des services d’informations aux des services d’informations aux services des entreprises services des entreprises Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 14 BUSINESS+ > Versailles Plus : Arrivez-vous à travailler pendant cette période de pandémie ? Valérie Guimard : Oui, notre activité est possible, nécessaire et même indispensable ! Actuellement, nous devons aider nos clients de façon plus intense que d’habitude. Nous sommes sur deux métiers : les infrastructures réseaux, serveur, matériel, et sécurité. Et le développement d’applications web et mobiles. Nous avons connu une suractivité dans les premiers jours de confinement due à la création de nombreux accès distants pour permettre à nos clients de télétravailler – sans surfacturation puisque nos clients ont une maintenance au forfait. Mais ensuite, le chômage partiel chez beaucoup de nos clients a engendré une réelle baisse de notre activité. Mon choix a été, pour la société, d’opter pour le télétravail plutôt que pour un chômage technique, et ainsi d’en profiter pour former et créer de la valeur interne. Nous avons par ailleurs tenu à rester solidaires de nos clients et fournisseurs. Nous avons eu des revers, bien évidemment car lorsque le client ne va pas bien, cela a forcément un impact. Les gros projets sont à l’arrêt et nos clients attendent de voir, ils s’engagent avec moins de facilité sur les infrastructures ou les développements. Le confinement s’est traduit également par une incapacité à prospecter plusieurs mois durant, et aujourd’hui, nous le ressentons. Je suis d’un naturel optimiste et je tiens à continuer à créer. Nous avons donc réfléchi à un tas de petits outils pour faciliter le télétravail de nos clients : visio, sécurité, VPN, accueil client, sites de e-commerce et CRM... V+ : Vous étiez préparés à cette dématérialisation ? VG : Nous y étions préparés, mais comme beaucoup, nous ne l’utilisions pas assez. Aujourd’hui, c’est vrai, tout prend du sens et son usage est devenu fondamental. En tant que chef d’entreprise, je pense que le 100 % télétravail ne peut tenir dans le temps car pour beaucoup la distanciation est une épreuve et la notion d’appartenance à un groupe est mise à mal. Cependant, pouvoir se concentrer sur un sujet deux jours par semaine à son domicile est bénéfique, et cela, quel que soit le poste occupé dans la société. Nous devons donc prendre le meilleur de ces deux mondes ! Pour que nos clients puissent s’adapter à cette transformation numérique, il est nécessaire aujourd’hui de fournir des solutions simples et rapidement exploitables. Les projets de plusieurs mois de mise en œuvre sont devenus plus complexes à conclure. Le système d’informations doit permettre à toutes les équipes de continuer à partager les informations à distance comme s’ils étaient en présentiel. La mise en place de CRM simples et d’outils de communication adaptés peuvent répondre à cette problématique. Tout comme l’e-commerce et le click & collect sont des réponses pragmatiques à la fermeture des commerçants et au confinement. En cinq jours, par exemple, nous avons mis en place cet outil pour une brasserie artisanale de Coignières (78). Tout ceci contribue concrètement à la poursuite de l’activité des entreprises. V+ : Est-ce un marché à saisir ? VG : Sûrement, mais j’avoue que nous l’abordons plus dans ce contexte difficile pour aider les commerçants. Il faudra bien sûr travailler la rentabilité de ces projets, mais nous sommes aujourd’hui dans un contexte solidaire. J’en profite pour mettre en avant une initiative de la Région IDF qui a mis en place un « chèque numérique » permettant aux artisans et commerçants d’obtenir une subvention pouvant aller jusqu’à 1 500 €. Vous avez dit : « Je m’applique à aller dans une direction, celle qui a un sens pour mes clients ». Pouvez-vous développer votre idée ? Pour moi il est fondamental d’offrir des services et produits qui servent à nos clients, qui accélèrent leur développement et qui leur donnent toute satisfaction. Cela donne un sens à nos actions, et nos collaborateurs en ont tous besoin. Pour donner encore plus de sens, nous avons un projet d’intrapreneuriat de reconditionnement et de recyclage de PC usagés qui intègre également de l’insertion et de l’inclusion par le numérique. Je suis très attachée à démontrer que chaque entreprise commerciale peut contribuer à son niveau aux enjeux sociétaux. Propos recueillis par Olivier Certain Valérie Guimard, CEO de SI4YOU, Ingénieur EPF, Maître de conférences Polytech Paris Saclay nous présente sa société et fait le point sur la période. Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 15 BUSINESS+ Il y a une dizaine d’années, Denis Richard, retraité, s’est mis à réparer chez lui des vélos récupérés parmi les encombrants pour en faire profiter ses petits-enfants, puis des personnes de son quartier. Face au succès rencontré, la Paroisse de l’église Saint Symphorien du quartier de Montreuil lui a proposé un local pour s’y installer. Il fonde alors « l’atelier vélo Saint-Symphorien ». Rejoint par François Fumeau et Philippe Blondeau, puis avec une dizaine de bénévoles, ils ont développé l’atelier, l’idée maîtresse étant de lutter contre le gaspillage et de redonner une seconde vie à des bicyclettes. Le volume de cette activité grandissant, l’association sportive Père et Fils leur a proposé de partager une partie de leur terrain. Cet atelier est désormais installé depuis quelques années sur une prairie située près de la Pièce d’Eau des Suisses. En entrant dans cet atelier situé dans un cadre bucolique, on sent immédiatement une atmosphère chaleureuse et conviviale, liée à la personnalité de ces bénévoles. Cet endroit bohème a un charme indéniable. Tout est bien organisé dans un joyeux bric à brac : à l’intérieur d’un hangar des centaines de vélos sont rangés par catégories, mais aussi des chambres à air, des clés hexagonales, des selles, des pièces de toute époque et de toute sorte, tout ce qu’il faut pour les remettre en état. Un voyage dans le temps nous est également offert avec un petit effet « Madeleine de Proust » en découvrant des vélos des années 1970 estampillés « Eddy Merckx ». Isabelle Chabrier : Quelle est la vocation de votre atelier ? François Fumeau : Tout d’abord, de redonner une seconde vie aux vélos, de transmettre nos connaissances et d’accomplir une action solidaire, importante à nos yeux. Nous formons des enfants, des jeunes et adultes qui ont du temps libre et n’ont pas peur de retrousser leurs manches pour comprendre le mécanisme d’un vélo. Ils les réparent ensuite eux-mêmes. Une fois donc réparés, ces vélos sont ensuite mis à la disposition à la vente pour des personnes qui ne peuvent pas dépenser une fortune pour l’achat d’un cycle. Les gammes de prix de vélos varient entre 70 et 120 euros pour des vélos adultes et pour les vélos enfants de 15 à 50 euros. Les revenus des vélos sont ensuite reversés directement aux Associations SOS Accueil et Saint-Vincent-de-Paul en faveur des plus démunis. Une remise en selle sociale François Fumeau : Nous avons développé également un partenariat avec Nathalie Furic de l’association Voisins Solidaires pour accueillir trois réfugiés installés sur le camp des Mortemets, une fois par semaine, pour leur permettre de s’intégrer et d’enrichir leur apprentissage du français. Nous leur offrons un vélo qu’ils choisissent eux-mêmes. Ils apprennent à le réparer sous les conseils bienveillants des bénévoles. C’est ainsi l’occasion pour eux de créer des liens Un atelier de réparation solidaire dédié à la petite reine aux confins du Château Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 16 ACTUS + avec ces bénévoles et les clients de l’atelier. Certains sont devenus de très bons réparateurs. Leurs déplacements sont ainsi facilités et ils deviennent plus autonomes. Une chaîne d’écoute et d’entraide François Fumeau : des personnes en recherche d’emploi viennent également rejoindre l’équipe, le fait de se déplacer, d’avoir ainsi un but dans leur journée, de parler autour d’un café avec d’autres personnes, de se sentir utile leur permet de recréer un lien social et leur procure un bien être certain. Isabelle Chabrier : Qui peut venir vous aider ? François Fumeau : Toutes les personnes qui ont du temps libre et qui sont intéressées pour nous aider sont les bienvenues. Certaines ne sont forcément attirées par les vélos, elles viennent nous aider pour la manutention, entretenir le terrain ou pour démousser le toit du hangar par exemple. Isabelle Chabrier : Quel est votre souhait pour l’avenir de cet atelier ? François Fumeau : Nous sommes attachés à ce bel endroit et espérons y rester. Nous souhaitons faire évoluer ce lieu, non pas en termes de dimensions mais pour améliorer l’organisation de sa structure. Nous espérons que l’activité de cette association deviendra pérenne. Nous sommes très heureux de nous occuper de cet atelier et espérons qu’un jour, (dans longtemps, précise François Fumeau en souriant), que nous pourrons le transmettre à des jeunes et qu’ils puissent nous remplacer dans le même esprit que nous, ouvert et sympathique. Ces bénévoles ont créé, il y a quelques années et sans le savoir, un concept précurseur sur le plan écologique, social et solidaire qui est tout à fait ancré dans l’ère du temps : réduction des déchets, mise en valeur d’un mode de circulation douce, intégration des migrants volontaires, aide auprès d’associations caritatives, création d’un espace de rencontre et de partage, soit un véritable tiers-lieu. On sent dans cet atelier une simplicité, une sincérité et un engagement humanitaire profond. Si vous avez des vélos non utilisés et que vous souhaitez vous en débarrasser et si à l’inverse vous en cherchez un, n’hésitez pas à vous rendre à l’Atelier de Vélos Père et Fils. Votre démarche soutiendra une action caritative en faveur des personnes en précarité. L’atelier a besoin également de tables et de chaises de jardin pour installer les différents points de réparation, merci de venir déposer celles dont vous ne vous servez plus. Une vente exceptionnelle de vélos aura lieu le samedi 12 décembre de 10h00 à 12h00 Isabelle Chabrier Atelier de Vélos Père et Fils L’atelier est ouvert tous les lundis, vendredis et samedis matin de 10 h 00 à 12 h 00. Préférez de venir les lundis et vendredis, il y a moins d’affluence. 2 route de Saint Cyr – 78000 Versailles Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 17 ACTUS + « Aider plus loin, 40 ans de crises, 40 ans d’actions » un livre aux témoignages passionnants et aux photos magnifiques paru aux éditions Autrement coécrit par Pierre Brunet et le jeune Versaillais Tugdual de Dieuleveult. Les droits d’auteur sont reversés à l’association, une jolie idée de cadeau de Noël ! Tugdual, fils aîné de Philippe de Dieuleveult, a passé une partie de son enfance et son adolescence à Versailles, dans le quartier Porchefontaine. Après ses années de lycée à Notre Dame du Grandchamp. Il étudiera le journalisme dans une école à Paris. Aujourd’hui il travaille pour Europe 1, il est l’un des auteurs de Christophe Hondelatte dans l’émission « Hondelatte Raconte » diffusée tous les jours de 14 h à 15h, une émission numéro 1 des podcasts de récits en France. Tugdual de Dieuleveult a auparavant travaillé pour l’ONG Solidarités International, une association qu’il connait bien et depuis longtemps, d’où sa participation à l’écriture de ce livre. Pour Versailles + il répond à nos questions. Véronique Ithurbide : En quelques phrases quel est votre parcours professionnel, quand avez-vous rencontré « Solidarités International » et pour y faire quoi ? Tugdual de Dieuleveult : Je suis arrivé au monde un an après la naissance de Solidarités International. Je connais l’organisation depuis toujours. J’ai dû humecter les enveloppes en étant petit quand ma mère, bénévole, venait y donner un coup de main. Plus tard, j’ai organisé des soirées au lycée au profit de l’association. Et finalement en 2014, j’ai rejoint l’équipe du siège comme salarié. Aujourd’hui, après avoir quitté mon poste il y a un peu plus d’un an, puis co-écrit dans la foulée le livre ‘’Aider plus loin’’ avec Pierre Brunet, j’ai intégré le Conseil d’Administration afin de poursuivre mon engagement. VI : Ce livre relate « Aider plus loin - 40 ans de crises, 40 ans d’actions », vous en êtes le co-auteur avec Pierre Brunet, comment vous êtes-vous réparti le travail ? T de D : J’ai été en charge des entretiens que vous pourrez lire dans le livre. J’ai rencontré une trentaine de témoins qui ont fait l’organisation depuis 1980 et à qui nous avons demandé de nous livrer leurs souvenirs rendus sous forme de récits ou d’interviews. Pierre Brunet qui est aussi Vice- Président du Conseil d’Administration, a rédigé les parties historiques qui ouvrent chacune des 4 grandes parties tout en coordonnant la réalisation de l’ouvrage avec les éditions Autrement. VI : Comment avez-vous mis en place la structure du livre, quels ont été les desiderata des dirigeants de l’ONG, la ligne éditoriale ? T de D : Raconter 40 ans de vie d’une association n’est pas une mince affaire … Nous avons donc décidé de découper le livre en quatre décennies des années 1980 aux années 2010. Loin d’un livre d’histoire, nous l’avons voulu vivant, à l’image de l’association. Nous avons souhaité un livre dont on peut tourner les pages facilement, dans lequel on peut piocher un témoignage, une photo et le reposer pour le reprendre plus tard. Certes, après 40 ans d’existence, c’est un livre pour le souvenir. C’est aussi un livre tourné vers l’avenir qui nous montre l’évolution du monde humanitaire et nous permet d’apprendre d’hier pour mieux aider demain. VI : A chaque catastrophe humanitaire, une intervention, une mission sur place, l’ONG est active dans 18 pays, arrive-t-il que l’ONG réussisse à quitter un pays une fois l’action accomplie ou reste- il- toujours une « antenne » sur place ? T de D : Le but d’une ONG comme Solidarités International est bien, à terme, de pouvoir passer la main à des organisations de développement quand sa mission d’urgence est terminée et que le pays, la zone dans laquelle elle intervenait, s’est stabilisée. On peut citer la Bosnie, la Roumanie ou le Rwanda dans les années 90 fermés car les pays ‘’vont mieux’’. Ou même l’Indonésie ouverte après le Tsunami en 2004 et fermée deux ans plus tard. Il n’y a donc pas toujours une antenne sur place après le départ de l’organisation. Parfois, les ONG doivent quitter un pays à contre cœur par manque de moyens ou comme au Soudan en 2009, chassé par le pouvoir en place à l’époque. VI : Comment sont recrutés les humanitaires, sont- ils tous bénévoles ? T de D : Chez Solidarités International, quelques bénévoles sont recrutés pour des missions très courtes, uniquement en France et souvent pour des actions de communication événementielle. Cela s’explique aisément avec la professionnalisation du monde humanitaire. Les ONG ont besoin de compétences spécifiques. Si l’engagement personnel est indispensable et est une des Solidarités International, l’ONG fête ses 40 ans Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 18 ACTUS + principales qualités d’un humanitaire, les ONG ont besoin d’experts, de personnes qui connaissent les terrains difficiles voire dangereux parfois. VI : Dans ce livre un des intervenants témoigne de la « mutation des crises humanitaires » à quoi est-ce due, comment cela se manifeste-il ? T de D : Aujourd’hui, les crises comme les conflits armés, sont souvent plus longues que par le passé. On le constate avec la crise syrienne. Les catastrophes naturelles (sécheresses, inondations…) sont plus fréquentes, plus intenses notamment en raison du changement climatique et de la pression démographique. Comment fournir de l’eau potable en ville quand la population augmente plus vite que les infrastructures d’accès aux services essentiels ? VI : Et aujourd’hui en pleine crise de la covid, comment sont les dons, arrive-t-on encore à sensibiliser le public aux crises humanitaires à l’étranger ? T de D : S’il a été plus difficile de mobiliser les donateurs sur les questions d’aide humanitaire à l’international lors du premier confinement, ils sont aujourd’hui plus conscients de l’importance de soutenir les ONG. Nous l’avons notamment constaté après la terrible explosion qui a frappé Beyrouth au Liban il y a quelques mois. La mobilisation des donateurs a été importante et a permis aux organisations comme Solidarités International de mettre en œuvre rapidement des programmes d’aide adaptés. VI : Actuellement sur quel front l’ONG Solidarités International est-elle la plus active, où se situe l’urgence primordiale ? T de G : Solidarités international envoie par exemple dans les jours à venir une mission d’évaluation au Soudan où 30 000 Éthiopiens ont trouvé refuge après avoir quitté leur pays en raison du conflit qui fait rage dans le Tigré région du nord frontalière avec l’Érythrée. On parle aujourd’hui de 30 000 réfugiés mais ce chiffre pourrait augmenter très vite dans les semaines à venir. Il ne faut pas non plus oublier les pays dont on parle moins comme le Mozambique où les besoins chroniques sont immenses et où le taux de mortalité est très élevé. Il y a également les pays du Sahel qui sont en proie à des difficultés : insécurité, accès à l’eau, catastrophe naturelles (sécheresse/ inondations). Pierre Brunet, Tugdual de Dieuleveult « Aider plus loin, 40 ans de crises, 40 ans d’actions » éditions Autrement, 25 euros ; Les droits d’auteur sont entièrement reversés à Solidarités International. ou sur www.avenirsantemutuelle.fr L’Épervier se pose à Versailles A l’occasion de la sortie le 29 octobre du nouveau tome de l’Épervier, une exposition inédite sur le travail du dessinateur Patrice Pellerin se tient à la galerie La Fontaine dans les carrés Saint-Louis du 5 décembre au 27 février 2021. Des toiles inédites L’exposition présente le travail exceptionnel de Patrice Pellerin au travers de planches originales et illustrations de son dernier album. La Galerie propose à la vente des reproductions sur toile grand format des illustrations de Patrice Pellerin. Ces toiles sont accompagnées d’un dessin original réalisé par Patrice Pellerin. Un cadeau idéal pour les fêtes de Noël ! Exposition Patrice Pellerin La Fontaine Carrés Saint-Louis, 61 bis, rue royale - Versailles www.evenbd.com exposition du 5 décembre au 27 février 2021 de14h à 18h L’Epervier se pose à Versailles Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 21 CULTURE + Les confinements successifs accompagnés d’un sentiment de manque de liberté ont rythmé notre quotidien durant cette année 2020. Séverine Colmet Daâge (dite SEV), une auteure pleine d’optimisme, a fait le choix d’exprimer cette situation à travers ses crayons. A l’occasion des fêtes de fin d’année, elle publie sa bande dessinée « Confinés à Versailles » et se confie sur son parcours singulier. Séverine Colmet Daâge (Sev), fille d’architectes, a toujours eu un goût prononcé pour le dessin. Cette passion l’a amenée à mettre entre parenthèses sa carrière de conceptrice-rédactrice dans la publicité pour celle d’artiste. Après 20 ans dans une agence de communication, elle décide de prendre le temps de réunir et de trouver un lien entre ses différentes pratiques artistiques : aquarelles, dessins, acryliques, sculptures, photographies… en commençant un cursus à l’Ecole des Beaux-Arts de Versailles. « Cela m’a permis de remettre vraiment à plat ce que j’aimais faire : le dessin et raconter des histoires ». Séverine Colmet Daâge est donc une artiste multifacette dont la bande dessinée lui permet de créer des histoires à partir de celles qu’elle trouve dans le grenier A la même époque, Sev fait une rencontre qui lui permettra de réaliser son premier ouvrage : Sylvain Audinovski, chef d’orchestre en résidence dans l’établissement scolaire de ses enfants. Ce dernier voulait monter un chœur qui réunirait les élèves, parents et enseignants pour chanter du Queen et du Rachmaninov. SEV musicienne amateur participe au projet : « Je suis rentrée dans le chœur, c’était génial, j’ai découvert toute la complémentarité des uns avec les autres. Je faisais des croquis pendant les répétitions pour m’amuser. Puis nous avons décidé, avec le Chef d’orchestre, de mettre cela sous forme de bande dessinée pour contribuer à dépoussiérer l’image de l’orchestre. J’ai appris le métier d’éditeur, maquettiste, relecteur, commercial… c’est une formation très complète ! » A Noël dernier, l’Univers FOU du chef d’orchestre est publié après trois ans de gestation. Un regard sur l’actualité Arrive le premier confinement et le 24 mars, Séverine Colmet Daâge publie sur son blog (https://www.sevthequeen.com) le premier épisode de la série « Confinés à Versailles ». « Je commence à faire des petits dessins à mettre en ligne. Pas avec l’idée de faire une BD mais plus pour donner un peu d’air à tout le monde via les réseaux sociaux. » Elle nous montre, à travers ses croquis, que l’actualité peut être matière à une histoire. Cette artiste fait référence de manière humoristique aux événements de ces derniers mois : elle fait allusion à l’annonce du confinement par le Président français, aux sculptures de Christo ou, plus récemment, aux tweets de Donald Trump. Séverine Colmet Daâge nous raconte sa redécouverte d’un manque du Château de Versailles qui est devenu une source d’inspiration en cherchant des ressources via Internet. Ces ressources sont indiquées à chaque fin d’épisode, sur son blog et sur l’édition papier. « Ce reconfinement a eu au moins une vertu : tout le monde s’est focalisé sur son environnement proche. Habitant Versailles, je me suis intéressée au château que je voyais seulement comme un bel espace vert pour me promener avec les enfants. Un peu comme les parisiens qui ne regardent plus la tour Eiffel et n’y vont que pour accompagner des touristes ! Je suis tombée amoureuse du château, il m’a manqué. » Elle y imagine alors les histoires du Petit Louis. Un enfant intemporel : « Il est à la fois Louis XIV, XV, XVI et à la fois Louis d’aujourd’hui. Il a des réactions d’un enfant du XXIème siècle : il a l’âme d’aujourd’hui. ». Dans la bande dessinée « Confinés à Versailles », nous aurons le plaisir de retrouver les dessins de la saison 1 mais aussi de découvrir les 5 épisodes de la saison 2, sur le reconfinement. Une parenthèse de légèreté et d’humour à savourer dans cet ouvrage du 9ème art. Léa Rambault Si vous désirez commander l’album « Confinés à Versailles » rendez-vous sur le blog de Séverine : https://www.sevthequeen.com où vous trouverez la liste des libraires dépositaires. De nouvelles visites conférences Et si nous étions confinés dans le Château de Versailles ? Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 22 CULTURE + 21 MARS C’est le printemps dehors, mais à l’intérieur on l’a un peu oublié … > Récit de Bruno de Stabenrath paru récemment chez Gallimard, « L’Ami impossible » nous livre une histoire d’amitié entre deux jeunes Versaillais à qui la vie semble sourire. Ensuite, parce qu’il a soif de vérité et de justice, l’auteur mène son enquête sur un désormais inconnu, sur cet ami devenu « impossible ». Bruno de Stabenrath, auteur de nombreux livres, débute sa carrière d’écrivain par une première œuvre autobiographique : « Cavalcade » paru en 2001 qu’il adapte ensuite pour le cinéma. Il y raconte le terrible accident de voiture qui, après 14 mois passés à Garches, le laissera paraplégique. Plus jeune il avait entamé une carrière au cinéma, puis de scénariste et musicien. Ils ont 16 ans, cette année-là, Bruno de Stabenrath démarre l’année scolaire avec 15 jours de retard, il tournait un film en Bretagne, il est nouveau, ne connait personne, Xavier Dupont de Ligonnès l’accueille sur les bancs de leur lycée privé. A Versailles, ils sont quasiment voisins, Ils ne se quittent pas et partagent les mêmes amitiés, la première mobylette, les ballades au Parc, les soirées de rallye, l’amour du rock et les rêves de Californie. C’est une belle amitié d’adolescents, ils se comprennent, se soutiennent, s’entraident, sont souvent chez l’un ou chez l’autre. « Il était le roi dans sa maison, l’enfant gâté, béni, au milieu de trois femmes ». « Joyeux et généreux, il avait une âme bienveillante, il avait le don de m’apaiser, c’était ma bonne conscience » se souvient l’écrivain. Cependant, malgré cette proximité, Xavier cloisonne un autre univers, celui de sa mère et son groupe de prières fermé « Philadelphia ». La comtesse de Ligonnès divulgue à ses adeptes des messages tout-droit venus de l’au-delà. Xavier lui dira « ma mère est folle », il ne cherche pas à faire entrer son ami dans ce monde-là. A vingt ans, leurs chemins se séparent. Afin de suivre des cours de théâtre, Bruno de Stabenrath emménage à Paris, les deux amis se verront moins mais resteront toujours en contact, Xavier lui rendra visite lors de sa longue hospitalisation, il ne se livrera pas sur ses problèmes financiers qui ne font que commencer. Comment se plaindre à un ami qui vient de perdre l’usage de ses jambes à 35 ans ? L’incompréhension puis l’enquête A l’annonce de la découverte des cinq corps assassinés, le choc et la stupeur sont évidemment terribles, Bruno de Stabenrath veut comprendre, il veut savoir et mène sa propre enquête. Il remonte dans le temps, reprend les différentes étapes de la vie de l’homme dont il est persuadé de la culpabilité. Il recoupe les différents évènements qui le mèneront à la ruine, acculé et criblé de dettes, il dit « qu’il n’a pas coupé le fil mental addictif avec sa mère, c’est son drame », « L’influence ésotérique de la mère avait distillé son venin ». L’écrivain reste aujourd’hui persuadé que Xavier Dupont de Ligonnès est vivant et caché, pourquoi pas dans un ranch au Texas car tel était son idéal, son Eldorado… Véronique Ithurbide Bruno de Stabenrath « L’Ami impossible » éditions Gallimard 22 euros Xavier Dupont de Ligonnès est « l’Ami impossible » Ve r s a i l l e s + N°131 - Décembre 2020 24 CULTURE + Amateur de musique baroque ou pas, découvrez l’expérience sonore et visuelle créé par le Centre de musique baroque de Versailles via un podcast couplé à une exposition virtuelle, à moins que ce ne soit l’inverse... Alors que le monde culturel subit de plein fouet les conséquences liées aux deux confinements, une grande institution nationale et versaillaise a profité de ces contraintes pour se réinventer et proposer une consommation culturelle en ligne. Pierre Copey, président du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), l’explique bien : « Au CMBV, la période a donné tout son sens à la réflexion que nous avions engagée pour élargir l’accès à de nouveaux publics ». Ainsi, le CMBV a lancé l’Expodcast (expodcast.cmbv.fr) qui s’ajoute aux trois autres outils numériques précédemment initialisés : le nouveau site internet (cmbv.fr), la boutique en ligne (boutique.cmbv.fr) et la webradio baroque (cmbv.fr/fr/webradio). Pierre Copey ne cache pas que ce nouveau support est « le fruit de cogitations, de fulgurances aussi, et parfois simplement d’évidences » d’une équipe « commando » mobilisée sous la houlette du directeur du CMBV. Lancé le 12 novembre en partenariat avec France Musique et le Château de Versailles, ce premier Expodcast a pour thème : Musique et musiciens à la Chapelle royale de Versailles. On l’oublie souvent, mais la Chapelle royale de Versailles a été un formidable laboratoire de la musique baroque française. Comment fonctionnait-elle ? Pourquoi était-elle si chère à Louis XIV, qui a, dès l’installation de sa Cour à Versailles, travaillé à la moderniser et à lui fournir les meilleurs musiciens ? Quelle était la vie quotidienne de ces artistes ? Et quel était le rôle, tout simplement, de la musique, omniprésente dans ce lieu de culte que la cour de France a assidûment fréquenté ? Pour répondre à ces interrogations, cette expérience sonore et visuelle se déroule en six épisodes : la Chapelle royale, joyau de la musique du roi - la messe quotidienne du Roi-Soleil - le concours de 1683, un événement - le motet à grand chœur, la French touch - Success story : Lalande, le grand maître - rayonnement et postérité de la Chapelle royale. Le président du CMBV le rappelle : « Ce podcast augmenté d’une exposition numérique est surtout une occasion supplémentaire de partager, avec le plus grand nombre, notre amour de la musique baroque française. Puisse ce nouveau média toucher également le cœur de nouveaux publics en France et au-delà. » Conçu comme un véritable musée en ligne, le site Internet expodcast.cmbv.fr, également accessible en anglais, offre la possibilité aux internautes de prolonger l’expérience audio des podcasts en découvrant archives, vidéos, anecdotes, rencontres et autres surprises. Véronique Ithurbide Avec l’Expodcast Musique et musiciens à la Chapelle royale de Versailles, la musique baroque s’invite chez vous.
Si4You : :
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Source : Archives PDF VersaillesPlus
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