. Quand on gagne, cela peut effectivement rapporter « gros », mais comme l’expliquait il y a quelques années un mathématicien de mes connaissances, « la probabilité de gagner au loto est la même que l’on joue ou que l’on ne joue pas »… J’ai accepté ce roman, « les diamants de Nika » parce que c’est plus qu’un roman. Il se passe dans la Russie des années 90, et raconte l’histoire d’une jeune étudiante qui se retrouve, du jour au lendemain sans rien, sans famille, sans revenus, ce qui est arrivé à des dizaines de millions de Russes à cette époque, et même, en ce qui la concerne, sans toit. Comment survivre ? On peut s’en tenir à l’intrigue, passionnante, qui entraine le lecteur de Moscou à Bruxelles puis à Singapour avant l’Angleterre où tout se dénouera après un détour par Moscou. On sent dans la construction de l’ensemble que l’auteur est aussi scénariste et il est difficile de refermer le livre avant de l’avoir terminé. On peut aussi s’attacher à l’observation du contexte dans lequel se déroule l’action. Nous sommes dans la Russie des années 90. L’Urss vient de disparaître, mais elle n’a encore été remplacée par rien d’ordonné. Dans ce chaos, cent quarante millions de personnes qui ont perdu leurs repères, leur argent, leurs revenus, pour beaucoup d’entre eux, doivent survivre. Certains ne survivront pas. En 1995, l’espérance de vie pour les hommes était tombée à cinquante-cinq ans. Enfin, on peut accepter l’invitation de l’auteur à l’introspection. Que ferais-je moi-même, si je me trouvais dans cette situation ? Opterais-je pour le chemin de la mère de Nika, celui de Nika elle-même, celui de Nikolaï Ivanovitch, ancien colonel du défunt KGB, celui d’Edouard Kuzmine haut fonctionnaire enrichi en détournant des biens de l’Etat ? Un autre chemin ? Pour ce qui est du style, je mentionnerai simplement que l’auteur a obtenu le prix « Bounine de littérature » à Moscou en 2015, pour son roman précédent. Aujourd’hui, le livre est distribué dans six pays (Russie, France, Tchéquie, Grèce, Autriche et Italie). Notre prochain livre sera un livre de géopolitique consacré aux années 1990-2019. Il sera préfacé par un personnage de la politique française dont je tairai le nom pour le moment, par superstition ! Propos recueillis par Véronique Ithurbide Nina Pouchkova « Les Diamants de Nika » éditions ODM 20 euros
Septembre 2019 - N°119
23 CULTURE V+ : Quelle sera la ligne éditoriale d’ODM ? DP : Les centres d’intérêt d’ODM sont : les relations internationales, la géopolitique et l’histoire. Les auteurs seront, au départ, principalement des personnes que je connais pour les avoir lues et rencontrées dans différents colloques ou...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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