Versailles + : D'abord, pourquoi cette polémique ? Christian Deconninck : Parce que j'ai été choqué du fait que la très forte augmentation des impôts à Versailles (+ 35 % de 2001 à 2007 pour les ménages), qui a été orchestrée dès 2002, n'ait pas été annoncée au préala- ble aux électeurs en 2001, et que par ailleurs on cherche à nous faire croire qu'on n'avait pas le choix en avançant de mauvaises explications. Et puis, je n'ai pas compris pourquoi, alors que tout le monde parle de développe- ment économique, on a décou- ragé les entreprises de venir s'ins- taller à Versailles en augmentant leur taux d'imposition moitié plus vite que le taux des ménages, dès que cela a été juridiquement pos- sible à compter de 2003. V+ : Pourtant, les taux d'imposition restent modérés à Versailles ? CK : Certes, mais ce n'est pas for- cément le bon indicateur. Ainsi, pour apprécier la pression fiscale sur les ménages, il faut rapporter ce qui est payé pour la Taxe d'ha- bitation et le Foncier Bâti au nombre d'habitants. Et là on voit que les Versaillais ont payé en 2006 428 euros par habitant contre 333 euros par habitant pour les communes comparables. V+ : L'agence privée de notation des collectivités locales Public Evaluation System, sollicitée par le magazine Le Point, a donné un certificat de bonne gestion des finances à la ville. Qu'en pensez- vous ? CD : Je ne suis pas d'accord avec leur analyse, l'augmentation des recettes de fonctionnement n'est pas une preuve de bonne ges- tion, mais montre simplement qu'on a augmenté les impôts et les tarifs. Par ailleurs la stabilisa- tion de l'endettement n'est pas une performance, car il a baissé partout ailleurs en France. En terme de qualité de gestion j'atta- che plus d'importance à l'autofi- nancement, différence entre recettes et dépenses de fonction- nement, qui permet de financer les investissements. Et force est de constater que, malgré une « explosion » des recettes de fonctionnement, qui sont passées de 1004 euros par habitant en 2001 à 1434 euros par habitant en 2006 (+ 43 %), l'autofinance- ment a diminué en euros constants, puisqu'il est passé de 151 euros par habitant en 2001 à 150 euros par habitant en 2006. En clair, l'augmentation forte des impôts et des tarifs est allée dans les dépenses de fonctionnement et non dans la préparation de projets d'investissement. Cela démontre une mauvaise maîtrise des dépenses de fonc- tionnement. La meilleure preuve en est que, malgré les marges de manœuvre dégagées en début de mandat par une forte augmentation de la fiscalité, cette municipalité n'a pas été capable de bloquer l'évo- lution des taux d'imposition en fin de mandat. Cela augure mal de la capacité de ce type de gestion à contrôler les dépenses et à stabiliser la pres- sion fiscale. V+ : Pourtant le Point indique une réduction de 12% des « dépenses de fonctionnement fixes » CD : Oui, mais c'est incompréhen- sible, car quand on regarde par exemple les charges de person- nel, qui sont par excellence les charges fixes dans une mairie, on voit qu'elles sont passées de 41,2 millions d’euros en 2001 à 59 millions d’euros en 2006, soit une progression de + 43 %, ce qui, vous en conviendrez, est tout sauf une baisse !
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Versailles + : D'abord, pourquoi cette polémique ? Christian Deconninck : Parce que j'ai été choqué du fait que la très forte augmentation des impôts à Versailles (+ 35 % de 2001 à 2007 pour les ménages), qui a été orchestrée dès 2002, n'ait pas été annoncée au préala- ble aux électeurs en 2001, et...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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