Il y a des mots qui font mouche précisément parce qu'ils sont rares dans la bouche des politiques. 'Tartuferie.' Arnaud Péricard, maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye, a choisi ce terme chirurgical — emprunté à Molière, ce qui n'est pas un hasard — pour qualifier le dernier grand discours de Jean-Luc Mélenchon. Tartuffe, rappelons-le, c'est le faux dévot, celui qui affiche une vertu qu'il ne pratique pas, qui drape ses ambitions dans un manteau de sainteté. Le portrait est sévère. Il mérite qu'on s'y arrête. **La rhétorique du tribun, ou l'art de faire passer le spectacle pour de la substance** Mélenchon est, il faut le reconnaître, un orateur hors du commun. Dans un paysage politique où la plupart des leaders peinent à tenir une salle en éveil au-delà de vingt minutes, lui sait captiver, rythmer, électriser. C'est un talent réel, et le nier serait malhonnête. Mais précisément : à force de regarder la forme, on finit par ne plus voir le fond. Ou plutôt — et c'est là tout le problème — on commence à soupçonner que la forme est là pour dissimuler l'absence de fond, ou pire, pour habiller des contradictions que l'analyse froide rendrait insupportables. Le tribun de La France Insoumise se présente volontiers comme le porte-voix du peuple, l'homme des humbles contre les puissants, le pourfendeur de l'oligarchie. C'est une posture commode. Elle permet tout : accuser sans proposer, dénoncer sans gouverner, promettre sans jamais rendre de comptes. Car l'opposition permanente a ceci de confortable qu'elle n'oblige à rien — surtout pas à l'arithmétique budgétaire, à la réalité des compromis ou aux contraintes de l'exercice du pouvoir. **Péricard pointe ce que beaucoup évitent de dire** En lâchant le mot 'tartuferie', le maire de Saint-Germain-en-Laye dit en réalité quelque chose de plus profond qu'une simple critique de circonstance. Il met le doigt sur une hypocrisie structurelle : celle d'un homme politique qui incarne, dans ses pratiques internes, exactement ce qu'il prétend combattre à l'extérieur. Une direction de parti verticale, peu de place au débat interne, une personnalisation extrême du pouvoir — autant de traits que Mélenchon dénonce chez ses adversaires et qu'il reproduit avec une constance remarquable. C'est précisément ce mécanisme que Molière avait identifié il y a trois siècles et demi avec une acuité terrifiante : le tartuffe n'est pas un hypocrite ordinaire. Il est convaincu de sa propre pureté, ce qui le rend encore plus dangereux. Il ne ment pas vraiment — il croit ce qu'il dit, dans l'instant où il le dit. C'est ce qui le rend si difficile à combattre. **La politique du miroir brisé** En réalité, le problème dépasse Mélenchon lui-même. Il révèle quelque chose de plus large : la crise d'un espace politique qui s'est spécialisé dans l'indignation comme mode de gouvernement de l'imaginaire collectif. Promettre la rupture, dénoncer le 'système', incarner la résistance — c'est un modèle qui fonctionne électoralement, mais qui, au fond, entretient la désillusion qu'il prétend guérir. Restez que le mot de Péricard résonne. Non parce qu'il est violent — il l'est à peine, dans le contexte de la joute politique contemporaine — mais parce qu'il est juste. Et la justesse, en politique, est souvent ce qu'on entend le moins.
Ce que le discours de Mélenchon révèle d'une certaine hypocrisie politique
Arnaud Péricard, maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye, n'a pas mâché ses mots : 'tartuferie'. Un seul mot, mais qui résume peut-être mieux qu'un long discours ce que beaucoup pensent tout bas face aux grandes envolées tribunitiennes de Jean-Luc Mélenchon.
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