Huit, rue Sainte-Famille. Son adresse pourrait faire sourire si Sahaja Yoga ne soulevait pas quelques inquiétudes dans la ville. Malgré une présence à un salon du bien-être à Parly II en mai 2006, et une journée « portes ouvertes » le 23 septembre, l'antenne versaillaise du mouvement souhaite rester discrète. Sa communication se limite à son site Internet et ses activités officielles à ses cours (gratuits) de yoga du mardi soir. Mais depuis son installation en juillet dernier, elle est surveillée de près par l'Association de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (ADFI). Le rapport parlementaire de 1995 la considère comme un mouvement « orientaliste apocalyptique » et un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) l'a épinglée en 2005, lui reprochant l'envoi d'enfants dans des monastères appelés « ashrams ». Si les parents le consentent, les autorités ne peuvent l'empêcher, sauf à prouver qu'il y a danger pour les enfants. Difficile sans témoignages ou perquisitions. Créée par Nirmala Salve Devi, dite Shri Mataji (« Mère sacrée ») en 1970, Sahaja Yoga se veut un syncrétisme d'hindouisme, de christianisme, de bouddhisme et d'islam, et enseigne « une méthode de réalisation de soi »… Le discours de Sri Mataji, la gourelle de la secte, est édifiant : « Vous ne devez pas vous attacher à votre enfant : c'est mon travail, vous devez me le laisser ... Ces enfants sont les miens, pas les vôtres. » A quoi il faut rajouter anti-occidentalisme, bannissement de toute réflexion personnelle et rejet de toute médication. L'association a défrayé la chronique en France en 1991, quand les grands-parents d'un petit garçon envoyé dans l'Himalaya (« Le mal doit être extrait des enfants dès leur plus jeune âge »), ont voulu qu'il revienne. Pour recruter de nouveaux yogis, l'association organise, en plus de ses traditionnelles séances de yoga, des concerts de musique indienne, et anime des stands lors de salons du bien-être ou bios. Pour l'heure, les cours de yoga attirent peu de monde. Les autorités n'en sont pas moins vigilantes : l'association connaît un regain de vigueur, avec 2000 membres actifs en France pour 1,5 million d'adeptes dans 86 pays. « Nous appelons à la vigilance, explique Marie Drilhon de l'ADFI Versailles, car la présentation est trompeuse ». Quant aux responsables versaillais du mouvement, ils n'ont pas souhaité répondre à nos questions. Sûrement trop occupés par le Tour de France qu'ils préparent pour l'été 2007...
Une secte à St-Louis ?
L'association Sahaja Yoga, installée dans le quartier Saint-Louis, initie à la pratique du yoga. Problème : elle figure parmi les mouvements sectaires dans le rapport parlementaire de 1995.
Source : Archives VersaillesPlus - VN1.pdf
Article extrait des archives VersaillesPlus (N°1 - Janvier 2007).




