J 'ai connu Versailles bien avant d'y travail- ler et d'y habiter. Enfant, certains dimanches, mes parents m'emmenaient aux abattoirs, alors situés rue Exelmans. C'était un terrain immense qui s'éten- dait sur des hectares - j'avais l'impression d'être à la campagne ! - et une véri- table aire de jeux pour des gamins. Le directeur, vété- rinaire et ami de mes parents, nous laissait, mes camarades et moi, jouer avec les animaux, alors par- qués dans de petits enclos en attendant le lundi... Nous jouions à faire du rodéo sur le dos des moutons ! Puis j'ai grandi, et j'ai com- mencé des études de droit à la faculté de Nanterre. J'étais alors fasciné par un de mes professeurs, un véri- table personnage, nommé... André Damien. Sous son impulsion, je suis venu me présenter dans un cabinet d'avocat à Versailles. Mon histoire versaillaise com- mençait... Je suis ensuite devenu collaborateur, asso- cié puis successeur d'Édouard Monville, ancien bâtonnier et véritable figure de la ville. Versailles, c'est une ville pour laquelle j'ai beaucoup de tendresse. Au-delà de son image d'Épinal, très lisse, on ne peut laisser de côté le poids de son his- toire. Quand on sait que La Bruyère, Molière ou bien encore Lully sont devenus ce qu'ils sont à Versailles ! Je traverse le parc tous les jours pour venir au travail et j'apprécie la lumière exceptionnelle que l'on peut contempler. Versailles, c'est une ville où il fait bon vivre, où l'on se sent bien, mais qui mériterait de dévelop- per son dynamisme. Telle Madame de Pompadour, Versailles est une belle endormie... J'apprécie aussi le fait que Versailles est mondiale- ment connue. Lors de mes voyages, en tant que bâton- nier, j'avais l'impression de représenter non seulement le barreau mais aussi un nom. Lorsque l'on dit à un interlocuteur que l'on vient de Versailles, des étoiles brillent dans ses yeux. C'était comme si, pour un indien par exemple, je tra- vaillais en face du Taj Mahal ! Mon souvenir versaillais le plus récent reste la rentrée du barreau, en novembre dernier. Nous avons eu l'op- portunité d'organiser notre soirée au sein même du châ- teau, et avons eu le plaisir rare de nous promener la nuit dans les appartements et la Galerie des Glaces. Mais malgré tout ce faste, quand je pense à Versailles, et ce encore aujourd'hui, ce sont les animaux de mon enfance que je revois.
V E R S A I L L E S V U P A R …
J 'ai connu Versailles bien avant d'y travail- ler et d'y habiter. Enfant, certains dimanches, mes parents m'emmenaient aux abattoirs, alors situés rue Exelmans. C'était un terrain immense qui s'éten- dait sur des hectares - j'avais l'impression d'être à la campagne ! - et une véri- table aire de...
Source : Archives PDF VersaillesPlus
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