mercredi 9 septembre 2026

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Mélenchon en tribun de la réconciliation : Péricard ne s'y trompe pas
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Mélenchon en tribun de la réconciliation : Péricard ne s'y trompe pas

Le discours de Jean-Luc Mélenchon à la suite des résultats électoraux a suscité des réactions tranchées. Arnaud Péricard, maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye, a sorti le mot juste : tartuferie. Derrière les atours du rassembleur, le masque du tribun diviseur.

Jean-Baptiste Giraud24 août 2026 à 20:124 vues

Il y a des mots qui font mouche parce qu'ils sont vrais. Arnaud Péricard, maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye, n'a pas mâché les siens en qualifiant le discours de Jean-Luc Mélenchon de 'tartuferie'. Le terme est fort. Il est aussi précis comme un scalpel. **Molière au secours de la politique** Rappelons pour les étourdis que Tartuffe, c'est le personnage de Molière qui incarne l'hypocrisie portée à son paroxysme : l'homme qui exhibe la vertu pour mieux masquer ses calculs. La référence n'est pas anodine. Elle dit quelque chose d'essentiel sur le registre que Mélenchon a choisi d'emprunter — celui du grand rassembleur républicain, du tribun qui tend la main — alors que toute son action politique depuis des années repose sur exactement l'inverse : la fracture, la désignation de l'ennemi, l'escalade des antagonismes. Mais reprenons. Qu'a-t-on entendu dans ce discours ? Des appels à l'unité, à la responsabilité collective, au sursaut civique. De belles formules, bien rythmées, construites pour la postérité des archives audiovisuelles. En apparence, un leader politique qui grandit avec les circonstances. En réalité, une posture calculée, à décoder à l'aune de ce qu'elle dissimule. **Le problème, c'est que les actes précèdent les mots** Un homme politique se juge à la cohérence entre ses discours et ses actes. Or Mélenchon, depuis des années, a érigé en méthode la politique de la tension maximale : les institutions brocardées, les journalistes traités en ennemis, les adversaires diabolisés, le Parlement traité comme un obstacle plutôt qu'un outil. On ne retourne pas cette histoire d'un revers de main lors d'un discours de circonstance, aussi bien ficelé soit-il. C'est précisément ce que perçoit Péricard. Un élu local, celui qui gère des canalisations, des budgets, des administrés qui ont des noms et des problèmes concrets, développe un sens aigu du réel que n'ont pas toujours les stratèges des plateaux parisiens. Quand on dirige Saint-Germain-en-Laye, on n'a pas le luxe de la posture : la réalité vous rattrape à chaque conseil municipal. **Ce que révèle cette réaction** Mais au-delà de l'anecdote politique, cet épisode révèle quelque chose de plus profond sur l'état de notre démocratie. Nous vivons dans un régime médiatique où la parole compte davantage que les actes, où le discours bien construit écrase la mémoire des comportements passés, où la mise en scène de la vertu peut, le temps d'un cycle d'information, faire oublier des années d'incendie rhétorique. Autrement dit, si la tartuferie politique fonctionne, c'est parce que nous la laissons fonctionner. Parce que les médias en redemandent, parce que le public, épuisé par la complexité, préfère parfois la belle formule au bilan chiffré. C'est cela, le vrai problème. **Reste que...** La lucidité d'un Péricard est utile. Elle rappelle que la politique n'est pas un théâtre où l'on change de rôle à chaque acte sans que personne ne s'en souvienne. Les électeurs, eux, ont la mémoire longue. Et Molière, dans sa sagesse ironique, avait déjà tout compris : Tartuffe finit toujours par être démasqué. La question n'est pas de savoir si, mais quand.

Article issu de la veille automatisée.

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