Que ceux qui ont oublié l'impressionnant déluge du 23 juin 2005 se manifestent ! Ce jour-là, des coulées d'eau boueuse déferlent des hauteurs de Satory, inondant caves et rez-de-chaussée du quartier Saint Louis en l'espace de quelques minutes. Et comme souvent lorsque de tels phénomènes se produisent, les imaginations s'enflamment. Deux personnes auraient péri dans un parking, la rumeur circule dans le quartier, amplifiée sur Internet. Bien qu'infondés, ces fantasmes n'ont rien de surréaliste. Ce jour de juin, lorsque des pluies diluviennes s'abattent sur Versailles, le réseau d'évacuation, saturé, ne permet pas aux eaux de ruissellement de s'écouler suffisamment vite. Au point le plus bas de la ville, à Saint-Louis, le parking de la cathédrale est aussitôt submergé par une vague d'un mètre de haut, qui s'engouffre dans ses sous-sols en plein après-midi. « Au total, raconte le chef du parc Saint-Louis pour la société Omniparc, Claude Raoul, quatre niveaux furent inondés sous sept mètres d'eau. Des hommes-grenouilles sont intervenus au milieu des voitures, dans une eau mêlée d'essence, pour s'assurer que personne ne s'était effectivement noyé ». Aucune victime n'est à déplorer, mais une fois l'eau pompée, le choc est rude : les portes pare-feu sont broyées, les murs maculés de traces d'eau croupie et d'hydrocarbures, le groupe électrogène, les ascenseurs, le local d'exploitation et le système de paiement sont hors de fonctionnement. Sans compter la centaine de voitures sinistrées. Placé sous le régime de la délégation de service public pour trente ans, ce parking, financé et géré par la société Omniparc, avait donc fermé ses portes dans la foulée du drame. Depuis, expertises topographiques des lieux, visites d'assureurs, d'experts et d'architectes se sont succédés, ne permettant aux travaux de débuter qu'en novembre 2006. Le classement de cette pluie centennale en catastrophe naturelle par le gouvernement a cependant permis à la société Omniparc de faire jouer à plein les assurances, même si elle n'a pas encore été remboursée à ce jour. « Quant à nos amodiataires (propriétaires de places, NDLR), lésés, nous leur avons proposé un macaron leur permettant d'utiliser gratuitement des places que nous louons sur la voie publique, et nous avons remboursés les autres de leur abonnement », explique Marc Grasset, chargé de l'exploitation chez Omniparc. Un pis-aller, puisqu'ils n'avaient aucune garantie de trouver une place où stationner dans un quartier dont les capacités de stationnement sont utilisées en moyenne à 92 %… Principe de précaution oblige, cet événement mémorable aura en tout cas permis aux experts de concevoir des infrastructures propres à éviter que de tels accidents ne se reproduisent : les garde-corps encadrant les entrées du parking, hier ajourés, sont désormais pleins, et des portes surgiront du sol en cas de crues afin d'isoler le parking. Victime à trois reprises d'inondations en six ans d'exploitation, dont la première fois deux mois à peine après son inauguration, le parking Saint-Louis est désormais, après vingt mois d'études, tractations et travaux, le plus sûr de Versailles ! C'est en tout cas ce que son délégataire, et la mairie soutiennent… comme les deux dernières fois. Seul le temps, et… le temps pourront nous dire si c'est bien la bonne.
Un parking sauvé des eaux
Que ceux qui ont oublié l'impressionnant déluge du 23 juin 2005 se manifestent ! Ce jour-là, des coulées d'eau boueuse déferlent des hauteurs de Satory, inondant caves et rez-de-chaussée du quartier Saint Louis en l'espace de quelques minutes.
Source : Archives VersaillesPlus - VN1.pdf
Article extrait des archives VersaillesPlus (N°1 - Janvier 2007).




