C 'est le 20 juin 1789 que les 577 députés du Tiers- Etat, alors interdits par Louis XVI de se réunir à l'hôtel des Menus-Plaisirs, se retrou- vent dans cette salle, gracieuse- ment prêtée par le Sieur Lataille. Ils font le serment de ne se sépa- rer qu'une fois la Constitution élaborée. Ce Serment marque les préludes de la Révolution Française. Et fera entrer la salle du Jeu de Paume dans l'Histoire... Très populaire au XVIIème siècle, le jeu de paume est alors pratiqué par les nobles. Nicolas Creté, paumier ordinaire du roi, a l'idée en 1686 de faire construire une salle afin que la cour s'adonne à ce loisir, rue de Lorge, rebaptisée dès lors rue du Jeu de paume. La salle vécut donc de beaux jours ! Pensez donc, même Louis XIV s'y rendit pour s'adonner à ce sport. Mais les modes sont éphémères, et le Jeu de paume tombe rapide- ment aux oubliettes ! La salle ferme alors ses portes jusqu'au 20 juin 1789. Depuis, le destin de la salle du Jeu de Paume reste scellé à l'ac- tualité politique. Le premier anniversaire du serment y est célébré, une plaque rappelant ses termes y sera apposée. Bien que déclarée Bien National en 1793, et ce malgré les nombreux pro- jets qui se succédèrent pour faire vivre ce lieu empreint d'histoire, la salle tombe en ruines. C'est la deuxième fois depuis sa construction que la salle est fer- mée au public. La ville prend alors les mesures nécessaires pour sa restauration dès 1798, et sécurise les bâtiments alentours. La salle retrouve une seconde jeunesse avec le peintre Antoine- Jean Gros qui y prend ses quar- tiers. Juste le temps de devenir un magasin de décors de théâtre, et c'est Horace Vernet, de retour d'Afrique, qui la réutilise comme atelier durant la Monarchie de Juillet (1830-1848). La procla- mation de la deuxième République, le 25 février 1848, est une véritable renaissance pour la salle qui, dès le 14 mars suivant, accueille un grand ban- quet civique. Le Second Empire (1852-1870) ose ce que la Restauration ne s'est jamais per- mise : la salle du Jeu de Paume est louée à un fonctionnaire de la Préfecture de police qui y installe un tripot (salle de jeu) pour les officiers de la garde. Ce charmant locataire fait, du reste, faillite peu de temps après. De nouvelles res- taurations commencent pour ne se terminer qu'en 1880. La salle est alors reconvertie en musée de la Révolution. Les noms des signataires du serment sont ins- crits sur une frise faisant le tour de la salle, et les bustes des per- sonnages les plus importants de la première Assemblée Nationale sont placés autour d'une statue de Bailly, premier président de l'Assemblée Nationale, lisant le serment. On y trouve aussi le tableau de Luc-Olivier Merson, réalisé d'après une dessin de David et représentant le Serment du Jeu de Paume. L'inauguration du musée a lieu le 20 juin 1883 en présence de Jules Ferry, président du Conseil et ministre de l'Instruction publi- que. Mais une fois de plus, la salle tombe dans l'oubli… C'est finalement en 1988, lors du Bicentenaire de la Révolution, que la salle est remise à neuf. Malgré quelques visites confé- rences en effectif réduit organi- sées par l'Office de Tourisme de Versailles et avec autorisation du Château, la salle n'est pas accessi- ble au public. Pour Guillaume Bacquet, directeur de l'Office, c'est « un haut lieu de l'histoire de France qui mériterait mieux que de rester fermé 360 jours par an. L'intérêt est double. Historique pour les visiteurs, économique pour les commerçants du quar- tier. » L'ouverture de la salle drai- nerait en effet les touristes rues de Satory et du Vieux Versailles. « A l'Office du Tourisme, nous sommes très souvent sollicités par des curieux demandant à visiter la salle du Jeu de Paume ». Surtout, faîtes le test autour de vous : qui, à Versailles, a visité ne serait-ce qu’une fois la salle, pourtant haut lieu de l’histoire de France et de la ville ? EP Le serment du Jeu de Paume par Jacques Louis David. JEUDEPAUME
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C 'est le 20 juin 1789 que les 577 députés du Tiers- Etat, alors interdits par Louis XVI de se réunir à l'hôtel des Menus-Plaisirs, se retrou- vent dans cette salle, gracieuse- ment prêtée par le Sieur Lataille. Ils font le serment de ne se sépa- rer qu'une fois la Constitution élaborée. Ce Serment...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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