Versailles bouge Où sont passées les grappes d'en- fants d'une même famille, tribus de loden vert et de cols Claudine ? La mode du serre-tête en velours, du collier de perles ou du pull en V sur un pantalon de velours marron a-t-elle disparue ? Certes ces clichés, qui ont tant collé à la peau de la cité royale, peuvent encore se croiser au détour d'une rue mais très hon- nêtement, le jean, la chemise sport et les baskets tien- nent aujourd'hui le haut du pavé. 84 000 versail- lais environ cohabitent sur 26 kilomètres carrés. Une population bien équilibrée même si les femmes sont un peu plus nombreuses : ces dames représentent 44 000 habitantes pour 40 000 chez leurs acolytes mas- culins. Comme partout ailleurs, les mamans tra- vaillent plus, ce qui expli- que que les familles de quatre enfants et plus ne représentent plus à Versailles que 5 % des ménages ! Parallèlement, les familles sans enfant ont augmenté de 6 % entre 1990 et 1999. Entre 1982 et 1999, le taux d'activité des fem- mes est passé dans la commune de 58 % à 73 %. Et il est vrai que l'on voit moins de mamans qu'il y a vingt ans se retrouvant du côté du carré des nourrices au bassin de Neptune avec leurs bambins. Ces derniers y sont toujours, mais avec leurs nounous ! Le « new style » versaillais Un cycle générationnel s'est achevé au milieu des années 1990. Le phénomène a été parti- culièrement visible dans le quar- tier Saint-Louis : la population vieillissante a laissé place à de jeunes couples. Le rajeunisse- ment de Versailles est flagrant : les 18-25 ans représentent 22,8 % des versaillais et les 30-44 ans, 22,5 %. Aujourd'hui, la cohorte des plus de 60 ans incarne 21 % des habitants de la commune, moins que la moyenne nationale qui est de 22 %. Les versaillais de souche se font de plus en plus rares et les nouveaux arrivants sont en revanche de plus en plus nombreux : plus d'un tiers de la population d'aujourd'hui n'habi- tait pas Versailles dans les années 1990. Attirés à l'époque par un marché immobilier plus intéres- sant et un cadre de vie moins stressant, les « bourgeois bohè- mes », mieux connus sous l'appel- lation bobos, ont quitté Paris pour rejoindre la cité royale. Cette nouvelle population aux revenus 25 % supérieurs à la moyenne nationale avec des niveaux de diplôme élevés (on compte dans la commune 46 % de bacheliers contre 16 % dans l'ensemble de l'hexagone et 31,8 % de la population a un diplôme de niveau supérieur) ont bous- culé un peu le style de vie versaillais, imposant leur 4X4 au détriment des gros- ses berlines et se lançant dans des chantiers de réno- vation d'appartements inchangés depuis des décennies. Une population active et aisée Chez les 71 000 personnes de plus de 15 ans, on trouve 52,6 % d'actifs ayant un emploi, 24,2 % d'étudiants ou de personnes sans activité professionnelle, 19,1 % de retrai- tés et enfin, 4,1 % de chômeurs et de militaires du contingent. Les cadres et les professions intellec- tuelles supérieures se font la part belle chez les actifs, suivis par les professions intermédiaires et les employés. En 2005, sur les 46 827 foyers fiscaux, 81,2 % étaient imposables. Parmi eux, le revenu net imposable moyen était de 38 507 euros pour un impôt moyen de 5 874 euros. Sur les 35 837 résidences princi- pales, soit 88,9 % de l'ensemble des logements versaillais, 43,4 % sont des 4 pièces et plus. Près de 40 % des versaillais sont proprié- taires de leur loge- ment mais les loca- taires res- tent encore les plus nom- breux et presque 20 % d'entre eux le sont dans des loge- ments à loyers aidés. Car ce serait une erreur de croire que tout le monde a de l'argent à Versailles : les demandes de logements HLM sont en constante augmentation. Nous sommes passés de 1 200 dossiers en 2001 à 2 000 un an plus tard. Une tendance qui ne semble pas se démentir depuis. Quelques irréductibles Sur une quinzaine d'années, Versailles a donc su évoluer, se transformer pour effacer, sans y renoncer, à l'image d'Epinal d'une ville qui ne vit qu'à travers son passé. Mais ce n'est pas sans mal : quelques irréductibles, malgré le renouvellement de la population, restent sourcilleux face à la moin- dre évolution et créent, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, asso- cia- tions de sau- vegarde ou de défense dès qu'un projet pointe son nez ! Mais la belle endormie s'est réveillée et c'est peut- être ce qui fait le charme de Versailles : compter parmi ses concitoyens des conservateurs bon teint assu- mant ces clichés, cotoyant une population nouvelle, enrichissant la ville de ses apports et de son dynamisme !
V E R S A I L L E S + N ° 1 0 M A R S 2 0 0 8
Versailles bouge Où sont passées les grappes d'en- fants d'une même famille, tribus de loden vert et de cols Claudine ? La mode du serre-tête en velours, du collier de perles ou du pull en V sur un pantalon de velours marron a-t-elle disparue ? Certes ces clichés, qui ont tant collé à la peau de la...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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